La playlist de l'émission
| Auteur | Titre | |
|---|---|---|
| 1 | Django Django | Wor |
| 2 | Villagers | Set The Tigers Free |
| 3 | Charlotte Gainsbourg | Memoir |
| 4 | Connan Mockasin | Forever Dolphin Love |
| 5 | Metronomy | The Look |
| 6 | Hanni El Khatib | Dead Wrong |
| 7 | Singtank | Dicksmith |
| 8 | Catherine Ringer | Quel Est Ton Nom ? |
| 9 | Kap Bambino | Obsess |
| 10 | Justice | Civilization |
| 11 | Selah Sue | Please (Ft. Cee-Lo Green) |
Quelques références du soir
Toutes les références ne sont pas renseignées, souvent par manque de temps. Il s'agit principalement des disques-supports passés dans l'émission : single, album, compilation ... Libre à vous de compléter dans les commentaires !
| Album / Single | Label | Année | |
|---|---|---|---|
| 1 | Django Django | Because music | 2012 |
| 2 | Set The Tigers Free / Memoir EP (Vinyle, 7", Record Store Day, Single, Limited Edition) | Domino | 2011 |
| 3 | Set The Tigers Free / Memoir EP (Vinyle, 7", Record Store Day, Single, Limited Edition) | Because music | 2011 |
| 4 | Forever Dolphin Love | Because music | 2011 |
| 5 | The English Riviera | Because music | 2011 |
| 6 | Will the Guns Come Out | Stones throw records | 2011 |
| 7 | In Wonder | Warner records/Because editions | 2012 |
| 8 | Quel Est Ton Nom ? EP | Because music | 2011 |
| 9 | Devotion | Because music | 2012 |
| 10 | Audio, Video, Disco | Because music | 2011 |
| 11 | Selah Sue | Because music | 2011 |
Écoutez Bernard Lenoir le 12 avril 2011
Bernard Lenoir reçoit Emmanuel de Buretel, patron du label indépendant Because Music, venu célébrer la première édition française du Disquaire Day et défendre la vitalité du disque vinyle.
L’invité passe en revue l’actualité de son catalogue et présente plusieurs sorties exclusives : les débuts des Écossais de Django Django, la collaboration entre Charlotte Gainsbourg et Conor O’Brien (Villagers), l’univers psychédélique de Connan Mockasin, ou encore la pop rétro-futuriste de Metronomy avec The English Riviera. Il met aussi en lumière le rockabilly d’Hanni El Khatib, le duo pop français Singtank, et le retour solo très attendu de Catherine Ringer (Ring’n’Roll).
L’échange est marqué par un débat passionné sur l’électro : De Buretel soutient avec ferveur que des artistes comme Justice ou SebastiAn incarnent le véritable rock d’aujourd’hui, tandis que Bernard Lenoir exprime son scepticisme quant à l’émotion transmise par ces machines. L’émission s’achève sur une note soul enthousiaste avec la jeune chanteuse flamande Selah Sue, en duo avec Cee-Lo Green.

Déroulé de l’enregistrement (Transcription IA, non vérifiée)
(04:22)
Bernard Lenoir : L’Arlésienne Django Django avec tout de même peut-être ce soir quelques informations sur ce groupe si particulier qui s’est déjà installé une solide réputation à partir de trois singles, trois ou quatre singles, mais qui rechigne à nous livrer un premier album. Emmanuel de Buretel, bonsoir.
Emmanuel de Buretel : Bonsoir Bernard.
Bernard Lenoir : D’abord, Emmanuel, est-ce que tu as un mot d’excuse ? Parce que tu viens régulièrement nous voir tous les ans…
Emmanuel de Buretel : Ouais.
Bernard Lenoir : …à peu près, pour nous tenir au courant de tes activités, principalement celle de manager d’un label, enfin peut-être DU label français indépendant le plus productif, le plus actif. Mais l’année dernière, on t’a pas vu. Alors ?
Emmanuel de Buretel : Ben, deux marches d’escalier…
Bernard Lenoir : Oui ? La tête la première…
Emmanuel de Buretel : …une jambe brisée… et voilà.
Bernard Lenoir : Bon, ça va mieux ?
Emmanuel de Buretel : Non, j’étais venu, j’étais venu, c’est vrai, j’étais venu il y a deux ans quand on avait fait venir Prince à Paris…
Bernard Lenoir : Ouais.
Emmanuel de Buretel : …on avait fait un petit peu le scoop ici, et c’est vrai que l’année dernière…
Bernard Lenoir : Voilà.
Emmanuel de Buretel : …un petit peu arrêté.
Bernard Lenoir : Donc voilà, tu débarques et tu nous donnes des nouvelles de Django Django. On en attend depuis des mois et voilà, et un album qui arrive donc, finalement.
Emmanuel de Buretel : Voilà, des petits Écossais qui sont descendus sur Londres, et qui ont fini l’album. Il va sortir à la rentrée.
Bernard Lenoir : Tu y es pour quelque chose dans cet album-là ?
Emmanuel de Buretel : Ouais. Oui, je les aime beaucoup. Et puis c’est une chose drôle qui est arrivée sur Django Django, c’est qu’une de leurs chansons a été un petit peu piquée par la… par… Vous savez, en Angleterre, il y a un truc très important, c’est le cricket. C’est un… un petit peu inconnu en… en France, le cricket, mais il y a une Coupe du monde de cricket qui est aussi importante que la Coupe du monde de football. Et puis sans… les Indiens, sans rien dire à personne, ils ont pris une chanson pour l’hymne un petit peu de la Coupe du monde de cricket de l’année, et… ils ont pris sur le web, c’était une boîte de… sûrement de… de publicité indienne. C’est un superbe spot qui s’est fait en Inde…
Bernard Lenoir : Ils sont tombés sur Django Django.
Emmanuel de Buretel : …et ils ont pris Django Django sans le clearer, sans rien du tout, ce qui fait que derrière…
Bernard Lenoir (amusé) : Bon, ça leur a rapporté un peu d’argent, j’espère, pour leur album.
Emmanuel de Buretel : …pour Django Django, ça leur a permis de payer leur album.
Bernard Lenoir : Ah ben voilà, une bonne nouvelle ! Bon, on sait peu de choses finalement de ces garçons. Alors, tu dis qu’ils sont écossais. Moi, je croyais que c’était un mélange d’Écossais, d’Anglais, de ceci…
Emmanuel de Buretel : Il y a un Anglais dans l’équipe, mais c’est principalement des Écossais qui sont… qui sont installés à Londres pour réussir, et il y en a un, le chanteur, il est… il est issu d’une chorale, ce qui donne un petit peu ce côté un peu Simon and Garfunkel, c’est un très bon chanteur. Et puis il y a un… un très bon batteur qui produit l’album avec… avec eux, et… et… et je pense que ça va être un des groupes importants, comme je t’avais amené il y a… il y a pas longtemps… enfin, il y a pas longtemps, il y a quelques années, Metronomy. Aujourd’hui, c’est un petit peu cette nouvelle entre… culture anglaise qui vient plutôt des écoles d’art et… et qui crée des… des… des très très bons disques avec… avec des nouveaux sons.
Bernard Lenoir : On avait ça déjà aux États-Unis, à New York, avec tous ces groupes qui viennent de… de… d’universités plus ou moins connues.
Emmanuel de Buretel : Ouais, bien sûr.
Bernard Lenoir : Et… bon, je sais pas si… 4 CD avec Django Django tous impeccables, donc je suppose que l’album sera plutôt…
Emmanuel de Buretel : L’album est superbe.
Bernard Lenoir : Bon, c’est pour quand ?
Emmanuel de Buretel : Eh ben, c’est pour la fin de l’année, comme ça j’espère qu’ils reviendront aux Inrocks parce qu’ils… ils avaient annulé à cause de… pareil, ils avaient eu un petit accident, il y en a un qui s’était cassé le dos. Et donc, mais ils reviendront sûrement aux Inrocks cette année.
Bernard Lenoir : Bon, tu es venu avec des tonnes de vinyles ce soir.
Emmanuel de Buretel : Voilà, ouais. C’est beau les vinyles, non ?
Bernard Lenoir : C’est bien. Un joli cadeau. Bah oui oui, ça revient.
Emmanuel de Buretel : Il y a un petit peu des maxis 45 tours et tout ça, mais je veux dire, le CD, ça s’écroule. Le download et le stream, c’est la chose importante aujourd’hui, mais… mais la… mais la vente de vinyles, euh, c’est… c’est pour nous… Ah oui, c’est… il y a vraiment des… des fervents, c’est quand même là où le son est…
Bernard Lenoir : Ça repart ? Je pensais qu’il y avait que… que des collectionneurs qui s’intéressaient aux vinyles aujourd’hui.
Emmanuel de Buretel : Non, non, il y a beaucoup de gens et de toutes générations aujourd’hui.
Bernard Lenoir : Donc il faut se… se rééquiper quand on avait fait une croix sur sa platine, c’est…
Emmanuel de Buretel : Il faut la garder, sa platine, il faut juste changer le petit diamant et… et garder sa platine.
Bernard Lenoir : Alors, ça tombe bien, tous ces vinyles, parce que, et en plus de ça, je suppose que s’il y a une corrélation entre les deux, c’est qu’il y a une… une journée des… des disquaires qui se pointe, là.
Emmanuel de Buretel : Voilà, le… il y a une… Ça existe à Londres depuis très longtemps, ça s’appelle le Record Store Day, et ça existe aussi aux États-Unis. C’est un petit peu les magasins Rough Trade qui avaient lancé ça en Angleterre pour tous les magasins indépendants anglais et qui font que les… les maisons de production de disques leur produisent des petits… des petits disques spécialement pour eux pendant une période d’une semaine à dix jours, et là, ça a été lancé en France par des personnes très actives qui ont quand même pris… Quand même, il faut aujourd’hui essayer de sauver les disquaires indépendants, c’est un peu comme les libraires indépendants.
Bernard Lenoir : Ce qu’il en reste.
Emmanuel de Buretel : Il en reste, il en reste ! Il y en a une cinquantaine qui sont dans cette opération et qui… et qui vont avoir pendant une dizaine de jours, une quinzaine de jours, des vinyles inédits, des… des… des sons inédits. On en passera un petit peu ce soir pour… un petit peu allécher tout le monde, mais ça va être une très belle opération.
Bernard Lenoir : Bon, j’espère, de quoi relancer la fréquentation de leurs magasins et la production de vinyles. On va attaquer avec le… le premier de la pile. Je vois ce vinyle double face avec d’un côté Villagers et de l’autre Charlotte Gainsbourg.
(09:24 – 15:23 : Diffusion musicale – Villagers : “Set the Tigers Free” / Charlotte Gainsbourg : “Memoir”)
[15:23 – 19:27] — Deuxième partie : Villagers, Charlotte Gainsbourg et Connan Mockasin
Bernard Lenoir : Conor O’Brien, alias Villagers, et Charlotte Gainsbourg. Emmanuel de Buretel, ce n’est pas un hasard si ces deux-là se retrouvent sur un même 45 tours ?
Emmanuel de Buretel : Non, c’est une belle rencontre.
Bernard Lenoir (en riant) : J’aime bien quand tu fais ton signe…
(Rires en studio)
Bernard Lenoir : Il a encore un problème dans son casque, ce garçon ! Faites quelque chose pour lui, je vous en supplie ! (rires) Qu’est-ce que tu entends ? Tu n’entends pas la même chose que moi, c’est ça ?
Emmanuel de Buretel : Non, j’entends une sorte de jazz-rock…
Bernard Lenoir : Jazz-rock !
Emmanuel de Buretel : …un peu bizarre.
Bernard Lenoir (taquin) : T’es branché sur une autre radio, tu veux dire, pendant ton interview ? (rires) Bon, alors, raconte-nous. Bon, on sait que ils se sont rencontrés au dernier festival des Inrockuptibles, je crois que Charlotte était venue voir le concert de Villagers ?
Emmanuel de Buretel : Voilà. C’est un super auteur, elle adore les auteurs. Elle fait vraiment attention aux textes et elle a craqué sur lui. Il lui a envoyé une chanson qu’il a écrite sur sa tournée américaine avec… Il était, je crois, à Chicago et elle a craqué totalement. Il est venu à Paris…
Bernard Lenoir : C’est le morceau qu’on vient d’entendre, “Memoir” ?
Emmanuel de Buretel : Voilà, exactement. Et ils l’ont enregistré avec Renaud Létang derrière au… au clavier, euh au clavier… au… à la table, et ça a été… ça a été une vraie révélation entre les deux. Il est très très timide, elle est très timide aussi et… et ça a donné cette chanson.
Bernard Lenoir : Et ça ira plus loin ? On peut attendre quelque chose de plus conséquent ? Il y a un…
Emmanuel de Buretel : Oui, il en a écrit… il en a écrit déjà une… une autre, et… et en fait, il va être sur un album que Charlotte… Elle fait un petit peu des expériences comme ça, Charlotte. Elle a fait des… justement, elle a fait des… elle a fait des… des chansons avec Noah and the Whale, avec Connan Mockasin, encore avec Beck comme ça, elle… elle a fait plein d’expériences et… et plein de rencontres et… et je pense que ça va sortir comme ça en septembre avec… avec ces chansons live. Voilà. Une petite fille merveilleuse quand même, non ?
Bernard Lenoir : Oui, qui chante bien en anglais.
Emmanuel de Buretel : Voilà.
Bernard Lenoir : Pour une Française, il y en a pas… il y en a pas tant que ça.
Emmanuel de Buretel : Voilà, elle cherche toujours des auteurs français, hein.
Bernard Lenoir : Ouais.
Emmanuel de Buretel : Elle a toujours… mais c’est difficile de trouver aussi bien que son père, quoi.
Bernard Lenoir : C’est vrai. Et donc, tu dis qu’il y a un album qui se prépare ?
Emmanuel de Buretel : Voilà, et à la rentrée, à mon avis septembre-octobre, elle va faire à la fois ces chansons live parce que on l’a pas vue beaucoup en live parce qu’elle devait faire le festival des Inrockuptibles l’été… l’été dernier, et puis il avait été annulé pour des raisons… présidentielles, et… et donc… et donc, on n’a pas vraiment vu cette… cette Charlotte sur scène, mais elle a tourné beaucoup aux États-Unis, donc on a enregistré et ça sera avec… avec ces chansons inédites.
Bernard Lenoir : Et collaboration avec Beck, donc, rebelote pour l’occasion ?
Emmanuel de Buretel : Voilà. Et Beck débarque en juin, c’est… c’est un petit scoop, mais il débarque en juin pour enregistrer avec elle, mais à Paris ! Beck voyage jamais, hein.
Bernard Lenoir : Hum hum. Et tu dis qu’il avait l’intention aussi de faire un… d’enregistrer un album en… en une journée, c’est le…
Emmanuel de Buretel : Ouais, Beck… Beck, il fait ça aux États-Unis. Il a un studio de… il… il habite maintenant à Malibu, il a un studio et en un jour, il… il refait un album, un album d’INXS, l’album… un album du Velvet… Et en… en une journée, il fait venir Jack White, euh… enfin plein plein plein de tout… voilà, tous les gens qui sont disponibles, et ils refont un album à… et ils le mettent sur le net.
Bernard Lenoir : En une journée ?
Emmanuel de Buretel : …les gens qui sont disponibles…
Bernard Lenoir : C’est pour ça qu’il y a des reprises qui traînent de lui un peu partout sur le net ?
Emmanuel de Buretel : Partout, voilà. Si vous allez, ça s’appelle, je sais pas, c’est un… genre… vous allez sur son site et il… il les met gratuitement comme c’est uncleared… uncleared juridiquement parce qu’il y a des artistes de partout des chansons, et donc… et donc, il se met à refaire des albums comme ça.
Bernard Lenoir : Et on en profite.
Emmanuel de Buretel : Voilà.
Bernard Lenoir : Connan Mockasin, c’est encore une de tes trouvailles, ça, ou ?
Emmanuel de Buretel : Ouais. Oui oui, c’est un petit génie. Ceux qui ont vu le concert à la Boule Noire…
Bernard Lenoir : T’as été le chercher… T’as pas été jusque chez lui le chercher quand même ?
Emmanuel de Buretel : Non, j’étais en Nouvelle-Zélande quasiment. Non non, il est… il a… Non, c’est celui qui… qui me l’a vraiment présenté, c’est un produc-… un un un un DJ-producteur anglais qui est vraiment vraiment fort, qui s’appelle Erol Alkan…
Bernard Lenoir : Ah oui, un des grands producteurs du moment, ouais.
Emmanuel de Buretel : …un des grands, voilà, exactement, très près de Late of the Pier et tout ça. Et… et il avait débarqué avec son groupe il y a un ou deux ans en Angleterre, tous…
Bernard Lenoir : C’est un gamin, il est tout jeune ?
Emmanuel de Buretel : …tous de Nouvelle-Zélande, ouais. Un peu spécial comme ça, très très arty. Et en fait, tous les mecs sont retournés en Nouvelle-Zélande sauf lui, qui s’est retrouvé tout seul. Et en fait, il y a plein de groupes qui ont craqué sur lui et… et il a fait son… son album il y a un an, on l’a ressorti cette année avec plein d’inédits live et… c’est une vraie… c’est un vrai un vrai voyage. Connan Mockasin.
Bernard Lenoir : Connan Mockasin, on l’écoute.
(19:27 – 23:18 : Diffusion musicale – Connan Mockasin : “Forever Dolphin Love”)
[23:18 – 26:05] — Troisième partie : La créativité pop, Metronomy et Joseph Mount
Bernard Lenoir : “Forever Dolphin Love”, Connan Mockasin, qu’on ne reconnaît pas tout à fait quand même sur sa pochette…
Emmanuel de Buretel : Non, c’est un vrai peintre, donc sur sa pochette il s’est peint, mais allez voir, allez voir, il y a des… il y a des clips incroyables qu’il a faits lui-même sur le net qui font sept ou huit minutes. C’est vraiment des albums planants comme il pouvait y avoir des albums comme A Saucerful of Secrets des Floyd ou des choses comme ça.
Bernard Lenoir : Très particulier quand même, hein.
Emmanuel de Buretel : Ouais. Non, c’est…
Bernard Lenoir : Mais il y a de plus en plus… Il y a une génération comme ça de de de solitaires qui qui bidouillent dans leur coin avec des des choses étonnantes, je trouve, ces derniers temps.
Emmanuel de Buretel (passionné) : Bah, il y en avait plein avant quand même. Aujourd’hui, quand même, les trois quarts du top anglais, du top français et du top américain, c’est quand même de la pop de… je dirais… j’allais pas dire un gros mot, mais c’est quand même beaucoup moins intéressant qu’avant. Et c’est marrant parce que le net fait connaître plein de choses et et et les gens sont toujours concentrés sur beaucoup de de pop pas très créative, quoi. C’est toujours le son, éternellement le son Guetta ou le son X ou le son Y. Quand on voit quand même des des des des mecs de Nouvelle-Zélande qui écrivent des petites chansons comme ça et qu’on écoute l’album, eh ben ça donne… ça donne la foi et et il y a toujours des gens qui sont en train de faire de la musique, et de la bonne musique, et qui sont en… qui créent, quoi, qui créent des nouveaux sons, des nouvelles… Alors, ça c’est toujours un peu gênant au début, et puis c’est… c’est comme Metronomy. La la liaison est bonne : le premier album de Metronomy est très difficilement écoutable, le deuxième, il est intéressant mais tout le monde dit que c’est indé, et puis aujourd’hui l’album, il explose, il a 9 sur 10 dans le NME, en France on l’adule, tout le monde dit que c’est génial.
Bernard Lenoir : Et là encore, un solitaire qui a longtemps bidouillé dans son coin, hein, tout seul.
Emmanuel de Buretel : Exactement, tout seul. Son album, il l’a fait tout seul dans son coin. Maintenant, il a un groupe un peu…
Bernard Lenoir : Ouais.
Emmanuel de Buretel : …avec… avec une rythmique, une chanteuse, exactement. Il a… il a un vrai groupe, et sur scène…
Bernard Lenoir : Mais pendant longtemps, c’est des machines, quoi, tout seul.
Emmanuel de Buretel : Ouais, tout seul, tout seul. Et mais c’est un vrai un vrai un vrai grand créatif. Je pense que ça va être un des plus grands producteurs anglais, Joe de Metronomy.
Bernard Lenoir : Et là encore, un un beau vinyle…
Emmanuel de Buretel : Ah bah…
Bernard Lenoir : …magnifique, avec une une pochette… C’est ça, la English… The English Riviera ?
Emmanuel de Buretel : En fait, c’est la… c’est la pochette, c’est fait par un… un artiste qui est mort, un artiste anglais. En fait, c’était la… l’affiche du l’Office du tourisme anglais pour vanter les mérites de la Riviera anglaise.
Bernard Lenoir : Remarque, on se croirait en… hein ?
Emmanuel de Buretel : Torquay, tu vois, Torquay. Tu connais Torquay ? Non, tu connais Biarritz, tu connais pas Torquay. (rires) Dans le Devon, Torquay. Tu vois, voilà. Et donc, les vieux casinos, le sable gris froid, les galets… Mais il est… ils viennent de là. Il y a un petit côté surf.
Bernard Lenoir : Oui, un petit côté quand même, oui. (rires) On reste sur la plage.
Emmanuel de Buretel : Voilà. Non, la pochette est très belle.
Bernard Lenoir (ironique) : Pas tous les jours le surf avec ce genre de mer, hein. C’est un peu plat.
(26:05 – 30:13 : Diffusion musicale – Metronomy : “The Look”)
[30:13 – 32:04] — Quatrième partie : Hanni El Khatib et le rockabilly de L.A.
Bernard Lenoir : Encore un amateur de synthés vintage, Joseph Mount, c’est ça ?
Emmanuel de Buretel : Ouais.
Bernard Lenoir : Son nom de…
Emmanuel de Buretel : Metronomy.
Bernard Lenoir : Metronomy, voilà. Nouvel album dans les bacs déjà ou ?
Emmanuel de Buretel : Je crois qu’il est sorti cette semaine, ouais. Voilà.
Bernard Lenoir : The English Riviera. Alors, nouveauté encore avec… Celui-là, je le connais pas : Hanni El Khatib. Tu sors ça d’où, de Buretel ?
Emmanuel de Buretel : Ça, c’est un Palestinien qui vit à L.A. C’était un designer de fringues de skate, et en fait il a signé sur un sous-label de Stones Throw, qui est un un un un un label indépendant très important en… en Californie, et puis même dans le monde, hein, puisqu’ils ont… ils ont énormément de… C’est eux qui ont sorti Aloe Blacc, par exemple.
Bernard Lenoir : D’accord.
Emmanuel de Buretel : Et… Madlib, et… et là, c’est une sorte de renouveau d’une… d’un certain rockabilly. Il est tout seul avec sa guitare et son batteur. Il est venu à Paris il y a pas longtemps, et moi j’ai un peu flashé sur lui.
Bernard Lenoir : Il y a déjà un buzz énorme là-dessus…
Emmanuel de Buretel : Voilà, ouais ouais.
Bernard Lenoir : …mais je connais pas, j’ai rarement entendu, mais je sais que on en parle beaucoup.
Emmanuel de Buretel : Et c’est marrant l’idée que c’est un… un Palestinien américain qui fait du rockabilly, ça montre que cette musique-là, elle est maintenant partout dans le monde, quoi. Voilà, et j’aime bien.
Bernard Lenoir : Et tu… tu trouves ça comment ? Tu… T’as des rabatteurs ? Tu chines ? Tu…
Emmanuel de Buretel : Oh, c’est très drôle sur ça parce que ça, j’ai… j’ai été contacté… J’aime bien ce label Stones Throw, ils m’ont dit : « Tiens, on a un truc, j’aimerais bien que tu écoutes. » En même temps, il y avait une une une personne à l’image chez moi qui connaissait très bien le mec, en même temps il y avait Clark, le petit magazine, qui l’avait invité pour sa fête. Enfin, un mélange de… J’aime bien les mélanges de coïncidences.
Bernard Lenoir : Tout se recoupe.
Emmanuel de Buretel : Ouais, il n’y a pas de hasard.
Bernard Lenoir : Il y a des disques déjà de…
Emmanuel de Buretel : Non non non non, enfin il a… il doit avoir des des vinyles ou des petits trucs comme ça parce que Stones Throw, ils en font beaucoup, mais c’est un label pur indépendant…
Bernard Lenoir : Chez nous, rien encore, hein ?
Emmanuel de Buretel : …voilà, et donc ils ont… Je crois qu’ils sortent en septembre, voilà.
Bernard Lenoir : Hanni El Khatib.
(32:04 – 38:25 : Diffusion musicale – Hanni El Khatib : “Dead Wrong” / Singtank : “Dicksmith”)
[38:25 – 41:07] — Cinquième partie : Singtank et Catherine Ringer
Bernard Lenoir : Emmanuel de Buretel, après Hanni El Khatib, encore une de tes trouvailles : Singtank.
Emmanuel de Buretel : C’est des Français, Singtank. C’est pas mal quand même pour des Français ! Je me souviens, il y a des années et des années, je veux pas faire le vieillard, mais je passais pas un seul groupe français parce que le niveau d’anglais était pas très bon et que… et que c’est vrai, si vous voulez vous internationaliser, vaut mieux chanter en… en anglais, même si je pense que des groupes qui chantent en français, ça marche aussi, hein.
Bernard Lenoir : Ouais, surtout qu’il y en a qui le font très bien.
Emmanuel de Buretel : Il y a un petit groupe de Biarritz que tu… que tu dois connaître, qui s’appelle La Femme, ils chantent en français et ils font le tour du monde déjà, d’accord ? Ou Kap Bambino, ils sont de Bordeaux, ils… non, ils chantent en anglais, eux. Mais ils font aussi le tour du monde. Il y a plein de petits groupes aujourd’hui qui se lancent dans le tour du monde. Et ça, Singtank, c’est assez marrant. C’est un… c’est un… c’est un… un frère et une sœur, ils sont signés sur un gros label donc je… dont je tairai le nom, mais mais ils ont… ils ont… ils ont fait des très très bonnes chansons et se sont fait produire par Nellee Hooper. Ils ont rencontré Mark Ronson, il y a même une petite histoire d’amour entre… enfin peut-être une grande histoire d’amour entre la chanteuse et et Mark Ronson, qui est le grand producteur…
Bernard Lenoir : Hum hum.
Emmanuel de Buretel : …qui a produit Amy Winehouse et tout ça. Et là, ils… ils sont en train de produire un album qui va être important au niveau de… de la presse anglaise et de la presse, j’espère, française, mais ça me fait plaisir de voir que il y a pas mal de jeunes groupes qui… qui…
Bernard Lenoir : Et pas trop de regrets de de ne pas les avoir signés ?
Emmanuel de Buretel : Mais nous, on ne peut pas tout signer ! On est un petit label indépendant, donc je laisse… Quand il y a des majors compagnies qui se pointent, vaut mieux les laisser développer l’artiste. C’est… La fille est… elle est… la fille est est est bien quand même, c’est une bonne chanteuse, bonnes paroles…
Bernard Lenoir : Et le…
Emmanuel de Buretel : …et bonnes compositions avec… avec… avec… avec son frère, quoi. Alexandre et Joséphine de La Baume, c’est… faut les suivre. Faut les suivre.
Bernard Lenoir : Bien. On va revenir au sein de ton… de ton catalogue avec une… avec Catherine Ringer, j’allais dire avec une pointure, oui, quand même !
Emmanuel de Buretel (catégorique et admiratif) : Moi, pour moi, c’est la plus grande, hein. Il y a pas de… Je veux dire, elle est au stade de Piaf, Barbara, c’est la plus grande chanteuse de très très loin. Et là, c’était quand même une… une sacrée… pour elle, c’était une sacrée épreuve. C’était un duo, un des plus beaux duos qu’on ait eus, quand même Les Rita Mitsouko, c’est quand même le plus créatif de nos duos de de couples français. Et là, elle s’est retrouvée seule à faire son album et et et elle… elle a fait un magnifique album. Enfin, tout le monde le dit, je crois que de Télérama aux Inrocks en passant par Rock & Folk, tout le monde apprécie énormément l’album qui va arriver en mai. Et là, justement pour le Record Store Day, elle a… elle a… elle a livré une petite chanson rock…
Bernard Lenoir : Ce 45 tours en vinyle ?
Emmanuel de Buretel : …qui est pas le… qui est pas la chanson qui passe en ce moment sur France Inter, qui est “Pardon”, mais qui s’appelle “Quel est ton nom ?” et… et… et c’est une chanson super, super chanson rock, quoi.
Bernard Lenoir : Catherine Ringer.
(41:07 – 43:28 : Diffusion musicale – Catherine Ringer : “Quel est ton nom ?”)
[43:28 – 44:50] — Sixième partie : Catherine Ringer en solo et Kap Bambino
Bernard Lenoir : “Quel est ton nom ?”, Catherine Ringer, apparemment, n’a rien perdu de son phénoménal tempérament. Premier album solo depuis la disparition de de Fred Chichin. Il paraît qu’il y a le gamin dans le groupe là, qui joue avec elle maintenant ?
Emmanuel de Buretel : C’est plus un gamin, il a 19 ans ! Raoul Chichin, ouais. Il y a Raoul Chichin, il y a Marc Kerr, le frère de… du chanteur de Simple Minds. Non, elle a un super groupe, super groupe sur scène. Et… et elle… la grande première sera à Bourges, mais il y a une Cigale aussi, je crois, en mai, qui est déjà pleine, je crois.
Bernard Lenoir : L’album sort en mai, hein ?
Emmanuel de Buretel : Voilà, Ring’n’Roll. Ring’n’Roll, c’est drôle, non ? Ring’n’Roll ! (rires)
Bernard Lenoir : On a toujours eu des trouvailles avec… avec Ringer. Tu parlais de… de Kap Bambino, je me souviens de ce duo de Bordeaux ou Montpellier, enfin du…
Emmanuel de Buretel : Bordeaux.
Bernard Lenoir : Bordeaux, c’est ça, oui, Sud-Ouest.
Emmanuel de Buretel : Bordeaux, ouais. Ils sont installés à Londres, et c’est un petit duo de… de… Ils font… ils font le tour du monde, c’est ça qui est incroyable !
Bernard Lenoir : Qui dégage assez…
Emmanuel de Buretel : Ils font des tournées aux États-Unis, euh… C’est un groupe bien trash sur scène, un son bien dur, un peu électro, mais euh je pense que ils sont… leur musique plaît à tout le monde. Ils ont une sorte de vague de fans au niveau mondial qui est assez drôle : en Italie, en… aux États-Unis, en Angleterre. Et… et là, ils ont fait un très bel album…
Bernard Lenoir : Qui sort ?
Emmanuel de Buretel : …qui sort, à mon avis, en septembre. Et il y a un petit… Là, je te fais une petite première avec leur single qui va sortir courant mai, qui s’appelle “Obsess”.
(44:50 – 50:52 : Diffusion musicale – Kap Bambino : “Obsess” / Justice : “Civilization”)
[50:52 – 54:01] — Septième partie : Débat sur l’électro-rock et présentation de Selah Sue
Bernard Lenoir (ironique et un peu dubitatif) : Emmanuel de Buretel, je te laisse l’entière responsabilité de ce genre de programmation. (petit rire)
Emmanuel de Buretel (très enflammé, montant le ton) : Mais quoi ? La musique toléctrique… électronique d’aujourd’hui, c’est c’est le c’est le rock d’aujourd’hui ! Je suis désolé. Aujourd’hui, ce qu’on appelle rock… Je veux dire, j’adore Villagers, tu vois, mais pour moi, c’est du folk quand même, hein.
Bernard Lenoir : Oui.
Emmanuel de Buretel : Et le rock d’aujourd’hui, si vous allez à un concert de Justice, c’est là où se trouve le rock, c’est pas en allant voir Hangar !
Bernard Lenoir (amusé) : Hangar ?
Emmanuel de Buretel : Tu connais pas ce groupe, Hangar ? Tout le monde dit : c’est le nouveau jeune groupe rock. Tu vois ce que je veux dire ? Le rock aujourd’hui, c’est de la musique… La musique électronique, ça a toujours été quelque chose d’important. Aujourd’hui, c’est une musique paria, tu l’écoutes pas à la radio, mais mais les mecs sont super rock’n’roll ! Un un SebastiAn, un Justice, un Oizo, c’est les… c’est des…
Bernard Lenoir : Un Oizo, toi tu…
Emmanuel de Buretel : C’est c’est des terribles animaux aujourd’hui ! Mais mais mais c’est le… J’estime que c’est le rock d’aujourd’hui. Quand Justice, ils ont joué à Coachella il y a trois-quatre ans…
Bernard Lenoir : Hum hum.
Emmanuel de Buretel : …il y avait un public qui était là pour Rage Against the Machine et pour… Ils sont venus devant le le show de Justice, ils ont adoré, quoi ! C’est blouson noir et compagnie. Et et je trouve que c’est la musique la plus intéressante et la plus la plus énergétique aujourd’hui, et elle passe nulle part. Il n’y a aucune radio qui passe aujourd’hui la vraie musique électronique. Kap Bambino, Justice, même Metronomy, ça passe pas en radio aujourd’hui, ça passe pas sur les FM. Heureusement qu’il y a des des des des juste des radios comme Radio 1 en Angleterre ou France Inter en France où c’est accepté et où ça passe. C’est c’est c’est c’est… c’est dommage.
Bernard Lenoir : Comment ça, c’est dommage ?
Emmanuel de Buretel : C’est dommage parce que c’est la musique de demain ! Tu vois ce que je veux dire ? Il y a toujours une rupture de culture entre les gens, et aujourd’hui les gens ne comprennent pas du tout la musique électronique. Et c’est la musique rock d’aujourd’hui et de demain, c’est évident ! Évident qu’aujourd’hui les gens font cette musique chez eux avec leurs machines et qu’ils s’inspirent énormément des musiques du passé. C’est vrai qu’en écoute “Civilization” de de Justice, on pense à “Baba O’Riley” de The Who, on pense à…
Bernard Lenoir : Oui oui oui, on retrouve…
Emmanuel de Buretel : …on pense à Blue Öyster Cult, on pense à Yes…
Bernard Lenoir : On retrouve des ficelles, oui.
Emmanuel de Buretel : C’est pas des ficelles ! C’est c’est que les gens, aujourd’hui on… T’as la possibilité de te cultiver… Arrête ! Les Stones, ils ont piqué dans le blues, les Beatles et tout ça, chacun s’est inspiré ! Je veux dire, le sampling, ça ne date pas d’aujourd’hui.
Bernard Lenoir (sceptique, calme) : Bien. Bon enfin, je sais pas, comme je disais hier, la musique c’est le langage des émotions, et là j’en n’éprouve pas beaucoup en écoutant ce ce morceau-là.
Emmanuel de Buretel : OK, moi je t’invite au concert la prochaine fois qu’ils remontent sur scène. Ils ont un album qui sort, qui est très très rock justement, qui sort à la rentrée. Je t’inviterai au concert, tu verras, tu prendras une bonne gifle !
Bernard Lenoir : Nettement plus calme pour terminer, c’est… ça va avec nos nos petites habitudes, c’est une de tes trouvailles encore : Selah Sue. Une Flamande, c’est ça ?
Emmanuel de Buretel : Une une Flamande, de la campagne flamande, totalement inspirée par les Fugees, par toute cette musique un peu blues, mais elle est blanche, c’est une petite Blanche que j’ai signée, elle avait 19 ans, aujourd’hui elle en a 21. Et sur son album, on trouve un duo avec Cee-Lo. On avait juste envoyé une chanson à Cee-Lo pour… pour avoir une chanson et il a posé… il a posé sa voix, il nous l’a renvoyée avec sa voix. C’est une fille fabuleuse, Selah Sue. Elle a rempli La Cigale, elle la remplit encore, c’est déjà bourré la prochaine fois. C’est une vraie révélation.
Bernard Lenoir : Un premier album qui est… qui est sorti il y a quelques semaines d’ailleurs.
Emmanuel de Buretel : Voilà.
(54:01 – 56:27 : Diffusion musicale – Selah Sue feat. Cee-Lo Green : “Please”)
[56:27 – 56:55] — Clôture de l’émission
Bernard Lenoir : Avec Cee-Lo, Selah Sue, une Amy Winehouse ni droguée ni tatouée, celle-là, hein ?
Emmanuel de Buretel : Non, mais une petite pure, pure, totale pure !
Bernard Lenoir : Rien. Et une voix intéressante.
Emmanuel de Buretel : Et une voix incroyable, ouais.
Bernard Lenoir : Merci Emmanuel de Buretel.
Emmanuel de Buretel : Ouais, merci Bernard.
Bernard Lenoir : On te revoit l’année prochaine ?
Emmanuel de Buretel : J’espère, je reviens l’année prochaine !
Bernard Lenoir : N’oublie pas, n’oublie pas, on compte sur toi.
Emmanuel de Buretel : Merci.
Bernard Lenoir : Salut à tous, passez une excellente fin de soirée, et à demain pour de nouvelles aventures. Caresses et bises à l’œil.
Les titres en vidéo
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