Lundi 25 Mars 1996 : Bernard Lenoir, White Session Paula Frazer (Tarnation) + Hugo Cassavetti (The Mekons)

  Hugo Cassavetti, Sessions

La playlist de l'émission

AuteurTitre
1Paula FrazerHalfway To Madness (White Session, 25/03/1996)
2Paula FrazerA Place Where I Know (White Session, 25/03/1996)
3IdahoCatapult
4The MekonsWhere Were You
5The MekonsKill
6Sally TimmsCry Cry Cry (Johnny Cash cover)
7The MekonsMemphis Egypt


Quelques références du soir

Toutes les références ne sont pas renseignées, souvent par manque de temps. Il s'agit principalement des disques-supports passés dans l'émission : single, album, compilation ... Libre à vous de compléter dans les commentaires !

Album / SingleLabelAnnée
1Gentle Creatures4AD1995
2Mirador4AD1997
3Three Sheets To The WindCaroline Records1996
4Where Were You / I'll Have To Dance Then (On My Own) EPFast Product1978
5Teeth / Guardian / Kill / Stay Cool EPVirgin1980
6Til Things Are Brighter...A Tribute To Johnny CashRed Rhino Records1988
7The Mekons Rock 'N' RollBlast First1989


Écoutez Bernard Lenoir le 25 mars 1996

White session de Paula Frazer, en direct avec Hugo Cassavetti qui évoque ensuite les Mekons.

Déroulé de l’émission

(Musique : Paula Frazer – Halfway To Madness)

[05:29]

Bernard Lenoir : Voilà qui mériterait des tonnes d’applaudissements, mais hélas nous ne sommes que quatre dans ce studio avec Paula Frazer de Tarnation. Alors ce qui… moi ce qui me surprend tout de suite, je ne sais pas si ça te fait la même chose Hugo, c’est l’étonnante facilité avec laquelle Paula peut chanter comme ça. Vraiment, on a l’impression que ça sort tout seul, ça coule tout seul. Alors que souvent, moi j’ai vu des gens venir ici faire quelque chose d’assez difficile : se retrouver tout seuls quand on a l’habitude de jouer sur scène avec un groupe et tout ce que ça implique, un peu tendus, un peu… pas très sûrs d’eux. Alors que là, on a l’impression qu’elle se balade.

Hugo Cassavetti : Well, Bernard was saying that he was quite surprised by how easy you seem to be, just turning up with your guitar and singing. Whereas a lot of people we’ve seen coming and doing the same exercise, just coming with their guitar when they’re used to playing with a band, it always, you know, takes a bit of time to get the tension out, whereas you just seem to be, you know, right into it immediately.

Paula Frazer : Well, you know, I enjoy doing the songs solo. You know, that’s how I wrote them, really, and then, you know, brought them to the band, so they’re almost a different song solo, you know, and I enjoy doing them that way, so it’s great.

Hugo Cassavetti : En fait c’est simple, c’est qu’en fait à la limite, à force de les jouer avec le groupe, elle les retrouve telles qu’elle les a créées puisqu’elle les a créées comme ça toute seule. Et à la limite ça lui permet de presque les redécouvrir elle-même, c’est peut-être pour ça qu’elle y prend du plaisir comme ça.

Bernard Lenoir : On avait découvert une autre facette de Tarnation au concert des Inrockuptibles, on connaissait bien l’album qu’on avait apprécié, Gentle Creatures, et puis on avait vu quelque chose d’autre sur scène. Et je me demande là, en la voyant chanter comme ça, je me demandais, je pensais au prochain, parce que je suppose qu’elle doit être en train d’élaborer le prochain disque. Est-ce qu’on va retrouver l’âme du premier ou plutôt ce qu’on avait vu sur scène à La Cigale ?

Hugo Cassavetti : We were all quite surprised by your performance at La Cigale. It was actually quite different from the album. And now we see here tonight, so what is one to expect from the next album? Is it more like when you play live with the band or…?

Paula Frazer : It is more like the live version. You know, a bit more dynamic, more Western, you know, a more of a Western sound. The new band members are a lot, you know, influenced by bands like Birthday Party, you know, kind of a little bit more noise and stuff like that. But there’s also some very, you know, quiet songs too. So it’ll be somewhat the same, I’m still going to do a few solo things like that are on Gentle Creatures and, you know, stuff like that too.

Hugo Cassavetti : En fait, ça risque de ressembler au premier, simplement avec toutes les, disons, toutes les différentes variantes du premier album appuyées, c’est-à-dire qu’effectivement…

Bernard Lenoir : …et puis le changement de musiciens aussi.

Hugo Cassavetti : Voilà, parce que ce qui pourrait paraître une contradiction en soi, elle dit que l’album sera probablement un peu plus dans la veine, disons, country-western. Et pour illustrer ça, elle dit immédiatement que ça risque de ressembler à du Birthday Party, donc comprenne qui voudra ! Et puis il restera toujours quelques morceaux effectivement assez dépouillés. Mais en tout cas, elle garantit que ce sera plus dynamique pour tous ceux que ça effraie encore.

Bernard Lenoir : Le changement de… le changement de musiciens est dû à quoi ? Je ne sais pas, … envie de travailler avec des gens nouveaux ou qui lui correspondent plus ?

Hugo Cassavetti : There’s been a change in the musicians.

Paula Frazer : Yes, I’m the only one left of Tarnation and this is actually the third Tarnation. There was… I was playing alone and also with a couple of other people before the people I recorded Gentle Creatures with. So it’s kind of, you know, a changing thing. I hope to be with these musicians, you know, for a long time. But they also have their other band as well, you know, and you know, yeah, this… it’s just a lot more in the direction I wanted to go with this band anyway. The other band was a lot more into country and maybe going that direction, I’m a lot more interested in the more soundtrack sort of side, you know.

Hugo Cassavetti : Ben en fait elle dit que c’est déjà la troisième incarnation de Tarnation, même si nous on n’a connu que la deuxième. Ben qu’en fait le problème c’est que d’abord le premier groupe l’arrangeait moins, ou en tout cas le deuxième parce qu’il était un peu trop country à son goût encore. Et qu’avec le nouveau elle espère que ça va durer parce qu’effectivement elle s’entend mieux, elle préfère le son effectivement un peu plus dur, un peu plus… à la limite quand elle dit “western”, on pense presque “occidental”. Le seul problème c’est qu’effectivement comme c’est des gens qui jouent dans d’autres groupes, voilà, reste à eux de choisir s’ils préfèrent…

Bernard Lenoir : Le choix, un choix à faire. Bon, après ce magnifique Halfway to Madness qu’on connaît presque par cœur à force de l’écouter avec toujours autant de plaisir, peut-être un inédit de Paula Frazer maintenant ? Un nouveau morceau ?

Hugo Cassavetti : J’avais juste une question aussi juste sur le… le côté, j’ai l’impression que c’est… est-ce que ce n’est pas par cycles de 10 ans ? C’est-à-dire que j’ai l’impression… bon je traduirai… il y a 10 ans il y a eu tout ce mouvement qui était un peu les débuts de k.d. lang, de Maria McKee, de ces gens-là qui avaient tout un discours similaire qui était un peu d’avoir rejeté un peu leurs racines country pour y revenir par le biais du rock, du punk. On a l’impression qu’il se passe la même chose, version un peu… on appelle ça un peu effectivement dépressif aujourd’hui, mais c’est un peu le même phénomène de… de renouer avec ça, avec la version pure du country.

Bernard Lenoir : Ben vas-y mon gars.

Hugo Cassavetti : Do you feel akin to anything that happened about 10 years ago? There was a kind of little movement that had a bit the same effect, which was kind of people who’d escaped from their country roots, who’d gone via let’s say Los Angeles, I’m thinking of people like, you know, even if she’s Canadian, k.d. lang, there was even, you know, Maria McKee with Lone Justice, and who kind of rediscovered, they had to, you know, get away from them to get back to them. And is it something what, you know, you did and I think quite a lot of people, you know, I’m thinking of people like Lambchop and…

Paula Frazer : People that were punk rock or whatever, like…?

Hugo Cassavetti : Yeah, yeah, they had to go through, you know, as if you had to escape from all what, you know, all the evil that country represented over the last 10 years to get back to its roots to something but via, you know, punk rock and, you know, rather strange ways, byways.

Paula Frazer : Well, I don’t know, I guess, you know, punk rock is also very emotional and, you know, I am not a fan of modern country. I like the old country from the ’50s, Roy Orbison and Patsy Cline, you know. I have somewhat in common with k.d. lang that way, you know, I love… I love that kind of style of singing. But I don’t really think that… I don’t feel real different about what I’m doing now than when I was doing punk rock. It’s more organized, but it was also emotional, you know, when I was playing in punk rock bands and stuff, you know, similar thing to me.

Bernard Lenoir : Quel dommage qu’on ne l’ait pas entendue à cette époque !

Hugo Cassavetti : Oui, bah peut-être que ça va ressortir un jour des bandes, mais… mais effectivement oui c’est des… ça me fait penser aussi à quelqu’un comme Michelle Shocked. Un discours assez similaire, elle a vécu la même chose de… qui effectivement de retrouver en baignant dans les milieux, en plus je crois que c’était San Francisco aussi à l’origine pour Michelle Shocked, et les milieux un peu alternatifs, underground du punk, et retrouver un peu le… une musique absolument crue, brute. Et en fait elle a l’impression, d’ailleurs c’est ce que dit Paula, c’est qu’elle a l’impression un peu de faire du punk, elle n’a pas l’impression de faire autre chose que plus du punk en fait aujourd’hui, elle se sent…

Bernard Lenoir : Organisé, dit-elle. C’est plus organisé. On l’écoute. If you please, again…

Paula Frazer: Another song?

Bernard Lenoir : Yes

Paula Frazer : This song is a new song, A Place Where I Know.

[12:24]

(Musique : Paula Frazer – A Place Where I Know)

[15:28]

Bernard Lenoir : Bravo Paula Frazer du groupe Tarnation. Personnellement je n’ai jamais entendu quiconque dans un groupe de punk chanter avec une voix pareille. Un inédit, une nouvelle chanson de Tarnation, A Place Where I Know, que nos auditeurs connaissent toutefois déjà puisqu’on l’avait déjà entendue justement à La Cigale pour ce concert des Inrockuptibles. Alors j’aimerais demander à Paula avant qu’elle ne s’en aille, si elle… on parlait tout à l’heure de cette famille, cette grande famille qui fera l’objet du numéro des Inrockuptibles après-demain. Je ne sais pas si elle a seulement entendu tout à l’heure parler de toute la clique là, Mark Eitzel d’American Music Club et puis les autres Red House Painters, Smog, Palace, Chestnut, Idaho, Lambchop. Tous plus ou moins liés par cette… cette détresse fiévreuse. Est-ce que… est-ce qu’elle a l’impression de faire partie de cette famille ?

Hugo Cassavetti : Do you feel that there is… I mean you hear all those names that were mentioned, I mean there’s a… [Bernard : Tous de San Francisco.] Most bands that come, yeah, from San Francisco, there’s, well, Mark Eitzel, well even you know Lambchop, Red House Painters, all those bands, you know, that do sound, let’s say, they aren’t exactly the most, you know, jolly of… [Paula : Melancholy.] Yeah, they are pretty melancholy. And I mean is there kind of, you know, kind of is there more than just the mood that actually you have in common of…

Paula Frazer : Well, I know… I know Mark Eitzel and everything and, you know, I’d say we have a lot in common, as something sort of um… it… it might have something to do with a little bit of San Francisco. It’s kind of a bittersweet, you know, feeling there. I don’t know exactly why, it’s foggy, it’s… you know… but… but you know, it’s beautiful. And I don’t know, I’ve always been drawn to sad songs and that’s why I like, you know, I like that type of song, you know. But, it’s not that I’m always a sad person or anything, so…

Hugo Cassavetti : Elle peut être rigolote des fois. Mais bah elle ne sait pas si c’est simplement elle-même elle a toujours préféré les chansons plutôt tristes, ou simplement si comme apparemment la plupart des gens qui viennent de San Francisco maintenant font un peu une musique effectivement qu’elle qualifie de mélancolique. Est-ce que c’est simplement la contradiction de San Francisco qui est effectivement cette ville magnifique où il fait toujours beau, où il fait toujours froid et toutes ces contradictions-là, ce côté ce qu’elle appelle, elle qualifie de “doux-amer” quoi, quand on est à San Francisco il y a toujours un espèce de sentiment probablement de frustration, de beauté qui passe par une espèce de souffrance qui vient simplement du froid.

Bernard Lenoir : Ça a dû être… ça a dû être un choc pour elle qui vient du Sud quand même des États-Unis quand elle a débarqué à San Francisco. Mark Eitzel justement dit qu’on débarque à San Francisco quand on ne sait plus quoi faire de sa vie. Est-ce que ça a été son cas ?

Hugo Cassavetti : What did it mean… I mean I think you have said it was a kind of cultural shock when you landed in San Francisco the first time, you know. And I think Mark Eitzel says, you know, you go to San Francisco when you don’t know what to do with your life anymore.

Paula Frazer : Yeah, it’s…, it’s I think partly, you know, it’s a beautiful place and sometimes you can become very stuck there, you know, because of that in a way. I really love it there, but it’s easy to just sort of relax and not do a whole lot, maybe that’s sort of what he meant. When I first came, went there, you know, I’d come from the country, very small town and all of a sudden was in the city and I was I did crazy things that I wouldn’t even do now, walking in neighborhoods at 2:00 in the morning that I would never not do now, you know. So it was very exciting for me, but you know, that’s when I got really into punk rock, you know, and stuff. But, you know, I don’t know, I just like sad songs. I’ve always loved like Patsy Cline, you know, and her sad songs and Billy Holiday, I love Billy Holiday’s singing and you know, grew up with that.

Hugo Cassavetti : Ouais bon par définition de Mark Eitzel elle dit “peut-être pour lui”, elle comprend pourquoi c’est le dernier endroit où aller quand on n’a plus rien à faire effectivement parce qu’elle dit “c’est tellement une ville attirante qu’il n’y a qu’une chose à faire là-bas, c’est s’engluer, être complètement… en fait on n’arrive plus rien à faire, on devient presque prostré tellement juste c’est agréable de regarder le ciel quoi, le plafond”. Elle, pour elle effectivement ça a été un énorme choc parce qu’elle arrivait de son tout petit trou paumé, donc elle a commencé à ce qu’elle dit à déjanter, c’est-à-dire marcher à 2h du matin dans la rue. Mais bon elle est rentrée dans tout ce je crois qu’elle a pris pas mal de doses de punk et tout

Bernard Lenoir : Et sur ses goûts musicaux ? ses chansons un peu un peu tristes quand même puisqu’elle citait Billy Holiday et Patsy Cline ?

Hugo Cassavetti : Elle disait effectivement elle a plongé tête baissée dans le punk et de tout le mouvement l’espèce de bouillonnement de l’époque, mais qu’elle restait de toute façon fidèle à tout ce qu’elle a toujours aimé, ce qui l’a bercée apparemment depuis toujours, ça va de Patsy Cline à Billy Holiday.

Bernard Lenoir : Elle n’avait pas un grand frère du style Hugo Cassavetti pour lui faire écouter les Monkees et des trucs comme ça, non ?

Hugo Cassavetti : When you were little, didn’t you have any older brothers to make you listen to the Monkees when you were small?

Paula Frazer : No, I was an only child. Only me. Yeah, but you know, I I grew up listening to a lot of things my mother had, you know, which you know her… she had also Herb Alpert, that’s another thing that we still listen to and a lot of like christian music because my father was a preacher, you know, so hymns and stuff.

Hugo Cassavetti : Non alors ce n’était pas trop Monkees, c’était plutôt les disques de la mère qui étaient plutôt les disques de Herb Alpert donc easy listening avant l’heure, elle était déjà branchée sans le savoir. Et puis sinon ouais les chants religieux de son père qui était…

Bernard Lenoir : Ça a dû avoir une influence quand même sur ce sa carrière artistique et enfin tout son groove d’aujourd’hui, le père.

Hugo Cassavetti : And so, all the kind of religious upbringing and stuff had to say have a lot of influence on your life now and your music and stuff? Do you still feel a lot of…?

Paula Frazer : Well, I I think it does in a way, you know. I’m very intrigued by it. I learned early on it wasn’t quite right for me, you know, and my father’s a retired minister and everything, as far as like the religious side, the point that, but I, you know, I think I find it very interesting like the history and I do, you know, like the icons of religion and of all the world religions and stuff. I like to study it and very interested in history, you know.

Hugo Cassavetti : Ben en fait ça la travaille un peu, elle a autant, elle a un peu fermé une petite porte quand elle était assez jeune déjà là-dessus sur tout ce qu’essayait de lui inculquer son père, mais sinon par contre elle n’a jamais rejeté donc ça continue à la passionner.

Bernard Lenoir : Le mystère l’intrigue toujours autant.

Hugo Cassavetti : Le mystère du mystique, ouais.

Bernard Lenoir : Bon, dernière question, the last question, avant de la laisser filer. Pour quand faut-il espérer le nouvel album de Tarnation ?

Hugo Cassavetti : So when can we expect the new Tarnation album?

Paula Frazer : Well, hopefully, we’re going to go record at the end of the summer so I don’t know exactly, it will either come out in September or the first of next year. It just depends on, you know, when it’s completed, I guess.

Hugo Cassavetti : Bah ils enregistrent cet été donc soit à l’automne ou début de l’année prochaine.

Bernard Lenoir : Les chansons sont déjà écrites ? Quelques-unes visiblement.

Hugo Cassavetti : Are most or all the songs already written or…?

Paula Frazer : Pretty much, yeah. Uh-huh.

Bernard Lenoir : Donc on peut les entendre au Chesterfield Café jusqu’à la fin de la semaine à Paris. Voilà Tarnation tous les soirs à partir de demain, day off ce soir, à 11h30. Thank you very much Paula.

Paula Frazer : Thank you.

Bernard Lenoir : See you. Bye-bye.

[22 :23]

(Musique : Idaho – Catapult)

[25:34]

Bernard Lenoir : Voilà un extrait du prochain album d’Idaho, Catapult. Nous allons revenir à nos Mekons avec Cassavetti.

Hugo Cassavetti : Ben oui et puis on va reprendre la phrase de Paula Frazer. A l’écouter, on dirait que tous les chemins mènent à la country mais les Mekons sont peut-être la parfaite illustration, ou en tout cas non, qu’en fait il y a très peu d’espace entre le punk et la country. Parce que je pense qu’on peut trouver moins… comment dire plus… difficilement plus exemplaire comme groupe punk qui a gardé son éthique, alors on pourrait dire The Fall, mais à la limite les Mekons sont quand même par leur l’espèce d’inaccessibilité, leur rareté ou leur par rapport à The Fall, paraisse… font passer The Fall pour un groupe assez constant déjà dans sa formation puisque les Mekons doivent être à plus de 30 personnes en 15 ans.

Bernard Lenoir : Collectif quoi, en quelque sorte.

Hugo Cassavetti : Et effectivement, et comme il manque à The Fall, même si il y a Jon Langford, un Mark E. Smith, c’est-à-dire quelqu’un d’un peu charismatique même si c’est dans le pire sens du terme ou médiatique, voilà c’est un groupe que peut-être d’ailleurs personne… moi je pense que tu ne mets pas un visage sur les Mekons ?

Bernard Lenoir : Absolument pas.

Hugo Cassavetti : C’est aussi dur en fait de cerner les Mekons que de trouver leurs disques dans les bacs, c’est-à-dire leur vraie discographie dans les bacs.

Bernard Lenoir : Pourtant ils en ont fait des disques !

Hugo Cassavetti : Un paquet, un paquet ! Peut-être moins que The Fall quand même parce que effectivement eux ont toujours un problème, à force d’essayer de gérer eux-mêmes tout, ils sont moins  bien organisés que les autres. Mais The Fall juste peut-être pour résumer, c’est vrai que c’est un groupe qui a démarré donc à Leeds en 77.

Bernard Lenoir : The Fall ou les Mekons ?

Hugo Cassavetti : Les Mekons. Mais peut-être pour les situer effectivement si on garde la comparaison aux Fall, mais imaginez que s’il y avait un triangle qui reliait The Fall à disons Chumbawamba et aux anarchistes de Crass au début, et ben on mettrait les Mekons au début, c’est-à-dire que c’est aussi cafouilleux, chaotique et c’est-à-dire un authentique groupe punk à l’origine qui ne savait vraiment pas jouer et qui est devenu… qui a une espèce de principe de ne jamais jouer trop bien qu’ont gardé les gens comme Sebadoh ou Lou Barlow qu’on écoutait tout à l’heure, mais avec une grâce et une chose de magie fascinante. Voilà, écoutons leur deuxième 45 tours, Where Were You en 78.

[27:42]

(Musique : The Mekons – Where Were You ?)

[30:24]

Bernard Lenoir : Voilà les Mekons avec Where Were You en 1978.

Hugo Cassavetti : Voilà tout ce qu’ont du mal à faire justement ce qu’on disait les Offspring et les Green Day, ou alors ils en ont pour 10 ans à désapprendre tout ce qu’ils savent.

Bernard Lenoir : Y’a du boulot !

Hugo Cassavetti : Qui aimeraient ! Alors que les Mekons je pense que c’est à l’image de leur fameuse pochette… la fameuse pochette de leur premier album qui s’appelait The Quality of Mercy Is Not Strnen parce que c’était plein de lettres où on voyait juste un singe taper à la machine, suivant le principe d’après-eux effectivement parce que c’était des espèces d’intello-ploucs les Mekons qui était que mettez un… je ne sais plus quelle est cette théorie d’ailleurs mais que si on collait un singe devant une machine à écrire, au bout de je ne sais pas combien d’années il finira bien par sortir les œuvres complètes de Shakespeare. Et c’était un peu la théorie des Mekons et c’est ce qu’on dit d’eux, c’est qu’un jour mettez-les avec des instruments dans un studio et puis ils finiront bien par sortir une chanson un jour. Et puis voilà c’était le cas finalement, ce n’était pas si mal, c’est leur deuxième single. Le premier était encore plus abrasif qui s’appelait Never Been In A Riot qui est un peu une réponse pied-de-nez à disons aux deux hymnes punk de l’époque qui étaient Anarchy in the UK de des Pistols et White Riot des Clash qui étaient des choses précisément militantes et engagées. Et les Mekons qui étaient des contemporains de Gang of Four justement sur le label Fast écossais, voilà Never Been In A Riot qui déjà se dé… ils essayaient de se démarquer, c’est un peu ce qu’ils essaient de faire toujours, de ne jamais devenir trop pro, de ne jamais devenir trop figé, figé en fait c’est peut-être le mot. Et donc le Jon Langford qui deviendra finalement l’espèce d’anti-leader à la longue, n’était que le batteur au début et petit à petit deviendra le guitariste, chanteur même s’il y en a plein au cours des années.

Bernard Lenoir : Les 30 personnes ça fait beaucoup quand même à traverser comme ça l’histoire d’un groupe. C’était dû à quoi ?

Hugo Cassavetti : Ben le problème c’est le côté collectif. D’ailleurs c’est un groupe, on a l’impression, c’est ça la différence encore avec The Fall, où The Fall c’est un peu le contraire, c’est comme ce chewing-gum qu’on aime bien qui est collé à la patte, on sait qu’ils ne disparaîtront jamais, on se demande juste comment ils font. Mekons on a toujours l’impression que c’est “ah ils existent encore ?”, ils disparaissent, personne ne sait où ils sont et puis un nouvel album et ça existe toujours. Et puis peut-être aussi parce qu’au milieu des années 80, ils ont émigré, ils se sont un peu éparpillés un peu partout à l’image un peu des activités de Jon Langford lui-même qui lui est en même temps peintre, c’est lui qui fait toutes les pochettes notamment les siennes mais aussi celles des Three Johns dont il était aussi membre en même temps pendant longtemps. Il y a Sally Timms qui est une chanteuse américaine qui a rejoint le groupe au début des années 80 et qui elle vit à New York, eux sont à Chicago, certains sont restés en Angleterre comme le batteur Steve Goulding qui lui jouait longtemps avec Graham Parker. Et c’est en fonction des albums, ils ont en plus des membres, des espèces de membres d’honneur des Mekons et ça c’est assez étonnant. Bon il y a beaucoup de noms qu’on ne connaît pas, mais il y a également des gens comme Brendan Croker qui est le guitariste assez traditionaliste qui jouait avec Knopfler. Il y a Dick Taylor, alors ça c’est encore plus fou, qui était le guitariste original des Pretty Things, donc qui est un vieux de la vieille mais ils se retrouvent tous dans cet espèce de groupe qui retrouve un peu l’esprit par rapport au country. On va voir probablement ça va évoluer vers une espèce de country mais toujours assez roots, de ce qu’avaient fait un peu les Kinks au début au tout début des années 70 avec Muswell Hillbillies, espèce de tradition, fascination pour l’Ouest, l’Ouest pur plutôt que le que le rock corrompu, et ça c’est un peu le message permanent chez les Mekons. Années 80, ce qu’ils vont amener c’est il y a aussi un violon qui va arriver, on va écouter un morceau qui s’appelle Kill sur… bah plus de 4 minutes avec…

[33 :36]

(Musique : The Mekons – Kill]

[38:18]

Bernard Lenoir : Kill, Jon Langford et ses Mekons en 1980… en 1988 ils sont toujours là mais avec une chanteuse cette fois.

Hugo Cassavetti : Et on a du mal à les reconnaître !

Bernard Lenoir : Sally Timms, Cry Cry Cry.

[38:29]

(Musique : Sally Timms – Cry Cry Cry]

[41 :25]

Bernard Lenoir : Mais c’est bien sûr, cette fois c’est clair, le voilà le recoupement entre les Mekons et la country de Tarnation.

Hugo Cassavetti : Voilà, donc ça c’était un album qui s’appelait ‘Til Things Are Brighter qui était un album entièrement…

Bernard Lenoir : Tu es sûr que c’est le même groupe ?

Hugo Cassavetti : fait par Jon Langford c’est pratiquement les Mekons qui jouent sur tous les morceaux, on retrouvait tout le monde, qui était un disque hommage en reprenant que des morceaux de Johnny Cash qui était un de leurs premiers albums et en plus il reste de qualité qui était pour reverser des sous contre le SIDA.

Bernard Lenoir : D’accord. Le morceau qu’on a écouté tout à l’heure pour ouvrir le le programme c’était du country aussi ?

Hugo Cassavetti : Le Folsom Prison Blues aussi, ouais. Comme il faut aller très vite…

Bernard Lenoir : Ouais 30 secondes !

Hugo Cassavetti : On va terminer par un album qui s’appelle Rock ‘N’ Roll et qui peut-être, bon bah on va terminer comme ça, qui est peut-être un de leurs meilleurs albums qui est sorti en 89 et qui résume à travers ce morceau Memphis Egypt… c’est pour revenir… pour eux Memphis c’est bien une ville d’Égypte et non pas… c’est là quand même que les choses ont commencé. Et surtout ça les Mekons sont toujours en état d’auto-analyse, d’auto-critique, effectivement pour eux le rock c’est la musique du diable sauf que ce qui était autrefois quelque chose de bien, c’est devenu la musique du diable, c’est-à-dire la musique de l’industrie, symbole même d’un certain capitalisme. Donc quand ils estiment qu’ils jouent la musique du diable, ils ont l’impression d’avoir serré la main du diable chaque fois qu’ils jouent du rock et du rock’n’roll, c’est à quel point ils se compromettent, ils se demandent et il faut toujours essayer de repartir en arrière. Et peut-être c’est pour ça qu’ils repartent toujours vers la country parce que « est-ce qu’on peut encore objectivement être contestataire en jouant du rock aujourd’hui » ? Memphis Egypt sur Rock ‘N’ Roll des Mekons.

[42:46]

(Musique : The Mekons : Memphis Egypt)

[45:51]

Bernard Lenoir : Memphis Egypt, et non pas Tennessee, les Mekons. On nous signale sur ce Minitel, message : « des bravos pour Hugo d’avoir choisi les Mekons ce soir ». Y’a 3 albums solo de Sally Timms…

Hugo Cassavetti : Et de nombreux albums de Langford avec ses divers groupes de country et des choses comme ça

Bernard Lenoir : Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui. Merci Hugo, à la semaine prochaine. En ce qui nous concerne, je vous retrouve dès demain 21h sur Inter, ciao !

[46:18]

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Écoutez plutôt ça. Jusqu’à mercredi, c’est sûrement pas le moment de faire l’ascension des Grandes Jorasses (4208 mètres) avec vos tongs toutes neuves. C’est sûrement pas. Et oui, attention mercredi 27 mars, super cagnotte de 20 millions de francs au Loto. Le Loto est un jeu de la Française des Jeux.

Inter Service. Demain, le droit des concubins. Concubins et couples mariés se retrouvent désormais à égalité devant le fisc, une mesure applicable depuis le 1er janvier. De façon plus générale, quel est le statut des couples vivant en union libre ? Les avantages et les inconvénients de cette situation ? Qu’advient-il par exemple des biens acquis en commun en cas de séparation ou de décès de l’un des partenaires ? Vos questions au 36 68 10 33, de 9h à 17h. Des notaires vous répondent. 36 68 10 33, 2 francs 23 la minute. Demain, le droit des concubins.

[47:51]

Bernard Lenoir : France Inter, 22h. Odile Martin va nous donner les titres du journal de 22h30.

Odile Martin : La Commission Européenne a décidé d’interdire toutes les exportations de bœuf et de viande bovine provenant de Grande-Bretagne. Les exportations vers les États membres de l’Union, mais aussi vers les autres pays. La Commission Européenne n’exclut pas la possibilité de l’abattage du cheptel britannique, mais elle veut d’abord en discuter avec le gouvernement de Londres. À Bruxelles, Anne-Marie Mouradian précisera les décisions de la Commission Européenne, et Serge Martin dira quelle est la réaction à Londres. Le ministre britannique de la santé qualifie de scandaleuse et totalement injustifiée la décision européenne. On apprend d’ailleurs ce soir que les deux commissaires européens britanniques ont refusé d’entériner l’interdiction des exportations britanniques de viande bovine, ce qui diffère l’entrée en vigueur de cette mesure. Et puis en France, la viande bovine sera désormais identifiable par le consommateur, elle portera un logo tricolore marqué “VF” pour viande française. L’ensemble de la profession a décidé de mettre en place ce système d’identification que l’on pourra voir jusque sur les étals des bouchers et dans les grandes surfaces. Philippe Vasseur, le ministre de l’agriculture, l’a annoncé ce soir sur TF1, vous l’entendrez.

Le tribunal administratif de Paris confirme les mesures de reconduite à la frontière pour 39 des 40 Africains interpellés vendredi lors de l’évacuation de l’église Saint-Ambroise à Paris. Par ailleurs, le tribunal de grande instance examine la situation des 63 autres étrangers sans-papiers interpellés au gymnase Japy…

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