Mardi 12 Mars 1991 : Présentation Inrockuptibles n° 28

  Magazine Inrockuptibles

La playlist de l'émission

AuteurTitre
1Altered ImagesHappy Birthday
2MorrisseyEveryday Is Like Sunday
3MorrisseyMute Witness
4The SmithsI Started Something I Couldn't Finish
5MorrisseyI Know Very Well How I Got My Name (Acoustic Studio Outtake)
6The House Of LoveMarble
7ElectronicGet The Message
8The TimesLundi Bleu (New Order cover)
9World Of TwistSons Of The Stage
10The Mock TurtlesCan You Dig It ?
11The ByrdsMr Tambourine Man (Bob Dylan cover)
12The Milltown BrothersHere I Stand
13REMMe In Honey
14Julian CopeSunspots
15Julian CopeRobert Mitchum
16Julian CopeEast Easy Rider
17The FarmSteps Of Emotion


Quelques références du soir

Toutes les références ne sont pas renseignées, souvent par manque de temps. Il s'agit principalement des disques-supports passés dans l'émission : single, album, compilation ... Libre à vous de compléter dans les commentaires !

Album / SingleLabelAnnée
1Happy BirthdayEpic1981
2Viva HateHis Master's Voice1988
3Kill UncleHis Master's Voice1991
4Strangeways, Here We ComeRough Trade1987
5Suedehead EPSire1988
6A Spy In The House Of LoveFontana1990
7ElectronicVirgin1991
8Lundi Bleu EPCreation Records1992
9Sons Of The StageCirca1991
10
11...In The Beginning (The First Sessions - 1964)Rhino Records1988
12Here I Stand EPA&M Records1991
13Out Of TimeWarner Bros. Records1991
14Sunspots EPMercury1985
15SkellingtonCopeCo1989
16Peggy SuicideIsland Records1991
17Steps Of Emotion EPPA Records1985


Écoutez C’est Lenoir du 12/03/1991

Dans cette émission, Bernard Lenoir célèbre le cinquième anniversaire du magazine Les Inrockuptibles en compagnie de ses fondateurs, Christian Fevret et Jean-Daniel Beauvallet.
Le cœur de ce numéro 28 des Inrockuptibles est marqué par une interview exceptionnelle et rare de Morrissey. L’ancien leader des Smiths y livre des confidences sur sa non-sexualité, les malentendus entourant le split du groupe et son regard acerbe sur la scène de Manchester. L’émission explore également les entretiens avec Electronic (Johnny Marr et Bernard Sumner) et Julian Cope, ce dernier se montrant particulièrement lucide sur son passé excessif et son mépris pour l’industrie musicale institutionnelle.
La rédaction débat aussi du virage artistique de R.E.M. avec l’album Out of Time et souligne l’ouverture du magazine à d’autres horizons culturels. Ce numéro propose ainsi des dossiers d’envergure sur le cinéma, avec Francis Ford Coppola et John McNaughton, ainsi que sur la littérature avec René Belletto.
Enfin, les invités annoncent les projets futurs : une soirée anniversaire à La Cigale avec les La’s, ainsi que la sortie de compilations thématiques et d’un album hommage à Leonard Cohen.

Déroulé de l’enregistrement

Fabrice : …plus de trois minutes et vous allez retrouver Bernard Lenoir.

Bernard Lenoir : Merci Fabrice, à tout à l’heure.

Musique : Altered Images – Happy Birthday

(02 :51)
Bernard Lenoir : Happy Birthday, Happy Birthday, joyeux anniversaire. Les Inrockuptibles ont 5 ans. Fevret, Beauvallet, vous aviez quel âge quand je matraquais ça dans Feedback il y a tout juste 10 ans ?

Jean-Daniel Beauvallet (Rires): 8 ans ! Non, non…

Bernard Lenoir : Altered Images, vous vous en souvenez quand même ?

Jean-Daniel Beauvallet : Et comment !

Bernard Lenoir : Et comment !

Jean-Daniel Beauvallet : C’était il y a 10 ans.

Bernard Lenoir : Ouais, 10 ans tout rond.

Christian Fevret : 10 ans tout juste

Jean-Daniel Beauvallet : On était jeune

Bernard Lenoir : Vous pensiez déjà au journal ?

Jean-Daniel Beauvallet : Bien sûr !

Bernard Lenoir : Vous aviez déjà ça en tête ?

Jean-Daniel Beauvallet : Bien sûr, et on savait que dans 10 ans on serait ici.

Bernard Lenoir : Ouais, bravo, belle perspicacité ! Heureusement que vous ne publiez pas un hebdomadaire parce que c’est déjà assez difficile avec les beaux jours qui reviennent, mais là j’ai le nez dans le numéro 28 depuis hier midi, moment où j’ai réussi à mettre la main dessus, et c’est dur de s’en arracher. Vraiment morceau d’anthologie là pour les Inrocks, ce numéro 28.

Jean-Daniel Beauvallet : Numéro d’anniversaire, il fallait faire les choses en grand !

Bernard Lenoir : Ouais, double… double numéro des Inrocks avec… bah la dernière fois qu’on avait vu Morrissey en couve, il y avait Johnny Marr à côté. Cette fois-ci…

Jean-Daniel Beauvallet : Dans l’ombre déjà.

Bernard Lenoir :  Ouais. Cette fois-ci, ils sont tous les deux dans ce magazine, mais séparément. Et c’est bien d’ailleurs parce que ça nous permet des points de recoupe sur le split des Smiths et ce genre de choses.  Ça va, vous êtes en forme ? Toi Beauvallet, t’as l’air un peu fatigué, je ne sais pas ce que tu fais de tes nuits.

Jean-Daniel Beauvallet : Je conduis la nuit entre Brighton et Paris !

Christian Fevret : Il a eu un week-end assez chargé, anglais pour Jean-Daniel.

Bernard Lenoir : Ouais, ce n’est quand même pas l’interview de Morrissey qui t’a épuisé à ce point-là ?

Jean-Daniel Beauvallet :  J’essayais des robes de mariage…

Christian Fevret :  Si, il y a encore des séquelles.

Bernard Lenoir : Il va se marier ?

Christian Fevret : (S’amusant de la situation) Attends, mais si il commence à dévoiler sa vie privée maintenant, qu’est-ce qu’on va savoir à 10h et demi ?

(04:25)
Musique : Morrissey – Everyday Is Like Sunday

(07:49)
Bernard Lenoir : Everyday Is Like Sunday. Pour Morrissey, c’est ce qu’il a fait de mieux jusqu’à présent. Il le dit dans cette interview des Inrockuptibles numéro 28 qui sera disponible dès demain, c’est ça ?

Jean-Daniel Beauvallet : Demain matin.

Bernard Lenoir : Bon, ça a été un gros business de choper Morrissey qui refuse systématiquement toute interview depuis le… bah, la séparation des Smiths ?

Jean-Daniel Beauvallet : Ouais, enfin il en a donné quelques-unes mais très, très rares. Il ne veut plus en donner à la presse anglaise (temps de pause), parce qu’il en a assez de se faire… en fait il en a assez de se faire attaquer sur des choses personnelles. Il en a marre qu’on lui reproche d’être comme il est physiquement, il en a marre des caricatures, il en a marre…

Bernard Lenoir : Alors toi, tu t’es débrouillé comment pour le choper ?

Christian Fevret :  Bah en fait, on s’est…

Jean-Daniel Beauvallet : C’est tout un roman en fait. Tout un roman parce que… bon, le fait est que concrètement, il n’y a pas eu d’interview dans la presse française depuis le split des Smiths. En fait, la toute dernière était à la séparation des Smiths, absolument rien depuis.

Bernard Lenoir : Ouais. La dernière fois dans les Inrocks, c’était le numéro 18 avec… bah, juste tout de suite après, Nick Kent qui avait fait un article sur la séparation.

Jean-Daniel Beauvallet : Oui alors ça c’était uniquement un article avec ensuite une interview de Johnny Marr qui était la seule faite par Dave Haslam, un de ses copains de Manchester. Mais en fait, la toute dernière interview de Morrissey, c’était le jour même ou la veille de l’annonce du split des Smiths. C’est-à-dire que quand je suis allé voir Morrissey, officiellement les Smiths n’étaient pas splittés, moi-même je ne le savais pas. J’ai fait une heure et demie d’interview avec Morrissey en tant que leader des Smiths et c’est uniquement à la fin de l’interview qu’il m’a annoncé que les Smiths étaient terminés et que dans la presse demain ce serait annoncé. Donc ça c’était il y a combien de temps ?

Christian Fevret : Il y a trois ans ?

Jean-Daniel Beauvallet : Il y a plus de trois ans… il y a trois ans ou trois ans et demi maintenant. Et en fait depuis, absolument rien, tout simplement parce qu’il n’y a pas de contact avec la maison de disque. C’est-à-dire que EMI reçoit juste une cassette et l’artwork définitivement terminé. Et là pour cette interview-là, en fait, on savait que par la maison de disque il n’y aurait pas grand-chose de faisable. Lui-même n’ayant pas de manager, c’est assez compliqué. Et en fait, il a une amie d’enfance en fait qui s’occupe de lui, qui s’occupe d’arranger un petit peu ses choses. On est en contact avec elle depuis deux mois maintenant, un contact téléphonique plusieurs fois par semaine, et à force de contacts téléphoniques, de lettres et d’envoi du journal, bah il a fini par céder.

Bernard Lenoir : Ouais, il se souvenait des Inrocks quand même ?

Jean-Daniel Beauvallet : Ah oui ! Mais… bien sûr, mais là il avait… bon, il ne voulait pas parler quoi. C’était… il y avait un… une idée de principe qui était de ne pas parler (insistance). Et il a cédé en fait il y a tout juste deux semaines.

Bernard Lenoir : Mais blocage… surtout vis-à-vis des journalistes parce que bon, c’est vrai qu’il vit d’une façon tout à fait isolée mais… c’est un peu la conséquence justement de l’attitude des journalistes, notamment en Angleterre, qui l’a… qui l’a mis dans cette situation ?

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, mais vraiment je crois qu’en plus, il en avait eu assez, à la fin des Smiths, des interviews et que c’était… Le moment était venu de vraiment prendre ses distances par rapport à ça. Il le dit au début de l’interview qu’on lui a posé les mêmes questions pendant des années et que vraiment il avait surtout l’impression de passer pour un raseur fini à la fin des Smiths, de répéter la même chose, qu’on lui posait toujours les mêmes questions. Et donc il a décidé de…

Bernard Lenoir : Et t’as réussi à le choper où finalement, JD ?

Jean-Daniel Beauvallet : Ça s’est passé…

Bernard Lenoir : Manchester ?

Jean-Daniel Beauvallet : Non, non, non. Il est à Londres, il vient souvent à Londres, il vient acheter des livres à Londres. Mais il habite dans une banlieue assez cossue de Manchester avec sa maman dans une très grande maison à côté d’un prieuré.

Bernard Lenoir : Très grande et très belle maison paraît-il.

(10:59)
Musique : Morrissey – Mute Witness

(14:32)
Bernard Lenoir : Programme à peine commencé et déjà des dizaines de messages qui demandent tous la même chose, c’est comme ça depuis hier : « À quand la tournée de Morrissey en France ? Même la tournée anglaise, avec des dates proches de chez nous, c’est-à-dire sur le bord de mer anglais ? » Mais pour l’instant, pas de…

Jean-Daniel Beauvallet : Non, malheureusement. En fait, c’est le plus grand désir de Morrissey en ce moment. Il…

Bernard Lenoir (en acquiesçant) : Il en parle dans l’interview encore une fois.

Jean-Daniel Beauvallet (poursuivant son explication, passionné) : …il est vraiment très nerveux. Il a vraiment cette … , il a envie de retrouver la scène, de faire des concerts beaucoup plus durs, beaucoup plus violents. Et il n’arrive pas à trouver des musiciens, il n’arrive pas à les garder, il n’arrive pas… Et comme il l’explique lui-même, il n’a pas de manager, il n’a pas vraiment de maison de disques, puisqu’il n’est pas du tout en contact permanent avec sa maison de disques. Donc, c’est très difficile de monter un groupe, de le faire répéter et de l’amener en tournée ensuite. Et donc, il avait beaucoup d’intentions de tourner en Angleterre, il avait déjà prévu certaines salles, certaines dates, et tout est repoussé jusqu’à ce qu’il trouve des musiciens.

Bernard Lenoir : Et d’un autre côté, il a l’air très fataliste. Il se dit : « De toute façon, ça viendra bien un jour ou l’autre, je trouverai les gens qu’il faut pour remonter sur scène. »

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, il dit ça. Et d’un autre côté, il dit : « Si ça n’arrive pas, ça n’arrive pas. » Et en fait, il a vraiment, je crois, tout laissé depuis son enfance dans les mains de la fatalité. Puisque c’est ce qu’il dit lui-même : ce n’est pas lui qui est allé chercher des musiciens, c’est… il était chez lui, il était reclus depuis des années quand Johnny Marr est venu frapper à sa porte en lui disant : « Je veux faire un groupe avec toi. » Il attend que la même chose se produise, que des musiciens viennent le trouver. Et il dit que sa carrière telle qu’elle est conçue, sa carrière solo telle qu’elle est conçue actuellement, ne peut pas lui permettre de garder des gens très longtemps.

Bernard Lenoir (relançant la discussion sur l’histoire du groupe) : Alors, ce qu’on apprend dans cette première interview des Inrocks avec Morrissey depuis… première interview depuis des lustres, c’est tout ce qui s’est passé : la rupture des Smiths. Et on apprend que c’est finalement plus un malentendu qu’autre chose, que tout aurait pu s’arranger.

Jean-Daniel Beauvallet : Voilà, c’est un malentendu qui a été largement amplifié par la presse anglaise, et plus particulièrement par le New Musical Express qui est largement mis en cause pendant toute l’interview. En fait, certains journalistes auraient entendu Johnny Marr, ou…

Bernard Lenoir : Enfin, il y avait des tensions, c’est certain.

Jean-Daniel Beauvallet : Il y avait des tensions qui venaient du fait que Morrissey…

Bernard Lenoir : Lui, il en avait marre de tourner par contre

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, et d’autre part, que Morrissey ne pouvait plus supporter que Johnny Marr soit si libre avec tous ses amis, qu’il laisse n’importe qui venir en studio. Je crois vraiment que… ça a dû se passer pendant les sessions d’enregistrement de Strangeways, Here We Come. Et donc, il y avait vraiment des problèmes. Morrissey… Johnny Marr commençait à trouver Morrissey ennuyeux, justement parce que Morrissey ne voulait pas que les gens viennent en studio. Et surtout, il y avait tellement de gens, je crois, qui étaient autour du groupe, et surtout des gens autour de Johnny Marr, qui ont commencé… Johnny Marr, à l’époque, avait un manager, et qui, apparemment, a commencé à lui dire qu’il fallait peut-être qu’il cherche un autre chanteur, qu’il valait mieux que ça, qu’il valait mieux que d’être à l’ombre de Morrissey.

Si bien que, donc, la presse anglaise a entendu parler du mécontentement de Johnny Marr. Et donc, ils ont annoncé illico la séparation des Smiths, la mort des Smiths. Et c’est ainsi que Morrissey a appris que Johnny Marr quittait le groupe : il a ouvert le NME et il a vu cet article : « Johnny Marr quitte les Smiths ». Et donc, ils se sont un peu retrouvés l’un et l’autre devant le fait accompli. Johnny Marr a vu dans la presse, lui aussi, que le groupe était fini. Donc voilà, le groupe s’est fini comme ça, dans la débâcle, et surtout sans que l’un et l’autre n’aient pu s’expliquer. Ils n’en ont jamais parlé, et depuis quatre ans, ils ne se sont pas parlé. Donc, ils se sont quittés en froid…

Bernard Lenoir : Mais on sent quand même des deux côtés, que ce soit du côté de Morrissey ou dans l’interview de Johnny Marr, beaucoup de retenue. Personne n’attaque l’autre, et on a presque l’impression qu’il y a une porte ouverte, qu’il y aurait une possibilité de retrouvailles.

Jean-Daniel Beauvallet : En fait, il y avait une… Morrissey l’avait toujours dit : « Si Johnny Marr veut revenir, il peut revenir, je l’accepterai. » Et là, il dit : « Je sais qu’il ne reviendra jamais. » Mais d’un autre côté, c’est vrai qu’il laisse la porte ouverte. Et Johnny Marr fait exactement la même chose dans l’interview d’Electronic. Surtout, ils ne veulent pas se blesser l’un l’autre, parce qu’ils se rendent compte que la situation est un peu idiote. Et Morrissey dit que c’est un coup de tête idiot qui a tout gâché. Et c’est vraiment ça, on a l’impression que c’est vraiment une décision purement épidermique, qui a fait que Johnny Marr, un soir, a décidé de partir, et que en fait, il n’a même pas voulu se confronter Morrissey parce qu’il savait très bien qu’il serait convaincu de…

Jean-Daniel Beauvallet : Et d’un autre côté, il dit : « Pendant que vous êtes en train de parler, je ne sais pas où, dans une pièce, s’il rentrait là, vraisemblablement, on pourrait passer un très agréable moment ensemble. »

(18 :31)
Musique : The Smiths – I Started Something I Couldn’t Finish

(22:13)
Bernard Lenoir JD, pas mal de messages qui demandent si c’est avec Morrissey que tu as l’intention de te marier.

Jean-Daniel Beauvallet : Eh bien oui, effectivement, c’est pour lui que j’ai acheté la robe.

Bernard Lenoir : Pas mal. Et on en apprend pas mal dans ton interview sur justement la sexualité de Momo.

Jean-Daniel Beauvallet : Ou plutôt l’absence

Bernard Lenoir : La non sexualité

Jean-Daniel Beauvallet : L’absence totale de sexualité de Momo …avec des phrases quand même comme « au-dessus des chevilles, mon corps est comme paralysé ». Et « mon corps n’a jamais réagi sexuellement, il est incapable de la moindre réaction sexuelle. Si mon corps avait fonctionné, le cerveau aurait suivi ».

Bernard Lenoir : Ouais.

Jean-Daniel Beauvallet : Donc voilà. « Je ne peux pas imaginer mon corps ressentir une excitation sexuelle, ça ne m’est jamais arrivé, personne n’a produit cet effet sur moi ». Et les seules choses qu’il trouve érotiques, ce sont les photos de Cecil Beaton, le photographe officiel de la famille royale, ou parfois Vogue.

Bernard Lenoir : Ouais, il dit aussi que s’il avait eu une sexualité normale, les Smiths n’auraient peut-être jamais existé, qu’il n’aurait jamais écrit, qu’il ne se serait jamais lancé là-dedans.

Jean-Daniel Beauvallet : C’était un substitut, l’écriture.

Bernard Lenoir : Qu’est-ce que t’en penses toi, qui as rencontré le personnage à maintes reprises ? On peut le croire sur parole ?

Jean-Daniel Beauvallet : On peut le croire sur parole, mais on peut le soupçonner tout de même d’avoir changé en fait ces dernières années. Il… une chose m’a frappé, c’est qu’il est devenu de plus en plus efféminé, et qu’il était accompagné d’un personnage quand même assez troublant, qui est d’ailleurs ce week-end à Paris, en compagnie de… (L’ami de Morrissey, donc qui lui sert plus ou moins de chauffeur visiblement), en compagnie quand même assez louche puisqu’il est à Paris avec Pete Burns, le chanteur de Dead or Alive…

Bernard Lenoir : Oh non mais ça c’est les vieux copains de…

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, mais Paul Rutherford… oui, c’est ça, c’est la… c’est la clique de Liverpool. Mais bon…

Bernard Lenoir : Julian Cope s’est baladé avec Pete Burns pendant des années aussi.

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, mais bon, Julian Cope n’est pas vraiment net non plus. Et puis Paul Rutherford, donc le joli petit moustachu de Frankie Goes to Hollywood.

Bernard Lenoir : Ouais. Alors pas mal aussi la façon dont il analyse tout ce qui s’est passé autour de la scène de Manchester, ce que les journalistes ont fait de Manchester. Là, il n’y va pas par quatre chemins.

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, et surtout quelqu’un qui a toujours vraiment défendu absolument les… Manchester et toute cette attitude des gens du Nord, qui a défendu tous ces films du Nord, toutes les émissions de télé du Nord, etc… Et soudain le Nord a été à la mode. On en a fait une énorme mode de Manchester.

Bernard Lenoir : Au mauvais moment, dit-il.

Jean-Daniel Beauvallet : Exactement. Il dit… il pense, lui, qu’on a choisi les mauvais groupes.

Bernard Lenoir : Voilà. « Les journalistes l’ont fait pour de mauvaises raisons. Pour moi ce fut une déception dramatique car j’avais toujours brandi l’étendard de Manchester. Soudain la ville a été totalement adoptée par la presse musicale, par la nation entière, mais tout le monde a eu tort. Le choix s’est porté exactement sur des groupes qui ne méritaient pas d’être mis sur un piédestal, ce fut terriblement destructif pour la ville, c’est très triste. Tout a été entièrement axé sur le côté mode, alors que Les Smiths ou moi-même n’avons jamais rien eu à voir avec la mode. Tout ce que nous proclamions, nous pouvions le justifier par nos disques, ils étaient nos preuves. Aucun de ces groupes ne peut en faire autant car aucun d’eux n’est capable de produire une seule chanson. Ils n’ont pas de chanteur, pas de vrai parolier, tout le monde appartient au troupeau où chacun se fond dans la masse. ».

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, mais d’un autre côté, c’est un peu les valeurs brandies par ce mouvement, c’est justement de ne pas avoir de songwriter, de ne pas écrire des chansons, et quand il dit que ce qu’il regrette le plus, c’est d’être incapable de chanter une chanson des Stone Roses ou de Happy Mondays, on peut qu’être d’accord avec lui. C’est impossible de… Je défie qui que ce soit de chanter une chanson de Happy Mondays, on ne peut pas les chanter. On peut danser, mais on ne peut pas les chanter

Bernard Lenoir : Il dit aussi que tout ça, ça va changer, que c’est une question de relève de la garde. « Chaque génération est une réaction par rapport à la précédente. Les jeunes font donc exactement le contraire de leurs ainés. Et avec un peu de chance, une génération arrivera bientôt qui fera passer les Happy Mondays pour des ringards et qui revendiquera des valeurs opposées à celles que tu viens d’énoncer ». On attend ça avec impatience.

(25:38)
Musique : Morrissey – I Know Very Well How I Got My Name (Acoustic Studio Outtake)

(27:22)
Musique : The House Of Love – Marble

(30:37)
Bernard Lenoir : Un petit coup de House Of Love, histoire de faire la rupture entre Morrissey, qu’on retrouve donc dans le numéro 28 des Inrocks demain. Autre morceau de choix, c’est l’interview de Julian Cope, également opérée par l’ami JD.  Ça va dans le même sens tout ça, je trouve. Ils disent en plus des choses très semblables

Jean-Daniel Beauvallet : Mais en fait, ils ont eu des carrières assez proches, ils se sont toujours, l’un et l’autre, regardés de loin mais avec respect. Je me souviens, Morrissey en parle, il a toujours soutenu la carrière solo de Julian Cope.

Bernard Lenoir : Et entre les deux, il y a Electronic. Alors là, ça laisse, je ne sais pas, une drôle d’impression. C’est toi, Christian, qui a rencontré Barney et Johnny Marr ?

Christian Fevret : Bah en fait, en comparant l’interview de Morrissey d’un côté, d’Electronic de l’autre, on se rend compte du fossé qui sépare encore Morrissey et Johnny Marr. Simplement, Morrissey sait très bien où il en est, ce qu’il veut, il connait ses valeurs, a ses principes et y reste archi-fidèle, alors que Johnny Marr, malgré tout, donne à la fois une impression – on sent qu’il est serein – mais malgré tout, d’un petit jeune qui ne sait pas exactement où il en est, un petit peu fou, un petit peu paumé qui veut toucher à tout… C’est pas très solide tout ça

Bernard Lenoir : Moi, je trouve qu’il y a quelque chose de plus grave par rapport à Morrissey. C’est que, avec Barney d’un côté qui lui en a ras le bol de New Order…Il le dit dans l’interview, il va peut-être rentrer en studio avec les autres au mois d’avril pour un nouvel album, mais c’est tout ce qu’il veut faire. Ça n’ira pas plus loin que ça.

Christian Fevret : Visiblement, je ne sais pas ce qui s’est passé là aussi entre eux, mais visiblement il n’y aura rien. Je me demande même ce qui les a poussés à rentrer…

Bernard Lenoir : On sent que c’est la fin. Marr, on sent aussi qu’il n’est pas remis de l’histoire Smiths, que ça reste dans un coin de sa tête. Donc quand on lit cette interview, on sent que tous les deux vivent quand même un échec formidable, qu’ils n’arrivent pas à digérer.

Christian Fevret : Et ce qui est fou, c’est que là où ils ont le plus de choses à dire, c’est sur l’échec, c’est sur un truc négatif. Et sur ce qui est en cours, ce qui pour eux devrait être positif, c’est-à-dire Electronic, ils n’ont strictement rien à dire. Il n’y a rien. Ce n’est pas simplement une question de discours, parce que, musicalement pour l’instant, Electronic n’a pas du tout fait ses preuves. Mais, d’un autre côté, humainement, ils sont adorables. J’ai passé, et c’est ce qui était assez trompeur, c’est que j’ai passé un après-midi avec eux, mais charmant, vraiment charmant. Mais au bout du compte, il en reste très peu de choses.

(33 :03)
Musique : Electronic – Get The Message

(36 :59)
Bernard Lenoir : Les traitres, comme on les appelle souvent sur le minitel, 36-15 code RF à la rubrique du Black, Barney et Johnny Marr. « Lorsque j’écris une nouvelle chanson, je ne pense à rien de ce que j’ai déjà fait, c’est une expérience entièrement vierge. J’écris beaucoup sur synthé ou sur ordinateur, alors que je ne sais pas réellement en jouer, je me contente de sortir des notes, je ne sais pas exactement ce que je suis en train de faire, mais c’est quand même du neuf ». C’est quand même dément de s’exprimer comme ça. C’est Barney qui cause…

Christian Fevret : C’est assez triste, et encore, j’ai coupé un petit peu pour qu’il n’apparaisse pas trop ridicule. Mais c’est quand même assez triste, parce qu’on a l’impression d’un vieux type avec tout son discours « Non, moi, la nostalgie, toujours de l’avant… ». Enfin vraiment, le discours ridicule par excellence. Et puis, ça ne se tient pas, parce que d’un côté, il y a tout ce côté « oui, moi, je ne sais pas jouer des choses, une note sort comme ça », et d’un autre côté, ils passent tout leur temps, toutes leurs nuits, à travailler. Alors, qu’est-ce qu’ils font ? Peut-être, ils branchent, ils font uniquement des branchements d’amplis…

Bernard Lenoir : Il reconnait même qu’il chante comme une casserole, et qu’il n’a jamais été un chanteur acceptable, c’est quand même fou ?

Christian Fevret : C’est bourré de contradictions, mais en fait, ça leur plait. Ils aiment bien les contradictions

Jean-Daniel Beauvallet : Et d’ailleurs, Morrissey confirme que Barney est un médiocre, qu’il n’a jamais su chanter, qu’il n’a jamais su écrire une chanson

Bernard Lenoir : Oui, il trouve ça désolant même que Johnny Marr soit associé avec un mec comme ça, qu’il mérite mieux

Christian Fevret : Ça lui fait de la peine

Bernard Lenoir : Bon, c’est quoi cette petite nouveauté des Times justement, puisqu’on parle de Barney et de New Order, et tutti quanti

Jean-Daniel Beauvallet : Justement, on va la découvrir ensemble

Bernard Lenoir : Tu n’as pas écouté toi non plus ? The Times, le nouveau

Jean-Daniel Beauvallet : Il aurait peut-être fallu !

(38:27)
Musique : The Times – Lundi Bleu

(41:57)
Bernard Lenoir : Eh, plutôt anecdotique ta nouveauté, Beauvallet

Jean-Daniel Beauvallet : Oh, ben je la remets dans mon sac, hein !

Bernard Lenoir : Oh là là, le Blue Monday de New Order devenu le lundi bleu de Times.

Christian Fevret : Tu pourrais préparer un peu les émissions quand même… Pas sérieux.

Bernard Lenoir :  Oui, non mais… Bon, puisqu’on est au rayon nouveautés, avant d’en revenir à Julian Cope, l’autre morceau de choix du nouveau Inrockuptibles : World of Twist, nouveau single ?

Jean-Daniel Beauvallet : Toujours nos chéris.

Bernard Lenoir :  T’as pas écouté ça non plus encore ?

Jean-Daniel Beauvallet : Si, si, si !

Bernard Lenoir : Non, ça c’est bien quand même hein, il n’y a pas de problème. Mouais… Pas d’accord Fevret ?

Christian Fevret : On en reparlera après.

(42 :28)
Musique : World Of Twist – Sons Of The Stage

(45:40)
Bernard Lenoir : “Sons of the Stage”, le nouveau World of Twist que je découvre à l’instant même. Personnellement je préférais “The Storm”, non ?

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, mais bon, l’important c’est que c’est un jeune groupe et qu’il a un son déjà. Et ça, c’est devenu tellement rare, un son si personnel.

Christian Fevret : Et puis, ils posent à poil sur la pochette.

Bernard Lenoir : Oui alors ça, pochette très années 70, hein ?

Jean-Daniel Beauvallet : 72.

Bernard Lenoir : Il y a déjà eu une pochette comme ça où ils étaient à poil…

Christian Fevret : Des photos de presse, oui, oui.

Bernard Lenoir : Non, non, mais sur une pochette de disque comme ça des années 70, un groupe…

Christian Fevret : Ça devait être Grateful Dead

Bernard Lenoir :  Dans les bois ou un truc comme ça.

Christian Fevret : Alors, tu vois, c’est comme des statues ou les mannequins de Momo, c’est-à-dire… entre les jambes…

Bernard Lenoir : On leur cache l’oiseau ?

Christian Fevret : Ben non, ils ont gommé en fait, ils ont dû gommer ça à la palette.

Bernard Lenoir : Ouais… et on ne voit plus rien.

Christian Fevret : On ne sait pas où est la fille, enfin bon…

Bernard Lenoir : Par contre, je suis très inquiet sur la petite nouveauté qui débarque maintenant, le nouveau Mock Turtles.

Jean-Daniel Beauvallet : Eh bien nous aussi, puisqu’on n’a pas écouté.

Bernard Lenoir : Ah ouais. Oh là là… “Can You Dig It ?”

(46 :30)
Musique : The Mock Turtles – Can You Dig It ?

(50 :19)
Bernard Lenoir : Alors question : « Que faisais JD en juillet-août 1983 à Liverpool ? Arpentait-il déjà les rues en quête du Collector ou rêvait-il tout simplement de devenir journaliste ? » Alors ?

Jean-Daniel Beauvallet : Je cherchais Morrissey.

Bernard Lenoir : C’est le dernier message qui vient de tomber. Eh, « le cul entre deux chaises », les Mock Turtles, ça veut dire quoi, ça ?

Jean-Daniel Beauvallet : Ben ça veut dire que tous ces groupes, en fait, étaient à la base des groupes de rock et que… ils sont allés dans les nightclubs, ils ont entendu des rythmes de dance et ils se sont dit : « Ah tiens, nous aussi on va faire ça, on va mélanger. » Et ce qui marche naturellement chez les Mondays ou chez les Roses ou chez d’autres groupes ne marche pas vraiment chez eux

Bernard Lenoir : On a l’impression qu’ils ne savent pas trop où ils en sont

Jean-Daniel Beauvallet : Le cul entre deux chaises. En fait, c’est comme des gens qui dansent en étant tout à fait coincés.

Bernard Lenoir : Ouais. Nouveau single des Mock Turtles, Can You Dig It. Quelque chose à rajouter pour ta défense, Fevret ?

Christian Fevret : Non, il y a juste… il y a un fan des Pastels qui bloque le Minitel depuis tout à l’heure. Alors juste lui dire que les Pastels ne font toujours pas de dance et que dans dix ans, ils feront exactement les mêmes disques, donc il n’a pas à s’inquiéter.

(51:16)
Musique : The Byrds – Mr Tambourine Man (Bob Dylan cover)

(53:24)
Bernard Lenoir : Alors, explication pour ce grand classique des Byrds, version un peu spéciale, quand même.

Jean-Daniel Beauvallet : Ouais, c’est les premières démos

Christian Fevret : C’est le tout début. Je me demande même si le groupe s’appelait déjà les Byrds.

Jean-Daniel Beauvallet : En tout cas, c’est sur un album très recommandable, qui s’appelle In the Beginning, les Byrds.

Bernard Lenoir : Ouais. Et pourquoi ce long papier sur les Byrds dans le numéro 28 des Inrocks ?

Christian Fevret : En fait, on est très opportunistes, et on a sauté sur l’occasion d’avoir Roger McGuinn sous le coude pour, non pas l’interroger sur son dernier album, comme lui voulait à tout prix qu’on le fasse, mais lui parler surtout du passé, c’est-à-dire de son groupe, qui, dans les années 60, a laissé une telle trace qu’il a influencé les groupes les plus importants des années 80, notamment les Smiths et R.E.M. Donc, rien que pour ça, il fallait au moins une fois l’entendre parler, même s’il a relativement peu de choses à dire. C’est-à-dire que contrairement à des gens comme Ray Manzarek, qui a quand même une vision des Doors, bon, avec pas mal de mythologie un peu facile rajoutée, bon, mais qui quand même agrémente son histoire, là, bon, il ne reste pas grand-chose. Mais étant donné qu’on ne l’entend quasiment jamais parler, Roger McGuinn, entendre la manière dont ont été enregistrés ces morceaux, comment a été trouvé ce son de 12 cordes, tous ces petits détails qui sont quand même assez agréables à entendre ne serait-ce qu’une fois.

Bernard Lenoir : Et puis une autre chose qui relie à l’actualité, c’est les bobines et les photos des Byrds dans les années 60, on a l’impression de voir Oasis ou Charlatans…

Christian Fevret : Les coupes de cheveux…C’était une des autres raisons. C’était publié, ces photos, on a eu beaucoup de mal à retrouver les photos qui en fait ont été publiées dans le livret, mais c’était publié, ces bobines de coupe… On a l’impression qu’ils ont tout piqué au clavier des Carpets.

Bernard Lenoir : Absolument. On a l’impression vraiment que les photos ont été faites le mois dernier. Est-ce que tu as demandé à McGuinn s’il connaissait les Milton Brothers ?

(55:07)
Musique : The Milltown Brothers – Here I Stand

(57:14)
Bernard Lenoir : Dans quelques instants la suite de ce programme en compagnie de la rédaction des Inrockuptibles où il sera question de Julian Cope entre autres, sans oublier notre repérage Fnac de la semaine, le nouveau R.E.M. 22 heures, les titres du journal de 22 h 30, on retrouve Fabrice Drouelle.

Fabrice Drouelle : Et à 22 h 30, nous aurons les résultats des matchs Metz-Brest et Auxerre-Sochaux. Mais nous n’allons pas attendre une demi-heure et nous allons faire tout de suite un point en commençant par certainement l’un des deux matchs le plus important parmi ces rencontres en retard du championnat de France : Auxerre-Sochaux, c’est avec Jean-Philippe Goron.

Jean-Philippe Goron : Et on joue depuis 24 minutes en deuxième mi-temps, Auxerre ne mène plus que trois buts à un, car il y a une minute, les Sochaliens viennent de réduire le score par l’intermédiaire d’Éric Dewilder, bien lancé côté gauche, qui d’une petite balle piquée a battu Bruno Martini. 3 buts à 1 pour l’A.J. Auxerre qui a fait vraiment la différence dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps, deux buts de Scifo et un but de William Prunier. Enzo Scifo qui est de loin le meilleur homme de cette partie et une équipe d’Auxerre qui depuis le retour des vestiaires est en train d’essayer de gérer son avantage au tableau d’affichage. Ça ne réussit pas vraiment, bien que les Auxerrois aient encore beaucoup d’occasions puisque les Sochaliens ont réduit la marque, mais les Auxerrois ont quand même une confortable avance encore une fois : 3 buts à 1 pour l’A.J. Auxerre après 25 minutes de jeu au stade de l’Abbé-Deschamps. À Auxerre, Jean-Philippe Goron, Radio France Auxerre pour France Inter.

Fabrice Drouelle : Merci. Metz-Brest, c’est à Metz, Claude Bruillot.

Claude Bruillot : À un quart d’heure de la fin du match, toujours 0 à 0 entre le F.C. Metz et Brest, 0 à 0, alors qu’à l’instant même l’arbitre Monsieur Puialte vient de refuser un but au Messin Philippe Hinschberger pour un hors-jeu pas du tout évident sur ce coup-là. Hinschberger avait réussi à glisser la balle entre les jambes de son ancien camarade, le gardien brestois Bernard Lama, mais à part cette occasion dangereuse du côté messin, de plus en plus de difficultés pour les Mosellans à prendre en défaut cette équipe bretonne qui procède par contre-attaques, à l’image ici de Ronan Salaün qui va pouvoir lancer Ginola en position d’ailier droit. Ginola qui va pouvoir centrer pour Bernard Ferrer… Oh là là ! In extremis l’arrêt de Michel Ettore sur sa ligne et les Messins qui ont bien failli encaisser un premier but ici mais le score est toujours de 0 à 0 entre Metz et Brest. Claude Bruillot, Radio France Nancy pour France Inter.

Fabrice Drouelle : Merci Messieurs, on vous retrouve à 22 h 30. Huit soldats français ont été blessés, dont trois sérieusement, par l’explosion d’une mine dans le sud de l’Irak. L’accident s’est produit alors que les militaires français appartenant au premier régiment d’infanterie de Sarrebourg effectuaient un exercice de maintien en condition physique. Trois d’entre eux sont blessés sérieusement mais leurs jours ne sont pas en danger, précise le SIRPA qui a donné cette information ce soir.

En France, les voitures de plus de 5 ans seront soumises dès le 1er janvier prochain à un contrôle technique obligatoire et renouvelable tous les trois ans. Le propriétaire de la voiture aura une semaine pour faire réparer une avarie grave. Le contrôle coûtera 250 francs. À 22 h 30, réaction de Serge Magnan de la Fédération française des sociétés d’assurances.

5 ans de prison avec sursis pour Sonia, l’ancienne prostituée accusée du meurtre de son souteneur. Elle comparaissait devant la cour d’assises de Paris, compte-rendu de François Foucart.

À l’étranger, l’événement aujourd’hui c’était la visite de James Baker en Israël. Le chef de la diplomatie américaine a rencontré le Premier ministre israélien Itzhak Shamir mais également des dirigeants palestiniens des territoires occupés. Sur le contenu des discussions, explications à 22 h 30 de notre correspondant permanent à Jérusalem Pierre Weill.

Un mot de la météo, un jour de printemps aujourd’hui mais très court car les nuages arrivent par l’ouest demain, prévisions de René Chaboud. Le journal de 22 h 30 vous sera présenté par Philippe Abiteboul.

Je ne vous quitte pas avant de vous donner les courses ce soir qui se courent à Cagnes-sur-Mer. Dans la première, premier le 103 Azur Castelets gagnant à 1,70. Dans la deuxième, premier le 210 Ursula de Giens 9,10 – 2,40, deuxième le 206 Urus de Vandel 1,70 et troisième le 212 Ustian 1,90. Enfin dans la troisième, non-partant le 302 Agéna Sweet, premier le 311 Auréus 5,80 – 2,50, deuxième le 303 Alino 2,30, troisième le 304 Ardent de Comelon 7,90.

France Inter, il est 22 heures et 4 minutes, vous retrouvez Bernard Lenoir.

Bernard Lenoir : Merci Fabrice.

(01:01:23)
Musique : REM – Me In Honey

(01 :05 :26)
Bernard Lenoir : Me In Honey, toujours Kate Pierson avec tous les membres de R.E.M., un des titres du nouvel album Out of Time, repérage Fnac de la semaine depuis hier et jusqu’à jeudi, avec comme d’habitude, possibilité de gagner quelques exemplaires en CD de ce nouvel album de R.E.M. Vous en pensez quoi, vous, les Inrocks ? J’ai vu qu’il était chroniqué en bonne place, tout de suite après Morrissey, dans le numéro 28 des Inrocks qu’on va trouver demain dans tous les kiosques. Emballé, pas emballé ? Parce que c’est quand même assez différent de ce qu’ils avaient fait jusqu’à présent ?

Christian Fevret : Oui, mais finalement pas tant que ça. Moi je trouve ça plutôt bien dans la mesure où il y avait une tendance à l’alourdissement dernièrement qui était assez inquiétante, notamment sur Document et Green.

Bernard Lenoir : Pourtant ils ont rajouté plein de choses.

Christian Fevret : Oui, mais la rythmique est plutôt bien. Ils n’enfoncent pas trop le clou.

Bernard Lenoir : J’ai l’impression qu’ils se sont amusés, parce que…

Christian Fevret : Oui, mais ça se sent. Il y a Stipe… bon il y a quand même… l’album est assez court, il y a un instrumental, on se demande pourquoi. Stipe ne chante pas sur deux morceaux…

Bernard Lenoir : Parce qu’il dit que c’était tellement bien tout d’un coup d’avoir cette guitare, avec Peter qui jouait de la guitare et tous ces musiciens autour, parce que c’est la première fois qu’ils enregistrent avec tout un orchestre, quasiment un orchestre symphonique.

Christian Fevret : Ben c’est ça qui est assez paradoxal. À la fois il y a beaucoup d’instruments et ils ont enregistré énormément de choses en live. C’est-à-dire que c’est un album quand même relativement peu travaillé et je crois que eux-mêmes avaient peur de devenir un gros groupe, un groupe lourd, donc ils avaient besoin d’enregistrer vite et d’une manière un peu plus légère.

Bernard Lenoir : Et surtout ils se sont décidés à ne plus faire de scène, du moins pendant l’année qui vient, voire l’année prochaine. Et ils se sont permis…. Parce que généralement…

Christian Fevret : Ça, ce n’est pas un mal, parce que…

Bernard Lenoir : Dès qu’un album est fini, ils vont le rôder sur scène et il y a toujours une tournée qui suit. Là, ils sont passés derrière le précédent, Green, ils ont passé un an sur la route. Ils en avaient vraiment ras-le-bol, ils étaient écœurés, ils n’avaient plus envie de bosser. Tandis que là, ils se sont permis de faire un album un peu plus… un peu plus chiadé, sachant qu’ils ne vont pas être obligés de prendre la route avec et d’intervenir sur scène.

Christian Fevret : Et il y en a déjà un autre… ouais, ils en préparent un autre pour la fin de l’année en fait, déjà.

Bernard Lenoir : Quoi qu’il arrive, moi j’aime bien ce…

Christian Fevret : Non non, mais il y a des choses vraiment très, très bien.

Bernard Lenoir : Out of Time. Sinon… Alors, question : j’ai vu que vous avez un peu élargi votre rubrique singles, hein, ça c’est bien. Mais plus d’Assayas ? Qu’est-ce que je vais devenir ?

Jean-Daniel Beauvallet : Sans notre Michka à côté

Bernard Lenoir : Non mais vous rigolez là ou quoi les mecs ? C’est le premier truc sur lequel je bondissais !

Christian Fevret : En fait, il a pris un numéro sabbatique, en fait, tout simplement pour faire un petit peu.

Bernard Lenoir : Ah bon, tu me rassures. Cela dit, il y a le bouquin

Christian Fevret : Bon, il y a le bouquin qui sort en fait, voilà. Il s’est consacré surtout à la sortie de son bouquin qui est une espèce de recueil de ses textes.

Bernard Lenoir : Remarquable. Remarquable.

Christian Fevret : Ça se lit très vite mais c’est vrai que c’est quand même très costaud.

Bernard Lenoir : Ça devrait être considéré comme une véritable bible d’Inrockuptible.

Christian Fevret : Mais ça le deviendra, je suis sûr. Et par contre ce qui est absolument certain, c’est que Michka sera de retour dès le numéro suivant avec une rubrique légèrement modifiée.

Bernard Lenoir : Me voilà, rassuré !

(01:08:09)
Musique : Julian Cope – Sunspots

(01:11:18)
Bernard Lenoir : Julian Cope, non pas un des titres du dernier double album Peggy Suicide, mais un des tout premiers singles, Sunspots.

Jean-Daniel Beauvallet : Un de ses premiers disques solo, un des singles tirés du deuxième album solo. Et pourquoi un vieux titre ? Parce qu’en fait dans l’interview, on a beaucoup parlé du passé de Julian Cope, très peu du présent, en fait.

Bernard Lenoir : Ouais, c’est même très sympathique, ce côté nostalgique, on apprend plein de choses.

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, mais en fait, il n’est pas vraiment nostalgique. Il regarde ça de loin et donc voilà, on revoit… on survole beaucoup de choses.

Bernard Lenoir : C’est sympa de revivre le Liverpool de l’époque, la charnière 78, 79, 80… Avec McCulloch, Pete Wylie et compagnie, et Pete Burns.

Jean-Daniel Beauvallet : En fait, on a fait un blind test. Avec Julian Cope, c’est parfait le blind test. C’est un fan de musique comme on en rencontre rarement, mais pas un fan académique, pas un fan raseur. C’est-à-dire qu’il a vraiment fait une sélection, c’est les Doors, c’est John Cale…mais par contre c’est pas les Rolling Stones. Les Rolling Stones, ça ne l’intéresse pas.

Bernard Lenoir : C’est Roky Erickson, c’est Syd Barrett,

Jean-Daniel Beauvallet : Il a des héros, ou Television, des gens comme ça.

Bernard Lenoir : Alors il y a une chose qui est tout à fait étonnante dès qu’on a lu cette interview, c’est qu’il est nettement moins barge qu’on ne le croyait.

Jean-Daniel Beauvallet : En fait, il l’a été, mais même quand il était au moment où il était le plus fou, c’est-à-dire au moment où il prenait le plus de drogues, à l’époque de Fried justement, l’époque dont ce 45 tours est tiré, il était quand même suffisamment lucide pour se voir lui-même étant complètement fou. Et c’est ce qu’il dit : parfois il se regardait et il se trouvait tellement ridicule et pathétique qu’il se disait « Non, faut que je m’en sorte », et puis il resombrait, il regardait la télé, il demandait à sa femme…

Bernard Lenoir : Enfin il y a sa bonne femme qui l’aidait un peu quand même dans la descente aux enfers…

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, qui l’a aidé d’abord dans la descente aux enfers, ensuite qui l’a aidé à remonter, parce qu’elle en a eu assez qu’il lui pose des questions débiles du genre « Ah ! Allume la télé, je crois que je passe à la télé ce soir », où il voyait…

Bernard Lenoir : C’était les Bunnymen qui passaient et il croyait que c’était lui qui était sur scène. Vraiment, il avait reçu à cette époque ! Mais c’est bien le déclic aussi : en se regardant dans la glace, il s’est trouvé gros un jour.

Jean-Daniel Beauvallet : Ah là, oui, mais ça, il a une trouille de devenir gros qui est incroyable, et il fait tellement d’efforts pour devenir maigre qu’il est vraiment devenu quasiment cadavérique.

Bernard Lenoir : Il est quand même très, très lucide vis-à-vis du showbiz, et là j’ai trouvé qu’il y avait un parallèle à faire avec ce que dit Morrissey dans le même numéro, vis-à-vis des maisons de disques, du business…

Jean-Daniel Beauvallet : Oui, mais c’est ça en fait, on peut le brancher sur n’importe quel sujet, Julian Cope aura toujours quelque chose à dire. Je suis sûr que si dans le blind test je lui avais fait passer un morceau de Patrick Bruel, il aurait été capable de me parler pendant dix minutes de Patrick Bruel. Et même sur U2, qui est a priori le groupe qu’il déteste le plus au monde, il a été capable de me parler pendant un quart d’heure, et surtout il a écrit un poème magnifique sur U2, dont je ne dirais pas le titre par pudeur.

Bernard Lenoir : Pourquoi pas ?

Jean-Daniel Beauvallet : Et ben voilà, U2 c’est…

Bernard Lenoir : « Pourquoi de toute façon écrire un poème sur U2 ? » tu lui demandes. « Pourquoi ? Parce qu’ils le méritent. On ne peut pas être la victime constante de mon mépris depuis des années sans avoir quelque chose. Et puis j’ai moi-même un côté évangéliste. Sur « My Nation Underground », j’étais un prêcheur négatif, j’étais Jim Jones. »

Jean-Daniel Beauvallet : Ah oui, ça c’est son grand mot, Jim Jones, il en parle très souvent. Jim Jones qui était ce prêtre qui avait organisé le suicide collectif de sa secte en Guyane. C’est un de ses héros.

Bernard Lenoir : Et il conclut en disant : « Je suis en train d’écrire un poème épique à leur sujet, ça s’appelle « U2, quatre têtes dans un seul trou du cul » ».

Jean-Daniel Beauvallet : Voilà, on l’a dit !

Bernard Lenoir : Ça leur va bien, plutôt !

(01:14:22)
Musique : Julian Cope – Robert Mitchum

(01:16:02)
Bernard Lenoir : Ça non plus ce n’est pas sur le dernier double album Peggy Suicide, c’est même une des toutes premières chansons écrites par Julian avec…

Jean-Daniel Beauvallet : …avec notre ami Ian McCulloch, ouais.

Bernard Lenoir : Et qu’on trouve sur un album… alors il a piqué une crise de nerfs récemment, apprend-on dans cette interview. Il était en guerre contre sa maison de disques et il a sorti comme ça, d’abord c’était un challenge vis-à-vis du manager qui lui avait dit : « Tu es tellement lent, tu es nul, tu es trop long pour écrire tes trucs ». Et il lui a dit : « Ben je vais te prouver qu’en 48 heures je peux enregistrer un album ». Et c’est celui-là je crois qu’il a enregistré…

Jean-Daniel Beauvallet : C’est Skellington. Et devant le refus de sa maison de disques de le sortir, il l’a sorti sur un petit label indépendant.

Bernard Lenoir : Faut dire quand on voit la pochette, on a compris !

Jean-Daniel Beauvallet : Et puis là-dessus, il s’est dit : « Bon ben puisque c’est comme ça, je vais en faire un deuxième ». Il est monté à Liverpool et en a refait un en 24 heures qui s’appelle Droolian et qu’il a vendu à un label du Texas, un petit label du Texas.

Bernard Lenoir : Tout ça pour emmerder sa maison de disques. Et c’est bien, ça rejoint… tu demandais à Momo pourquoi les Smiths étaient… en quoi étaient une menace, et il disait : « Absolument, on était une menace et je reste moi-même une menace. Mes disques ne passent toujours pas sur la radio nationale même s’ils sont classés dans les charts, même au regard de mon ancienneté ». Et Cope dit aussi « Dans cette industrie, beaucoup de gens ne veulent pas qu’un type comme moi ait du succès, car j’apporte beaucoup trop de doutes. C’est la raison pour laquelle Patti Smith n’est jamais devenue énorme. L’industrie veut des discours sensés, bons et moraux. Elle aime ses Bono, ses Bruce Springsteen. Si le monde était juste, je serais bien plus connu qu’eux ».

Jean-Daniel Beauvallet : Mais bien sûr, si le monde était juste, Julian Cope passerait…

Bernard Lenoir : Tu serais Sabatier à la place de Drucker, c’est ça ?

Jean-Daniel Beauvallet : Et j’inviterais Julian Cope et Momo !

Bernard Lenoir : Bon, sinon on va quand même revenir au double album cette fois, parce que tout ce qu’on a écouté jusqu’à présent c’était des vieux titres. J’aurais aimé qu’on parle un peu du morceau qu’on va écouter là, East Easy Rider, qui est dédié à Pete de Freitas.

Jean-Daniel Beauvallet : Le pauvre Pete de Freitas qui s’est tué en moto. En fait, toute cette bande, c’étaient des fans de grosses motos, ils avaient tous des Bonneville et des Norton. Et Pete de Freitas y a laissé sa vie dans un virage.

(01:17:56)
Musique : Julian Cope – East Easy Rider

(01:21:25)
Bernard Lenoir : Julian Cope et cette fois l’album, le double album, Peggy Suicide, qui devrait sortir ces jours-ci, qui est sorti à Londres lundi et qui devrait arriver en France, peut-être bien demain, pourquoi pas ? Julian Cope qu’on risque de revoir associé aux Inrockuptibles, non ?

Jean-Daniel Beauvallet : Peut-être un jour…

Bernard Lenoir : Peut-être un jour ?

Christian Fevret : Ça se peut bien qu’il y ait une surprise.

Bernard Lenoir : Mais quoi, vous n’allez pas faire une fête pour ce cinquième anniversaire ?

Jean-Daniel Beauvallet : Ah si ! Bien sûr ! Il y aura les La’s pour revenir faire la fête avec nous, ça se passera à la Cigale le 25.

Bernard Lenoir : Vous auriez pu inviter Morrissey aussi quand même !

Jean-Daniel Beauvallet : Ben ouais, mais il n’a pas voulu venir, il était fatigué.

Bernard Lenoir : Et Julian Cope ?

Jean-Daniel Beauvallet : Julian Cope avait peut-être autre chose à foutre.

Bernard Lenoir : Bon… Que les La’s ?

Jean-Daniel Beauvallet : Il y aura des invités surprises.

Bernard Lenoir : Ah les bandes de salopards, ils ne veulent pas…

Jean-Daniel Beauvallet : Qui viendront avec leur petite guitare sèche pour nous faire des petits morceaux tout secs, tout acoustiques, tout nickel.

Bernard Lenoir : N’ayez crainte, dès qu’ils auront le dos tourné, moi je vous dirai qui il y aura à la soirée spéciale. Ça va se passer où ça ?

Bernard Lenoir : Ça, ça se passe à la Cigale.

Bernard Lenoir : Quand ?

Jean-Daniel Beauvallet : Lundi 25.

Bernard Lenoir : Lundi 25 ? C’est-à-dire dans pas bien longtemps ?

Christian Fevret : Dans deux semaines.

Jean-Daniel Beauvallet : Et pour fêter ça, comme cadeau d’anniversaire des Inrocks aux lecteurs des Inrocks, eh bien s’ils découpent… je sais que c’est un gros sacrifice… mais s’ils découpent leurs Inrockuptibles page 141, et qu’ils vont à la Fnac avec ce petit bon, eh bien ils recevront un CD gratuit des La’s.

Bernard Lenoir : Gratos !

Jean-Daniel Beauvallet : Un CD hors-commerce magnifique.

Bernard Lenoir : Bien vu ! Sinon, eh ben tiens, puisqu’on parle de CD, d’édition spéciale, ceci cela, vous en êtes où là de tout ce qui devait sortir chez vous, le Leonard Cohen, la compil ?

Christian Fevret : C’est en marche, en bonne marche. Ça roule. C’est-à-dire qu’on reçoit dans notre petite boîte aux lettres les DAT régulièrement de tous les gens participant.

Bernard Lenoir : Il y a qui déjà comme ça ? Quelques noms, histoire de nous faire saliver ?

Jean-Daniel Beauvallet : Qu’est-ce qu’on a reçu ?

Bernard Lenoir : On a déjà écouté House of Love.

Christian Fevret : Peter Astor. Jean-Louis Murat. John Cale qu’on a reçu il y a trois jours et qui est somptueux. Somptueux ! Tu ne l’auras pas !

Bernard Lenoir : Canon, salopard ! Sinon ?

Jean-Daniel Beauvallet : … Patrick Bruel…

Christian Fevret : oui, là on est en discussion avec lui parce que… Enfin bon, je t’expliquerai.

Bernard Lenoir : Ta gueule Fevret! Bon, sinon… la compilation Un Printemps 91, ça c’est disponible déjà ?

Christian Fevret : Semaine prochaine, lundi prochain.

Bernard Lenoir : Lundi prochain. On m’a dit qu’il allait y avoir un très joli coffret avec toutes les compilations automne, printemps…

Christian Fevret : Absolument magnifique.

Bernard Lenoir : A un prix défiant toute concurrence.

Jean-Daniel Beauvallet : Nous sommes tombés dans le piège du marketing et des séries limitées, nous sommes des traîtres à la cause !

Bernard Lenoir : Bon, sinon il y avait quoi d’autre ?

Christian Fevret : Voilà, qu’est-ce qu’on a d’autre ?

Jean-Daniel Beauvallet : Bon ben on y va alors…

Bernard Lenoir : Question musique… Non, tu m’as piqué mon journal en plus ! Parce que bon, il y a des gros morceaux dans ce numéro 28 pour fêter le cinquième anniversaire : il y a Momo bien sûr en couv, il y a Julian Cope… Electronic on en a parlé, Johnny Marr, Barney… mais il y a d’autres choses. Il n’y a pas que la musique. Il y a un truc très important sur Coppola d’ailleurs. J’étais sidéré d’apprendre qu’il avait 51 ans déjà ! Le temps passe, hein ?

Christian Fevret : Le temps passe. Mais quand on voit les photos actuelles de Coppola… car c’est assez drôle, on a illustré l’article par des photos actuelles qui ont été prises il y a tout juste deux semaines, où il est vraiment grisonnant, il fait vieux papi, et des photos sur le tournage d’Apocalypse Now où il est enrubanné dans des sacs poubelles et c’est assez sidérant. Et l’interview est une interview très, très rare réalisée par Rolling Stone aux États-Unis. Le journaliste a pu passer des heures et des heures avec Coppola et l’interview est vraiment stupéfiante. C’est vraiment le genre de choses qu’on voit très rarement parce qu’un type qui a priori est plutôt un roc, plutôt un gros type assez solide, se dévoile à un point qui était difficile d’imaginer.

Bernard Lenoir : Ouais. Dans le domaine du cinéma aussi, McNaughton ?

Christian Fevret : Alors ça, c’est le film dont on parle en ce moment, qui vient tout juste de sortir, Henry : Portrait of a Serial Killer. C’est une interview tout simplement du réalisateur John McNaughton, c’est sa seule interview française.

Bernard Lenoir : Au rayon livre ?

Christian Fevret : Au rayon livre, René Belletto tout simplement, qui est l’un des écrivains majeurs actuellement en France qui donne très, très rarement d’entretiens et là qui raconte tout : son enfance… une interview pas très technique et c’est ce qui en fait tout l’intérêt.

Bernard Lenoir : Bien. Sinon, qu’est-ce que tu me fais signe là-bas ? Labarthe ?

Christian Fevret : Et puis La Barthe en fait c’est notre troisième nom cinéma. C’est-à-dire que là on a eu « le vieux », « le parrain », « le petit jeune », et puis Labarthe, le type qui survole tout ça et qui a le regard un peu critique de tout ça. C’est-à-dire le critique de cinéma mais également cinéaste, qui a tout survolé et qui peut aussi bien parler merveilleusement de Godard que d’Orson Welles.

Bernard Lenoir : Et puis toute la musique dont on n’a pas parlé, c’est-à-dire Noir Désir, Throwing Muses, Bruce Joyner, The Unknowns et puis aussi The Farm très bientôt en concert à Paris. Pas mal pour un numéro 28 déjà !

(01:25:56)
Musique : The Farm – Steps Of Emotion (Janice Long BBC Session)

(01:27:16)
Bernard Lenoir : Beauvallet, un dernier petit message qui te concerne : « Au fait, as-tu acheté ton short cycliste pour aller dans les soirées pyramides ? »

Jean-Daniel Beauvallet : Bien sûr, bien sûr ! Je danse avec mes copines des Pet Shop Boys.

Bernard Lenoir : Ouais, on t’appelle souvent le Travolta de la Locomotive, Beauvallet. Pourquoi tu voulais absolument finir avec ce 45 tours de The Farm ?

Jean-Daniel Beauvallet : Oh juste pour le plaisir de me foutre de la gueule de The Farm qui ont repris ce morceau sur le nouvel album qui vient de sortir. Ça, c’est sa version originale. À l’époque ils faisaient du ska, maintenant ils font de la house. Et demain …

Bernard Lenoir : Ça date de quand, ça, Steps Of Emotion ? ça date de quand à peu près ?

Jean-Daniel Beauvallet : Oh, eux ils datent de… ça fait dix ans qu’ils existent The Farm.

Bernard Lenoir : Et ce single, tu ne sais pas ? A peu près ?

Jean-Daniel Beauvallet : Cinq-six ans environ.

Bernard Lenoir : Bon. Merci les Inrocks, Fevret, Beauvallet, rendez-vous demain dans les kiosques avec le numéro 28 des Inrockuptibles. N’oubliez pas le petit supplément. Si on ne vous le donne pas, vous avez le droit de gueuler. Salut à tous, je vous retrouve demain, même heure, même adresse. 22h30, le journal, Philippe Abiteboul, bonsoir.

Philippe Abiteboul : Bonsoir ! Le retour des militaires français du Golfe : 1 200 hommes de l’opération Daguet quitteront l’Arabie Saoudite dimanche pour rentrer en France. Le désengagement s’achèvera cet automne. Ce matin, huit militaires ont été blessés par l’explosion d’une mine au cours d’un entraînement ; leurs jours ne sont pas en danger.

Une porte ouverte sur l’avenir du Proche-Orient : James Baker en Israël. Le secrétaire d’État américain a rencontré Itzhak Shamir, le Premier ministre, et aussi une délégation de Palestiniens des territoires occupés.

Aux Assises de Paris : 5 ans de prison avec sursis pour Sonia, l’ancienne prostituée meurtrière de son proxénète.

Les voitures poubelles, les épaves roulantes, bientôt mises au rancart. Dès janvier prochain, contrôle obligatoire pour les véhicules de plus de 5 ans. Réparations impératives dans les huit jours, sinon gare au PV.

Le temps pour demain : des nuages dès demain matin sur les régions de l’Ouest, ailleurs des éclaircies. Dans le courant de l’après-midi, le ciel gris gagnera la partie est de l’Hexagone. Du soleil, cela dit, sur la partie sud-est du pays.

Le Tiercé Quarté Quinté+ d’Enghien : 17, 4, 3, 2 et 1. Tiercé dans l’ordre : 7 629 francs ; dans un autre ordre : 1 525 francs 80. Pour le Quarté+ dans l’ordre : 60 988 francs 80 ; avec une autre combinaison : 4 310 francs 40. Enfin, le Quinté+ : 922 549 francs dans l’ordre ; dans un ordre différent : 15 261 francs.

Huit militaires du 1er régiment d’infanterie de Sarrebourg de la division Daguet blessés par l’explosion, je vous le disais, d’une mine dans le désert au sud de l’Irak. Ça s’est passé au cours d’un exercice de maintien en condition physique. Trois d’entre eux sont blessés sérieusement mais leurs jours ne sont pas en danger. Toutes les familles ont été bien sûr prévenues.

Le retour au pays des soldats français de l’opération Daguet, et bien ils seront 1 200 environ à rentrer en France à partir de dimanche. Ils embarqueront à la fin de la semaine au port saoudien de Yanbu sur la Mer Rouge. Le voyage de retour devrait durer 5 à 6 jours. Ces troupes appartiennent au 1er régiment de spahis stationné à Valence dans la Drôme, au 3ème et 4ème escadron du 1er régiment de hussards parachutistes qui lui est implanté à Tarbes. Conformément à la promesse faite par le Président Mitterrand il y a une quinzaine de jours, le désengagement français commence. Michel Polacco.

Michel Polacco : En fait cela signifie que discrètement certaines des unités alliées qui ont pénétré en Irak quittent leurs positions d’occupation. Cela doit être vrai pour d’autres comme pour les Français. On démonte, même en Irak où le terrain reste dangereux même hors combat.

Cette raison mise à part, il en reste trois. D’abord parce que même si cessez-le-feu et paix ne sont pas signés, le risque de nouveaux affrontements semble plutôt écarté et au pire limité. Ensuite parce que les forces alliées en Irak et au Koweït ou en Arabie Saoudite ont hâte de sentir l’air du pays et de la famille. Enfin parce que tout ce dispositif coûte cher, qu’il ne peut être rapatrié que progressivement et donc qu’il est utile de commencer dès maintenant à diminuer le montant de la facture.

Pour ce qui est des Français, le Président avait annoncé le retour de certaines unités rapidement, au plus tard dès avril. C’est cela qui est en cours même si rapatrier le matériel lourd sera plus long et même si le vrai top départ sera la décision de quitter totalement le territoire irakien, et cela dépend des discussions politiques. Même si enfin des marins sont partis en renfort notamment à bord de chasseurs de mines et d’autres se préparent à assurer pour un temps une présence militaire en mer, non loin des eaux du Golfe.

Philippe Abiteboul : 15 jours après la cessation des hostilités dans le Golfe, François Mitterrand et George Bush se rencontreront après-demain en Martinique pour faire le point sur les nouvelles perspectives qui s’ouvrent au Proche et au Moyen-Orient.

Entretiens très positifs et constructifs justement à Jérusalem pour James Baker. Le Secrétaire d’État américain a d’abord rencontré Itzhak Shamir, le Premier ministre, et ensuite, et c’est la première fois, une délégation de Palestiniens des territoires occupés. Un État palestinien aux côtés d’Israël ou l’autonomie des Palestiniens des territoires occupés, voilà les deux plans actuels pour aboutir à une solution de paix au Proche-Orient. Pierre Weill.

Pierre Weill : La rencontre avec la délégation palestinienne a duré une heure et demie. Les délégués ont rappelé que l’OLP est le seul représentant du peuple palestinien et que c’est avec l’accord de Yasser Arafat que cet entretien a pu être organisé. Les représentants palestiniens ont insisté sur leur objectif : la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Une idée catégoriquement rejetée ce matin par le Premier ministre Itzhak Shamir qui recevait le Secrétaire d’État américain. Monsieur Shamir veut appliquer son initiative de paix qui prévoit une forme d’autonomie pour la population palestinienne au sein de l’État israélien.

La visite du chef de la diplomatie américaine n’a donc pas rapproché les points de vue. Monsieur Baker ne cesse de répéter qu’il espère de chacun plus de souplesse. Mais selon des membres de la délégation américaine, James Baker a expliqué aux responsables israéliens que certains pays arabes seraient désormais prêts à discuter avec Israël si l’État hébreu s’engage à évacuer les territoires occupés. La réaction prudente du porte-parole de monsieur Shamir, Avi Pazner : « Nous avons eu l’impression après les conversations de Monsieur Baker avec Monsieur Shamir qu’il y ait par la suite, par la suite, un changement d’attitude. Mais je crois qu’il est encore un peu tôt pour en juger. Peut-être qu’il y a un frémissement, mais… (coupure) »

Les conducteurs de l’émission

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Lyrics:

Happy birthday, happy birthday
Happy birthday, happy birthday
Happy birthday, happy birthday
Happy, happy birthday in a hot bath

To those nice nice nights
I remember always, always
I got such a fright

Seeing them in my dark cupboard
With my great big cake

If they were me
If they were me
And I was you
And I was you
If they were me
If they were me
And I was you
And I was you

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