Mercredi 10 Mars 2010 : Bernard Lenoir, Hugo Cassavetti (Mark Linkous, Sparklehorse)

  Hugo Cassavetti

La playlist de l'émission

AuteurTitre
1SparklehorseSomeday I Will Treat You Good
2SparklehorseSaint Mary
3SparklehorsePiano Fire
4SparklehorseIt's A Wonderful Life
5Danger Mouse And SparklehorseGrim Augury (Feat. Vic Chestnutt)
6Laura MarlingAlpha Shallows
7YeasayerMadder Red
8MGMTCongratulations
9The BugglesVermillion Sands
10The Soft PackMexico


Quelques références du soir

Toutes les références ne sont pas renseignées, souvent par manque de temps. Il s'agit principalement des disques-supports passés dans l'émission : single, album, compilation ... Libre à vous de compléter dans les commentaires !

Album / SingleLabelAnnée
1VivadixiesubmarinetransmissionplotParlophone1995
2Good Morning SpiderParlophone1998
3It's A Wonderful LifeEMI2001
4It's A Wonderful LifeEMI2001
5Dark Night Of The SoulParlophone2010
6I Speak Because I CanVirgin2010
7Odd BloodMute2010
8CongratulationsColumbia2010
9Adventures In Modern Recording (Reissue)ZTT Records Ltd.2010
10The Soft PackHeavenly2010


Ecoutez Bernard Lenoir le 10 mars 2010

Bernard Lenoir et Hugo Cassavetti consacrent un hommage émouvant à Mark Linkous, leader du groupe Sparklehorse, qui vient de mettre fin à ses jours.
Ils retracent le parcours de cet artiste « culte », de ses racines en Virginie à son accident marquant de 1996 à Londres. Ils soulignent son génie mélodique et son approche artisanale de la musique, privilégiant l’émotion et l’instinct aux finitions parfaites. Sa fragilité psychologique est longuement évoquée, tout comme son statut de producteur recherché par des icônes telles que PJ Harvey ou Tom Waits. Le débat pointe également la responsabilité de l’industrie du disque dans sa détresse, citant le blocage contractuel de son album avec Danger Mouse, Dark Night of the Soul.
En seconde partie, l’émission balaie l’actualité musicale du moment. Bernard et Hugo saluent la maturité précoce de Laura Marling et analysent le virage expérimental et anti-commercial de MGMT avec l’album Congratulations. Ils affichent un certain scepticisme face au son « néo-baba » de Yeasayer, avant d’évoquer la réédition du second album des Buggles, témoignant du talent de producteur de Trevor Horn. La discussion se clôt sur le groupe garage The Soft Pack.

Déroulé de l’émission

José Sétien : Il est 22h05, Bernard Lenoir c’est à vous.
Bernard Lenoir : Allons-y alors, merci José.

(00:05)
Musique : Sparklehorse – Someday I Will Treat You Good

(03:26)
Bernard Lenoir : Someday I will treat you good. J’espère que tu vas en tenir compte Hugo Cassavetti. Commence par écouter ce petit mail là de Stéphane.
Hugo Cassavetti : Cet avertissement.
Bernard Lenoir : « S’il vous plaît Monsieur Cassavetti, pouvez-vous ce soir vous abstenir de rigoler bêtement en évoquant Mark Linkous ? Son horrible mort ainsi que son parcours méritent respect et tenue. Un auditeur fidèle ayant de l’humour mais aussi une bonne mémoire. »
Hugo Cassavetti : Bah ouais, bah nous aussi oui. C’est vrai qu’à chaque émission, on se demande s’il va pas y avoir un disparu, un disparu et… ça nous est tombé dessus, c’était assez dur dimanche.
Bernard Lenoir : Oui, celui-là on aurait préféré l’éviter.
Hugo Cassavetti : Oui, oui. Puis surtout cette année, en tout cas, 2009 s’est très mal finie avec Vic Chesnutt et ça se poursuit. Il y a un côté un peu inquiétant quand on commence à compter tous nos… ces chanteurs effectivement qui n’allaient pas très bien mais qui nous faisaient beaucoup de bien avec leurs disques.
Bernard Lenoir : On a un peu peur pour ceux qui restent dans cette grande famille des dépressifs : les Mark Eitzel, les Mark Everett de Eels ou encore Mark Kozelek. Enfin toute cette petite famille californienne…
Hugo Cassavetti : Bah oui, mais c’est vrai que réécouter cette chanson, Someday I will treat you good, qui était sur le premier album. C’est il y a 15 ans, le premier Sparklehorse, ce n’était pas le premier disque de Mark Linkous…
Bernard Lenoir : Avec ce titre à rallonge là, avec tous les mots qui étaient…
Hugo Cassavetti : Vivadixiesubmarinetransmissionplot. En un seul mot. Donc c’était, un peu l’image de la musique de Sparklehorse. C’est-à-dire à la fois si on le détache, si on prend voilà, on ne sait pas exactement ce que ça veut dire, mais il y a quand même des mots qui se tiennent. Mais lui comme ça, c’était un peu comme des chansons de Sparklehorse, toujours. On a l’impression qu’il cherchait toujours, qu’il avait un instinct mélodique assez clair et net, et quelque chose plus fort que lui le poussait toujours, soit cette obsession pour des sonorités étranges à brouiller sa propre radio
Bernard Lenoir : Mais tu t’en souviens quand même, le repère c’était ce clown triste là, en forme de ballon, comme ça, qui s’envolait. Là déjà…
Hugo Cassavetti : Oui, qui d’ailleurs Linkous disait, c’était la pochette… qu’il avait absolument tout conçu lui-même, y compris la pochette, et c’est la seule qui représentait réellement tout ce qu’il y avait dans sa tête, que ses chansons étaient, il disait souvent, des espèces d’images de films qu’il avait dans sa tête, ou parfois juste des odeurs qu’il avait dans sa tête. Et ça explique un peu plus cette musique qui est aussi fascinante, qui nous accompagne, et dans laquelle on allait puiser des choses sans toujours comprendre très bien de quoi il retournait.
Bernard Lenoir : On sait peu de choses, assez mystérieux le bonhomme. On se demande s’il est né comme ça, complètement dépressif, ou s’il l’est devenu compte tenu des déboires quand il a commencé à vouloir faire de la musique, il s’est baladé entre New York et Los Angeles et ça ne marchait pas du tout.
Hugo Cassavetti : Bah le, ouais, les vraies précisions on ne sait pas ce qui tient, pas de la mythologie, mais apparemment il est né quand même en Virginie, d’une famille de mineurs. Des frères et sœurs, la plupart étaient mineurs, tandis que lui c’est ce qu’il ne voulait pas faire. Ses parents se sont séparés, il était allé chez ses grands-parents du côté de Charlottesville, et dès qu’il a eu 20 ans il est parti à New York où il a monté un premier groupe qui s’appelle Dancing Hoods, qui a sorti deux-trois disques comme ça dans les années 80.
Bernard Lenoir : Ah mais ça ramait dur quand même.
Hugo Cassavetti : Oui, il est devenu surtout le protégé de David Lowery de Camper Van Beethoven puis Cracker. Il a même été roadie, ce qui est étonnant quand on sait la condition physique de Linkous. Et c’est un peu lui qui lui a appris à s’exprimer comme ça. Toujours ce combat de Linkous qui était à la fois un obsessionnel du son, qui est devenu ce producteur extrêmement recherché, et qui en même temps essayait tout le temps de se débattre à essayer de faire les disques les plus on va dire spontanés, instinctifs, de surtout ne pas les sur-travailler. Il le fera une fois sur It’s a Wonderful Life, et sur les autres c’était… Mais souvent il citait un peu le Dogme de Lars von Trier d’essayer de faire des disques comme ça, de… c’est pas une question de juste faire une prise, mais juste de la seule chose qui comptait, c’était l’émotion et l’impression que ça dégageait plutôt que la finition.
Bernard Lenoir : Alors il disait qu’il avait commencé à faire de la bonne musique justement quand il a eu ce… bah quand il s’est planté complètement à Los Angeles et qu’il est rentré dépité chez lui et retourné dans un…
Hugo Cassavetti : Oui, c’est ça qu’il fuyait chez lui, il fuyait chez lui pour faire cette musique qui lui permet d’échapper à, on va dire ses origines et sa condition. Et c’est vrai qu’il n’a absolument pas supporté New York d’abord, mais surtout Los Angeles, tout ce milieu de la musique et tout. Donc il est reparti et il a toujours été un peu terré. Et ce qui est étonnant c’est que ça n’a jamais vraiment très très bien marché Sparklehorse, mais ça a eu ce… c’est un des artistes, on va dire, ce mot culte est un peu galvaudé, mais il n’a jamais été aussi recherché. Tout le monde allait à Mark Linkous, le chercher comme producteur ou simplement participer à ses disques. C’est assez phénoménal le nombre, de Tom Waits à PJ Harvey, Nina Persson, qui allaient pour participer à un disque de Mark Linkous.
Bernard Lenoir : Il n’y en a eu que quatre, et on va les écouter ce soir.
Hugo Cassavetti : Quatre albums, et il y en a un peu plus, un peu plus. Oui bah celui qui aurait dû sortir bientôt, et même peut-être… non, ce n’est pas ça qui l’a achevé, la non-sortie du disque avec Danger Mouse, mais peut-être, peut-être que ça a joué.
Bernard Lenoir : Allez, un peu de musique.
Hugo Cassavetti : Oui, peut-être juste qu’après ce fameux donc, Someday c’est sur le premier album, c’est protégé de R.E.M. et surtout de Radiohead qui les emmènent en tournée. Ils se retrouvent à Londres en 96 et là ça n’allait déjà pas très bien, il prenait énormément d’antidépresseurs, Valium et puis et autres substances. Et là il a eu une…
Bernard Lenoir : Un accident on peut dire.
Hugo Cassavetti : Bah oui, une overdose, il y a un accident, mais il perd l’usage de ses jambes pendant au moins 6 mois, il est en chaise roulante…
Bernard Lenoir : Parce qu’il tombe, il tombe dans les pommes, il reste plusieurs heures…
Hugo Cassavetti : Il est cliniquement mort pendant quelques minutes
Bernard Lenoir : Et surtout il se bousille les jambes en s’affaissant comme ça sur lui-même, en coupant la circulation sanguine de ses jambes, et quand on va le relever, bah ma foi il va avoir…
Hugo Cassavetti : Ce qui est assez un peu terrible, c’est qu’on a l’impression qu’à la fois il s’est non pas un peu perdu mais on l’a un peu perdu à moitié, quelque chose qui est resté je ne sais pas où, dans l’au-delà. Et en même temps il s’est trouvé, il s’est trouvé musicalement et ça lui a servi comme si, c’est à la fois comme si c’était une source d’inspiration d’avoir eu un pied toujours, bah peut-être dans la tombe et l’autre de se débattre à… parce qu’il n’a pas arrêté de composer, d’écrire des chansons. En apparence, il y a toujours un désir, ce n’est jamais de l’ironie chez lui d’essayer de… de gratter un peu de, ouais, des belles choses de la vie. En même temps il y a toujours cette espèce de couche, de bruit, comme s’il ne pouvait jamais l’atteindre. Bah on peut écouter Saint Mary qui est… bah Saint Mary c’est l’hôpital de Londres où il a été, justement, où il a été soigné après son accident.

(09:29)
Musique : Sparklehorse – Saint Mary

(13 :27)
Musique : Sparklehorse – Piano Fire

(16:03)
Bernard Lenoir : Piano Fire, un des deux morceaux enregistrés avec PJ Harvey sur cet album de Sparklehorse, c’était le It’s a Wonderful Life.
Hugo Cassavetti : Ouais, c’était le troisième album en 2001.
Bernard Lenoir : Alors comment s’est… on ne sait pas trop comment a pu se faire la connexion avec PJ Harvey ? Peut-être qu’elle venait lui rendre visite à l’hosto…
Hugo Cassavetti : Oui, parce que lui, il est toujours extrêmement évasif sur tout ça. On ne sait jamais comment les gens arrivent sur ses disques. Et quand il parle de It’s a Wonderful Life, il dit  « C’est le seul où j’ai vraiment… » justement, tout le contraire de ce qu’il prétendait de suivre on va dire l’instinct du Dogme qui était au contraire… il avait absolument tout prémédité. » Que même les rares instruments dont il ne pouvait pas jouer lui, il était, il dictait exactement les notes à jouer aux gens. Et il disait : « Voilà, je… il y a des gens qui chantent dessus, presque je ne sais pas comment. » Oui, il parle de PJ Harvey, Tom Waits aussi. Et il dit voilà, et c’est ce qui après, en gros voilà, avec ce disque-là, c’est son album le plus abouti, le plus produit, et donc celui qu’il n’a plus besoin de faire presque.
Bernard Lenoir : Et à partir de là, tout le monde lui est tombé dessus plus ou moins pour essayer de se faire produire, mais il n’en a pas fait tant que ça des productions en dehors de son travail de Sparklehorse.
Hugo Cassavetti : Non, il y a surtout, il a énormément aidé Daniel Johnston pour qui il a produit non seulement un album mais aussi il a été l’organisateur de tout l’album hommage, du tribute où il y avait absolument tout le monde, Flaming Lips et tout ça.
Bernard Lenoir : Et puis il y a eu aussi Nina Persson,
Hugo Cassavetti : qui elle avait vraiment voulu, était juste fan de Sparklehorse et de Mark Linkous, qui était partie faire produire le premier album de A Camp…
Bernard Lenoir : Plutôt réussi.
Hugo Cassavetti : Oui, très réussi, ouais. Et ouais, je me souviens qu’à l’époque elle m’avait parlé de oui, qu’elle retrouvait, elle avait besoin de lui pour habiller ses chansons qui étaient des chansons assez, pas désespérées mais assez sombres sur les, bah tout ce qui était relations amoureuses, toujours amour contrarié, tout ce que ça avait d’aliénant d’être dans une relation quoi. Qui était après toute la thématique des chansons de Nina Persson et qu’on retrouve pas mal chez Mark Linkous.
Bernard Lenoir : Et puis il y avait ce cinquième album de Sparklehorse…
Hugo Cassavetti : …sur lequel il travaillait…
Bernard Lenoir : Qui était quasiment… qui était quasiment fini puisqu’il était à Knoxville pour mettre les dernières touches justement à cet enregistrement.
Hugo Cassavetti : Oui, ce qui fait qu’on ne sait absolument pas ce qui s’est passé, pourquoi voilà, il a préféré mettre fin à ses jours en se tirant une balle dans le cœur. Et donc cet album était presque fini, donc j’imagine qu’on aura dans les quelques mois, voire un an, le cinquième album de Sparklehorse, ce qu’il en reste. Et puis il y aura la sortie officielle de cet album qui n’avait pas pu voir le jour l’année dernière…
Bernard Lenoir : Le fameux Dark Night of the Soul avec Danger Mouse surtout.
Hugo Cassavetti : Et Danger Mouse expliquait qu’il y a eu 5 ans entre It’s a Wonderful Life et le quatrième album, et il disait qu’il n’avait presque rien fait à part que son manager lui envoyait tout le temps des disques et notamment il y avait ce disque, il savait même pas ce que c’était, de Danger Mouse, le fameux Grey Album qui était ce mashup du White Album des Beatles et du Grey Album de Jay-Z. Et ça c’est tout l’autre aspect de Mark Linkous qui s’intéressait extrêmement beaucoup à la musique électronique, aux beats, et les autres enregistrements qu’il a faits avec Christian Fennesz, le viennois, dont apparemment c’était ce qui l’enthousiasmait le plus ces dernières années ouais.
Bernard Lenoir : Et tu sais, tu as une date de sortie de ce fameux disque avec…
Hugo Cassavetti : Dark Night of the Soul ?
Bernard Lenoir : Oui, parce qu’on en parle depuis des mois.
Hugo Cassavetti : On en parle, maintenant on dit qu’il sortirait officiellement enfin en juin.
Bernard Lenoir : Bon. Mais comme on l’a déjà, on peut l’écouter.
Hugo Cassavetti : Et oui. Bah on va d’abord écouter quand même le fameux It’s a Wonderful Life. Aucune ironie là-dedans, mais effectivement elle est doublement triste aujourd’hui. Suivie de peut-être encore plus triste, c’est Grim Augury sur le fameux Dark Night of the Soul avec Danger Mouse, qui est là chanté avec Vic Chesnutt.

(19:35)
Musique : Sparklehorse – It’s A Wonderful Life

(22 :24)
Musique : Danger Mouse And Sparklehorse – Grim Augury (Feat. Vic Chestnutt)

(24 :54)
Bernard Lenoir : Vic Chesnutt qui aura précédé, dans le désastre, de quelques semaines son pote Mark Linkous de Sparklehorse. Alors finalement qui va sortir ce… après le pataquès qu’il y a eu avec EMI, qui va sortir ce disque ?
Hugo Cassavetti : Je ne sais pas exactement. Alors il y a des gens, je pense que c’est EMI parce qu’en gros ce que racontait Mark Linkous avant c’est qu’ils étaient sur ce label Astralwerks qui était un sous-label de Capitol. Et alors après le 11 septembre et puis la crise du disque, ils ont commencé à éliminer. Ils ont dit, ils ont pris la liste de tous les artistes, et tout artiste qui vendait moins de 500 000 albums était viré. Donc Sparklehorse est passé à la trappe pour ça.
Bernard Lenoir : Alors d’où le petit message là, le petit mail que tu as reçu à Télérama ? Je peux le lire ?
Hugo Cassavetti : Oui oui.
Bernard Lenoir : Parce que je le trouve très bien. Je ne sais pas qui signe, mais voilà ça dit : « C’est bien dommage que le crime de complicité n’existe pas pour un suicide. On pourrait poursuivre EMI, car jouer au con avec le disque d’un type aussi fragile, c’est absolument insupportable. Étonnant, c’est que ce ne soit pas arrivé plus tôt. En juin ils pourront faire du fric avec cet album Dark Night of the Soul et hélas je serai à mon tour complice parce que le son de toutes les copies MP3 était absolument dégueulasse. »
Hugo Cassavetti : Mais c’est vrai que c’est étonnant que ce disque ne soit pas sorti parce que quand même entre déjà Danger Mouse, Sparklehorse, déjà avec le nom de Danger Mouse si ça pouvait et puis surtout c’était quand même un casting assez hallucinant qui en disait long sur l’admiration que les gens avaient pour Mark Linkous.
Bernard Lenoir : Mais je crois que c’était surtout lié au contentieux qu’avait Danger Mouse sur l’album précédent, le truc des Beatles là.
Hugo Cassavetti : Oui oui, donc il reste il y avait tout le monde, donc James Mercer des Shins, Nina Persson, Suzanne Vega, Vic Chesnutt, Julian Casablancas, Black Francis, Flaming Lips, Gruff Rhys, Iggy Pop… Il y avait tout le monde, c’était un espèce de Who’s Who de… Et bah ce disque sortira mais trop tard en tout cas pour Linkous.
Bernard Lenoir : Et on n’en sait pas plus sur l’album qui était donc quasiment terminé, le cinquième album de Sparklehorse ?
Hugo Cassavetti : Non, non mais ça, ces albums finissent toujours par sortir un jour.
Bernard Lenoir : Surtout qu’il était… là ce ne sera pas des fonds de tiroirs je pense parce qu’il était quasiment terminé.
Hugo Cassavetti : Il paraît ouais. Il allait le finir à Knoxville justement oui.
Bernard Lenoir : Le précédent date quand même de 2006, d’ailleurs on avait reçu Mark Linkous quand il avait sorti cet album. Une Black Session qu’on réécoutera lundi. Comme ça on pourra ressortir à nouveau nos mouchoirs. Magnifique session, pas très gaie c’est vrai, mais magnifique session. Hugo ?
Hugo Cassavetti : Oui ?
Bernard Lenoir : D’autres choses à rajouter à propos de Mark Linkous et de son petit parcours discographique ?
Hugo Cassavetti : Non, non. Que ce qui est, je crois que je l’ai déjà dit mais ce qui est toujours triste, on s’accroche toujours à ces gens-là, c’est pas qu’on s’y accroche parce qu’ils nous accompagnent, ils nous font du bien. On se dit toujours que tiens tiens voilà là cette musique, cette créativité, cette écriture leur permet de survivre, de prendre la vie et nous donne nous, bah nous donne du courage et tout et puis voilà, non finalement non ça ne suffit jamais, ça ne suffit jamais. Il y a toujours une force un peu plus qui les tire en arrière, c’est assez désolant parce qu’on commence à se méfier de ces disques qu’on aime quoi.
Bernard Lenoir : Laura Marling pour peut-être une…
Hugo Cassavetti : Oui, oui bah oui peut-être. C’est peut-être, c’est moins intense, moins puissant que Mark Linkous mais en tout cas elle progresse. Elle a à peine 20 ans. Laura Marling, anglaise et son deuxième album I Speak Because I Can.

(28:09)
Musique : Laura Marling – Alpha Shallows

(31:41)
Musique : Yeasayer – Madder Red

(35:41)
Bernard Lenoir : D’abord la jeune Laura Marling qui, si j’ai bien compris, n’est plus blonde comme les blés ?
Hugo Cassavetti : Elle n’est plus blonde, elle n’est plus avec le mec de Noah and the Whale, donc qui a fait un album entier pour pleurer sur leur rupture. Elle n’est plus avec Mumford and Sons qui étaient ses musiciens et qui font leur carrière de leur côté. Mais finalement elle a mûri, tout ça lui fait du bien, je trouve qu’elle fait, elle a muri à vitesse grand V, Laura Marling.
Bernard Lenoir : On pourra s’en rendre compte le 7 avril parce qu’elle vient en concert à la Flèche d’Or. Et bon bah d’ici là son deuxième album.
Hugo Cassavetti : Elle avait ouvert le concert de Neil Young l’année dernière au Zénith.
Bernard Lenoir : Ah oui, pas mal. Nouvel album I Speak Because I Can. Et puis Yeasayer, alors toi il n’y a que ce morceau qui t’a…
Hugo Cassavetti : Ouais c’est… déjà le premier album j’étais assez sceptique. Moi tous ces néo-babas de Brooklyn qui brouillent les pistes
Bernard Lenoir : Et puis, il y en a de plus en plus, il en sort quatre par jour
Hugo Cassavetti : Comme tu dis.Un peu Bee Gees, un peu Animal Collective, un peu n’importe quoi. Et oui ce morceau-là je trouve qu’il fonctionne même si un peu vulgos quand même mais du vulgos. Moi ça me fait penser un peu à des trucs très années 80.
Bernard Lenoir : Hot Blood. Donc tu n’iras pas les voir au Trabendo le 19 mars ?
Hugo Cassavetti : Je ne sais pas, il paraît que c’est assez délirant sur scène, mais c’est aussi mal peigné que…
Bernard Lenoir : Il ne ressemble à rien du tout.
Hugo Cassavetti : À rien, à des dessous de bras quoi.
Bernard Lenoir : Bon, MGMT, nouvel album bientôt, début avril c’est ça ?
Hugo Cassavetti : Que je n’ai pas fini d’explorer. Intriguant parce qu’il n’y a pas des tubes, c’est pas du tout le…
Bernard Lenoir : Il n’y a pas de singles, je trouve
Hugo Cassavetti : c’est pas la réplique du premier mais en même temps on peut se dire que c’est bien de refaire. Il n’y a pas de Kids, il n’y a pas de Time to Pretend. Mais alors il y a un très beau morceau qu’on va écouter très lent, Congratulations, qui donne son titre à l’album. Et puis le reste, c’est très très prog, mais on le savait. A les voir sur scène, on savait qu’ils avaient une fascination pour tout ce qui va du Bowie le plus expérimental à… on a l’impression qu’ils ont aussi beaucoup écouté Caravan et des choses comme ça et… On va dire c’est intéressant
Bernard Lenoir : Et puis ils ont échangé Dave Fridmann qui avait fait des miracles sur le premier album contre Sonic Boom.
Hugo Cassavetti : Sonic Boom, Spacemen 3 donc voilà. Toujours planant, toujours complexe. Alors est-ce que c’est délibérément compliqué parce qu’ils n’arrivent pas à faire simple ou c’est vraiment brillant ?
Bernard Lenoir : Bon, on a choisi ce morceau mais il faut quand même prévenir tous ceux qui vont l’écouter que ça n’a rien à voir avec tout le reste de l’album, c’est le seul morceau acoustique…
Hugo Cassavetti : Non, ça n’a rien à voir avec l’album précédent ni avec le reste de l’album. Mais en même temps c’est peut-être pas mal quand même, il y a un peu de surprise avec MGMT.

(38:03)
Musique : MGMT –  Congratulations

(41:48)
Musique : The Buggles – Vermillion Sands

(48:31)
Bernard Lenoir : Hugo Cassavetti rattrapé par sa nostalgie des années 80.
Hugo Cassavetti : C’est peut-être la faute à MGMT peut-être non, non pas années 80… oui bah ça c’est la ressortie d’un album assez mythique ou culte, c’est le deuxième album des Buggles.
Bernard Lenoir : C’est bizarre que tu n’aies pas choisi I am a Camera là-dessus
Hugo Cassavetti : …Qui était le tube, le single et qui avait déjà été composé pour Yes quand ils étaient partis pour Yes. Et c’est le fameux deuxième album qui n’aurait jamais dû voir le jour parce que c’était Trevor Horn et Geoff Downes. Geoff Downes commence à faire l’album avec Trevor Horn, et puis finalement préfère monter cet horrible supergroupe Asia qui revient d’ailleurs, je crois qu’ils retournent. Donc Trevor Horn se retrouve tout seul et du coup on voulait, le label dit « Bah ça ne nous intéresse plus parce que l’espèce d’idiot à lunettes on n’en veut pas. »
Bernard Lenoir : Il va faire une belle carrière quand même
Hugo Cassavetti : Mais l’histoire est qui a payé ce disque ? Il a cherché un peu partout et c’est Claude Carrère en France qui a en fait financé le deuxième album des Buggles, qui est devenu en fait un peu la bande démo de Trevor Horn. C’était sa femme qui lui avait dit « Tu sais Trevor Horn, tu ne seras jamais qu’un artiste de troisième zone, par contre tu pourrais devenir le plus grand producteur des années 80. » Ce qu’il a fait. Et cet album sert un peu… Tout l’album est une espèce de démo de ce que sera le son ZTT, la production de ABC et tout ce que fera Trevor Horn dans les 10 ans qui suivent.
Bernard Lenoir : Et ça n’avait jamais été réédité ça ?
Hugo Cassavetti : Non, non et là ça ressort en CD avec plein de bonus et d’inédits. C’est assez curieux quoi, c’est vraiment un mélange comme définissait Trevor Horn qui cherchait à faire un mélange de, en gros, de Kraftwerk et de Abba et c’est réussi par moments.
Bernard Lenoir : Puis il a produit des tas de groupes intéressants. Il avait donné un concert pour ses 25 ans de carrière, il y avait eu tout un il y a quoi 5 ou 6 ans. Voilà et qu’est-ce qu’il fait maintenant, il continue à produire ?
Hugo Cassavetti : J’ai oublié le nom, oui puisqu’il a produit et écrit l’album, un titre qui est sorti chez Beggars l’année dernière et j’oublie le nom. Ça me reviendra pour la prochaine fois. Donc il est là et puis ZTT qui a été relancé, dont il s’occupe.
Bernard Lenoir : 5 minutes pour conclure.
Hugo Cassavetti : Avec The Soft Pack. Alors, c’est peut-être mon morceau préféré de Soft Pack, c’est des gamins de San Diego qui font… voilà… C’est le groupe un peu garage énervé mais avec quand même une touche, une certaine classe et tout. Et peut-être que mon morceau préféré, paradoxalement, c’est le seul titre lent de l’album, Mexico, qui rappelle quelque chose à mi-chemin entre les chansons lentes des Babyshambles ou même des Arctic Monkeys, mais version américaine. Mexico.

(50:41)
Musique : The Soft Pack – Mexico

(54:06)
Bernard Lenoir : Un petit tour du côté de Mexico pour terminer ce programme avec The Soft Pack. Demain je serai avec Stéphane Amiel, le grand manitou du festival Les Femmes S’en Mêlent qui va venir nous donner les dernières précisions concernant cette 13ème édition qui commence dans quelques jours. À ce propos, on fait venir Jesse Evans, une dont tu es fan Hugo. Session le 22 mars. Vous pouvez d’ailleurs aller vous inscrire pour cette session sur notre site internet. Ce sera tout pour ce soir. Salut à tous.

(54:38)
Voix off : France Inter présente Achille et la Tortue, un film de et avec Takeshi Kitano, actuellement au cinéma. Achille et la Tortue ou l’histoire d’un peintre sans talent dévoué à son art qui persiste à être reconnu. Une fable teintée d’humour burlesque où l’on retrouve la fantaisie et la poésie de Kitano. Retrouvez Takeshi Kitano le 16 mars à 20h05 dans L’Humeur vagabonde.

(55:01)
Bernard Lenoir : Vous écoutez France Inter, il est 23h. Avant de retrouver Éric Lange, le journal de José Cohen. Bonsoir.
José Sétien : Bonsoir.
L’exploit de l’Olympique Lyonnais qui vient d’éliminer le club le plus riche du monde, le Real Madrid. Lyon a fait match nul, un partout, sur le terrain du Real. Les Lyonnais sont qualifiés pour les quarts de finale de la Ligue des Champions.
La polémique après les propos de l’UMP Gérard Longuet sur le socialiste Malek Boutih, qu’il ne le voit pas à la tête de la HALDE, « il vaudrait mieux y mettre un représentant du corps français traditionnel », dit-il.
Un constat accablant du contrôleur des prisons : il parle de vétusté, de pauvreté et d’indignité, et il dénonce les prisons modernes trop grandes et déshumanisées.
Plusieurs grèves demain dans les transports urbains d’une trentaine de villes, dans les crèches et aussi chez les médecins généralistes.
Le procès de Jacques Viguier au lendemain du coup de théâtre. Tout le monde attend désormais la venue à la barre de l’amant de l’épouse disparue, placé en garde à vue pendant quelques heures hier soir.
Le temps de demain, il va faire encore froid mais le redoux commencera à s’amorcer dans quelques jours, nous dira Joël Collado.

On commence par le football avec la belle réussite de l’Olympique Lyonnais qui a réussi à sortir le Real Madrid dès les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Lyon qui a fait match nul ce soir au stade Santiago Bernabéu, un partout. En ligne : Christophe Vincent.
Christophe Vincent : Lyon avait fait la première partie du travail en s’imposant 1-0 à Gerland il y a trois semaines. Il restait à finir l’ouvrage ici à Santiago Bernabéu, dans l’antre du Real, devant 80 000 spectateurs madrilènes sûrs de leur fait, sûrs que les Galactiques allaient renverser la situation en marquant trois ou quatre buts à ces petits Lyonnais. Et bien il n’en a rien été. Le Real a frappé fort d’entrée : Cristiano Ronaldo, la star, a marqué dès la 5ème minute. Les Madrilènes ont dominé, malmené les Lyonnais toute la première période. Ils auraient pu doubler ou tripler la mise. Mais l’OL a bien…

Les titres en vidéo

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