La playlist de l'émission
| Auteur | Titre | |
|---|---|---|
| 1 | Alain Bashung | A Ostende |
| 2 | Alain Bashung | Sommes-Nous |
| 3 | Alain Bashung | Comme Un Lego (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 4 | Alain Bashung | Je T'ai Manqué (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 5 | Alain Bashung | Hier A Sousse (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 6 | Alain Bashung | Volontaire (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 7 | Alain Bashung | Mes Prisons (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 8 | Alain Bashung | Samuel Hall (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 9 | Alain Bashung | Venus (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 10 | Alain Bashung | La Nuit Je Mens (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 11 | Alain Bashung | Je Tuerai La Pianiste (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 12 | Alain Bashung | Légère Eclaircie (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 13 | Alain Bashung | Osez Joséphine (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 14 | Alain Bashung | Fantaisie Militaire (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 15 | Alain Bashung | Madame Rêve (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 16 | Alain Bashung | Vertige De L'amour (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 17 | Alain Bashung | Angora (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 18 | Alain Bashung | Nights in White Satin (The Moody Blues cover) (Live, Francofolies, 11/07/2008) |
| 19 | Alain Bashung et Chloé Mons | Cantique Des Cantiques (Live, Cité De La Musique, 15/02/2003) |
| 20 | Alain Bashung | L'apiculteur |
Quelques références du soir
Toutes les références ne sont pas renseignées, souvent par manque de temps. Il s'agit principalement des disques-supports passés dans l'émission : single, album, compilation ... Libre à vous de compléter dans les commentaires !
| Album / Single | Label | Année | |
|---|---|---|---|
| 1 | Confessions Publiques | Barclay | 1995 |
| 2 | Fantaisie Militaire | Barclay | 1998 |
| 3 | Bleu Pétrole | Barclay | 2008 |
| 4 | Bleu Pétrole | Barclay | 2008 |
| 5 | Bleu Pétrole | Barclay | 2008 |
| 6 | Play Blessures | Philipps | 1982 |
| 7 | Fantaisie Militaire | Barclay | 1998 |
| 8 | Fantaisie Militaire | Barclay | 1998 |
| 9 | Bleu Pétrole | Barclay | 2008 |
| 10 | Fantaisie Militaire | Barclay | 1998 |
| 11 | Bleu Pétrole | Barclay | 2008 |
| 12 | Novice | Barclay | 1989 |
| 13 | Confessions Publiques | Barclay | 1995 |
| 14 | Fantaisie Militaire | Barclay | 1998 |
| 15 | Confessions Publiques | Barclay | 1995 |
| 16 | Confessions Publiques | Barclay | 1995 |
| 17 | Fantaisie Militaire | Barclay | 1998 |
| 18 | Osez Joséphine | Barclay | 1991 |
| 19 | Cantique Des Cantiques EP | Dernière Bande | 2002 |
| 20 | Confessions Publiques | Barclay | 1995 |
Écoutez Bernard Lenoir et Laurent Lavige pour un hommage à Alain Bashung
De 21h à 23h, deux émissions de France Inter pour rendre un hommage ému à Alain Bashung lors de sa disparition en mars 2009. À travers « Sur La Route » de Laurent Lavige et « C’est Lenoir » de Bernard Lenoir, la station célèbre l’œuvre d’un artiste qui a su inventer un langage rock singulier, profond et affranchi des imitations anglo-saxonnes.
Laurent Lavige introduit cet hommage en diffusant un entretien intimiste réalisé seulement trois semaines avant la mort du chanteur. Bashung y confie comment les « manques » et la solitude de son enfance en Alsace ont forgé sa créativité et son besoin d’évasion. Marqué par la découverte du rock’n’roll, qu’il percevait comme une invitation à vivre et à respirer, il détaille son rapport charnel aux mots. Influencé par le cinéma d’Orson Welles, il privilégiait la sonorité et la suggestion plutôt que le sens littéral. Sa méthode d’écriture, visant à laisser résonner quelques mots-clés par ligne, permettait à chaque auditeur de s’approprier l’histoire et de créer son propre imaginaire.
L’émission rediffuse ensuite le concert mythique de juillet 2008 aux Francofolies de La Rochelle, illustrant l’osmose émotionnelle de sa dernière tournée. Après 22h et les infos, Bernard Lenoir prend alors le relais pour explorer la richesse de cette discographie, citant des chefs-d’œuvre comme Fantaisie Militaire. Il souligne la puissance du mode récitatif de Bashung, notamment dans le Cantique des Cantiques interprété avec son épouse Chloé Mons. En clôturant cette soirée, Bernard Lenoir salue la mémoire d’un « rêveur kamikaze » dont la disparition, le 14 mars 2009, laisse un vide immense et une résonance poétique éternelle.
Déroulé de l’enregistrement
Voix 1 : C’est l’heure des informations avec Antoine Perruchot. Bonsoir !
Antoine Perruchot : Bonsoir. Plus de publicité agressive ou tentatrice, remboursement d’une partie du capital à chaque échéance, calendrier de remboursement plus clair : Christine Lagarde veut mettre de l’ordre dans les crédits renouvelables. Ils sont faciles d’accès mais très chers, et sont une des principales raisons de surendettement des ménages. Une loi devra donc être présentée au Parlement ce printemps.
Les grandes surfaces s’engagent à répercuter les baisses de prix qu’elles ont négociées auprès de leurs fournisseurs, et à baisser ceux des produits qu’elles vendent sous leur marque. Annonce faite par Luc Chatel après une réunion avec les principales enseignes.
Les salariés de Continental, toujours furieux contre la direction de leur société. Ils ont perturbé aujourd’hui une réunion du comité central d’entreprise qui devait se dérouler à Reims. La direction refuse toujours de revenir sur sa décision de fermer, à la fin du mois, l’usine de Clairoix.
La fusion entre les Caisses d’Épargne et les Banques Populaires s’accélère. Un protocole a été signé aujourd’hui. L’État va injecter 5 milliards d’euros dans la nouvelle structure et l’accord définitif devrait être conclu avant l’été.
Les garde-frontières italiens ont arraisonné ce soir, au large de la Sicile, une barque chargée de 210 immigrés clandestins en provenance principalement de la Corne de l’Afrique ou d’Égypte. Ce week-end, quelque 300 de ces réfugiés avaient déjà débarqué sur l’îlot de Lampedusa.
Aux États-Unis, les autorités exigent qu’AIG fournisse les contrats de travail ainsi que les performances des salariés qui devraient toucher des primes. L’assureur est depuis son renflouement contrôlé à 80 % par l’État, et les Américains ont été extrêmement choqués d’apprendre que par contrat, des primes d’un montant de 165 millions de dollars devraient être versées aux responsables de la branche britannique de la société, celle-là même qui est à l’origine de la débâcle financière du groupe.
Josef Fritzl, le père incestueux dont le procès s’est ouvert ce matin en Autriche, reconnaît avoir séquestré sa fille aînée. Il reconnaît également l’avoir violée, mais il nie toute responsabilité dans la mort d’un des bébés, quelques jours après sa naissance.
À Madagascar, l’armée s’est rangée aujourd’hui aux côtés du maire de Tananarive, le jeune Andry Rajoelina. Les militaires ont investi les bureaux de la présidence pour tenter de précipiter le départ de Marc Ravalomanana. Celui-ci est désormais retranché dans le palais présidentiel, dans la banlieue de la capitale.
Huit personnes ont été tuées, une vingtaine d’autres blessées dans un attentat-kamikaze qui s’est produit à Rawalpindi, au Pakistan. Un homme s’est fait sauter avec sa moto piégée devant un restaurant de la ville où est basé le quartier général de la très influente armée pakistanaise.
Enfin, un Britannique, dernier survivant connu de la plus grande bataille navale de la Première Guerre mondiale, a été promu officier de la Légion d’honneur. Ça s’est passé aujourd’hui, c’était à l’ambassade de France à Londres. À 112 ans, Henry Allingham est l’ancien combattant britannique le plus âgé de la Grande Guerre. »
(02:45)
Voix off : France Inter présente Welcome, un film de Philippe Lioret avec Vincent Lindon, actuellement au cinéma. Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître-nageur à la piscine de Calais, prend le risque d’aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage.
(Extrait du film) : « Moi quand tu es partie, j’ai même pas été foutu de traverser la rue pour te rattraper. »
Retrouvez Welcome dans les émissions de France Inter et sur franceinter.com.
Voix off : France Inter, partenaire du Blue Note Records Festival, du 30 mars au 16 avril à Paris et en région. À l’occasion des 70 ans du label Blue Note, retrouvez le Blue Note All-Stars, Stacy Kent, Raul Midón, Avishai Cohen, Erik Truffaz et bien d’autres. Retrouvez le Blue Note Records Festival dans les émissions de France Inter et sur franceinter.com.
Antoine Perruchot : Il est 21h et un peu plus de trois minutes. Je vous laisse. « Sur La Route » en compagnie de Laurent Lavige.
Laurent Lavige : Merci Antoine, à tout à l’heure.
(03:39)
Musique : Alain Bashung – A Ostende
(05:37)
Laurent Lavige : Que dire d’Alain Bashung, sinon qu’il était celui qui représentait le mieux le rock en France ? Pas ce rock qui imite ce qui se fait aux États-Unis, pas celui qui adapte les classiques anglo-saxons en français, ni celui qui utilise les sons à la mode. Bashung avait inventé un langage, une langue, une langue alambiquée, à triple ou sans aucun sens. Une musique parfois inquiétante, souvent profonde, et toujours rock. France Inter rend hommage à ce grand artiste, c’est le minimum que nous puissions faire. Nous vous proposerons de réécouter le concert qu’il avait donné aux Francofolies de La Rochelle l’été dernier. Il se poursuivra jusqu’à 23h avec Bernard Lenoir. Il y a trois semaines, il était parti sur la route en notre compagnie. Nous nous étions arrêtés dans un restaurant, nous avions parlé de tout et de rien, et malgré sa grande fatigue et sa souffrance, il voulait nous donner un peu de lui. Extrait donc de cette interview que j’aurais aimé ne pas vous rediffuser aussi rapidement. Un entretien qui nous ramène à l’enfance.
(06:41)
(Bruit de restaurant, couverts et voix en fond)
Alain Bashung : On m’avait confié comme ça à… à des grands-parents. C’était une famille qui ne ressemblait pas à une vraie famille, enfin ce n’était pas la mienne vraiment. Enfin, il fallait que je cherche, il fallait que je sache où je suis à peu près, que je me resitue. Alors, qu’est-ce que je pouvais faire ? J’avais une envie irrésistible de rester dans la chaleur d’une… comme ça, d’un cocon. Et en même temps, quelque chose me poussait à ne pas m’attarder là et de repartir parce que c’était pas encore la solution. Il fallait que je fabrique mon propre…
Laurent Lavige : Oui, c’est ça surtout. Chercher à savoir qui vous étiez réellement.
Alain Bashung : Voilà. J’avais de la route à faire encore. Parce que sur le moment, on se dit : « Ah, j’ai… ». On déplore beaucoup de choses, on se dit : « Ah ben j’ai pas ça, je suis pas bien ». Par la suite, ça vous construit tout ça. C’est les dimanches où on s’emmerde… ça… ça permet de rêver. Les manques… le nombre de manques qui m’ont… C’est pas le fait d’avoir reçu tel ou tel truc. Les manques m’ont apporté beaucoup, beaucoup de choses. Parce que j’avais une folle envie de telle ou telle chose. Qu’est-ce qui vous fait avancer ? C’est les envies.
Laurent Lavige : Les envies, oui.
Alain Bashung : Alors quand on vit une période où on n’a plus tellement d’envies parce que… voilà, on appuie sur un bouton et puis le gobelet il tombe. Donc, on sait plus très bien si chacun fait un effort pour satisfaire un manque particulier chez lui, ou alors un manque de quelque chose qu’il faut absolument avoir parce que tout le monde l’a et qui ne serait pas bien vu de ne pas avoir. Quand je pense à mes manques de l’époque, c’était… oui ça pouvait être un objet, mais c’était… c’était des manques de câlins, de… de choses, de la chaleur humaine. Enfin, des choses comme ça. Ce n’était pas qu’un objet qui vaut tant à l’Argus, hein.
Laurent Lavige : Comment avez-vous vécu l’arrivée du rock’n’roll ? Vous aviez quel âge ? 13 ans, 14 ans ? C’est ça, hein ?
Alain Bashung : Oui, voilà. Tout le début c’était en Alsace. Et de temps en temps, on allait à Düsseldorf. Et je voyais qu’il y avait des disques d’import, pas très chers. Et Presley faisait son service militaire à l’époque là-bas. Donc on commençait à parler de cette musique. Et j’allais dans les disquaires et je voyais ces 33 tours là, notamment Buddy Holly avec des rayures bleues, je me souviens, avec ses lunettes d’étudiant là. Et nous, il fallait qu’on se farcisse Claude François… enfin tout ça est encore très vif à ma mémoire. D’un seul coup, je me disais : « Ah, on va pouvoir vivre passionnément, on va pouvoir rêver, on va pouvoir faire des choses ». Ma grand-mère un jour est arrivée dans le salon, elle avait entendu Rock Around the Clock je crois, et puis elle me fait, avec les mains au ciel comme ça, elle me fait : « Ils ont inventé le rock’n’roll ! ». Comme si elle disait : « Ils ont inventé la bombe atomique », quoi. Mais ça ne dépassait pas le village comme ça, c’était… vous savez, c’était la campagne. Donc pour que ça prenne des allures plus importantes, il fallait attendre un petit peu encore. Mais c’est rentré là dans la tête, ça n’est plus jamais sorti. Parce que c’était, d’un seul coup… on pouvait vivre, respirer, enfin… être fou, enfin…
Laurent Lavige : Oui, vivre.
Alain Bashung : Vivre, voilà.
Laurent Lavige : C’est quoi le déclic qui vous a fait aimer les mots ?
Alain Bashung : Oh, certainement les livres ou le cinéma. Oui. À une époque j’allais à l’école, j’aimais bien le français enfin, ou j’aimais bien le… J’allais au cinéma et j’essayais de… Je voyais un film d’Orson Welles. Il parlait de Shakespeare alors qu’en classe je comprenais rien à Shakespeare. D’abord on m’expliquait que c’était très dur à comprendre.
Laurent Lavige : Déjà c’est mal parti.
Alain Bashung : Alors il fallait pas me dire ça. C’est non, faut plus. Et en fait un jour j’ai vu Falstaff d’après Orson Welles et je me suis dit : « Mais c’est tordant ce truc, c’est génial, c’est trivial, c’est pas qu’intellectuel ça, c’est la main au cul et tout ».
Laurent Lavige : C’est ça, oui.
Alain Bashung : Ah ! Et pourquoi le prof de français il parle pas comme Orson Welles ? Oui. Il pouvait être le pire des salauds, il pouvait être tendre. Et j’ai dit : « Mais il me plaît mieux celui-là, c’est celui-là que… ». Et j’allais voir ses films, et j’ai pas été déçu.
(12:28)
Musique : Alain Bashung – Sommes-Nous
(15:38)
Laurent Lavige : Ce que vous aimez, ce sont… oui les mots qui…
Alain Bashung : Mais qui les porte, avec quelle force, à qui il les adresse, sur quel ton ? Qu’est-ce qu’il veut en faire ? Il veut faire du bien, il veut faire le salopard ? Mais il faut d’abord comprendre la valeur des mots, j’ai essayé de comprendre, et puis la valeur du son du mot.
Laurent Lavige : Oui, la sonorité
Alain Bashung : La sonorité du mot. Et la langue anglaise m’a servi aussi de miroir. J’analysais le poids de chaque mot à travers cette langue, que ce soit en anglais ou en français ou à l’époque en allemand en plus, parce que je rêvais en allemand.
Laurent Lavige : Ah oui ?
Alain Bashung : Oui. Donc…
Laurent Lavige : Quel bordel hein !
Alain Bashung : C’est le bordel hein. Un jour, je me suis réveillé, j’ai dit : « Mais en quelle… il faut que tu choisisses une langue pour… voilà, en quelle langue tu vas rêver là ? ». Mais ça m’a perturbé un bout de temps, mais en même temps ça m’a aidé parce que ça m’a enlevé toute notion de clan. Je voyais, tout était possible. On me bassinait avec le fait qu’il fallait comprendre, il fallait dire quelque chose et être compris tout de suite. Et moi je me disais qu’il y avait d’autres manières de s’échanger des sentiments ou… Par exemple, la suggestion, suggérer. Parfois quand j’écrivais avec mes potes, Jean Fauque ou Boris Bergman, je disais : « Écoutez, il faudrait qu’on puisse faire un texte où on comprend un mot par ligne ». Ça fait que on écoute trois lignes et on comprend trois mots. On chante les trois lignes et dans les… et si on chante les trois lignes, on entend la résonance des trois mots qui signifient quelque chose. Et on n’a pas besoin d’autre chose. On entend juste la résonance des trois mots et on n’a rien expliqué, on n’a pas besoin. Par contre, on n’a pas donné qu’une seule direction à l’auditeur pour qu’il puisse faire sa tambouille, j’allais dire, mais pour qu’il puisse se raconter son histoire. On lui a donné plusieurs possibilités de se raconter une histoire. Et je me disais bon, il y a plein de chansons qui passent à la radio, et puis il y en a beaucoup qui sont… carrées : « Je t’aime, je m’en vais, je reviens mais je t’aime quand même ». Enfin, j’ai dit : « Il y a d’autres trucs peut-être, il y a des trucs invraisemblables, des trucs… ». Et c’est pas pour ça que c’est pas touchant. Et puis je cherchais un endroit où les autres n’avaient pas encore foutu leurs pieds.
Laurent Lavige : Moi j’aimerais qu’on parle de cette année 2008 qui s’est écoulée. Si vous deviez faire un point sur cette tournée et ces concerts assez incroyables que vous avez donnés, entre autres bien sûr à l’Olympia, mais sur les routes de France. J’ai le sentiment qu’il y a eu une… allez, une émotion d’une grande intensité, il y a eu une sorte de grande osmose. Elle a été particulière cette tournée ?
Alain Bashung : Ah oui, oui, oui. C’est l’impression que j’ai aussi. Elle n’a… elle n’a jamais été… mes tournées n’ont jamais été autant dans l’émotion, hein. C’était des cargos d’affection qui me revenaient par vagues dans la figure. J’avais qu’à fermer les yeux et recevoir. C’était trop… c’était trop bon. Et c’était chaque fois un défi pour moi parce que… J’ai ressenti ça progressivement parce que les premiers temps je ne savais pas comment analyser ça ou comprendre. Enfin, d’habitude on me voyait comme un chanteur pop ou je sais pas enfin… Et là on sentait que ça allait un peu plus loin. C’était plus d’homme à homme ou de personne à personne quoi. Je parle de l’échange dans la salle quoi. Parce que la pop c’est quand même bon, c’est quelque chose qui peut rester léger hein, t’es pas… Et là il y avait un mélange de gravité et de plaisir sensuel. Et puis des gens en sortant me disaient : « Vous m’avez fait pleurer, vous m’avez fait pleurer ». Cest terrible ça. J’avais envie de leur dire : « J’espère que je vous ai pas fait mal ! ».
Laurent Lavige : Pardon !
Alain Bashung : Y a pas mort d’homme !
Laurent Lavige : Oui c’est ça, bon, ça va aller. Alain Bashung, merci beaucoup.
Alain Bashung : Merci et bonne route.
Laurent Lavige : Salut Alain. Salut le maître. Bonne route. Celle de La Rochelle maintenant avec le concert d’Alain diffusé par France Inter le 11 juillet 2008. Hommage à Bashung sur France Inter jusqu’à 23h.
(21 :07)
Francofolies de La Rochelle
(Acclamations de la foule)
Alain Bashung (sur scène) : Bonsoir… Que le ciel nous soit clément. Merci. Merci.
Musique : Alain Bashung – Comme un Lego
(30 :36)
Laurent Lavige : L’une des plus grandes chansons de Bashung, écrite par Gérard Manset, “Comme un Lego” sur l’album Bleu Pétrole. Vous êtes sur France Inter, hommage à Bashung.
Musique : Alain Bashung – Je T’ai Manqué
(34:23)
Laurent Lavige : Soirée hommage à Alain Bashung avec le concert des Francofolies, c’était le 11 juillet dernier à La Rochelle.
Musique : Alain Bashung – Hier A Sousse
(38 :24)
Musique : Alain Bashung – Volontaire
(41 :15)
Laurent Lavige : France Inter rend hommage à Alain Bashung avec la rediffusion de ce superbe concert des Francofolies du 11 juillet dernier.
Musique : Alain Bashung – Mes Prisons
(45:02)
Musique : Alain Bashung – Samuel Hall
(50 :24)
Laurent Lavige : “Samuel Hall”, l’une des chansons fortes de Bashung sous la houlette de Rodolphe Burger. Soirée hommage à Alain Bashung jusqu’à 23h sur France Inter.
Musique : Alain Bashung – Venus
(54:50)
Musique : Alain Bashung – La Nuit Je Mens
(59:28)
Laurent Lavige : « Où subsiste encore ton écho », “La Nuit Je Mens”, concert du 11 juillet aux Francofolies de La Rochelle. Concert issu de sa toute dernière tournée, Bleu Pétrole Tour. Suite de cette soirée hommage à Bashung et de ce concert des Francofolies avec Bernard Lenoir juste après les informations, je vous laisse en sa compagnie. Toutes nos pensées et notre chaleur vont à sa famille. À demain. « Sur La Route », il est 22h.
En attendant de retrouver Alain Bashung et son concert, les informations vous sont présentées par Antoine Perruchot. Bonsoir Antoine.
Antoine Perruchot : Bonsoir. Pour 62 % des Français, la politique économique menée par le gouvernement face à la crise est mauvaise. C’est deux points de plus qu’il y a un mois, et cela résulte d’un sondage effectué par BVA pour France Info. Les Français sont également 74 % à juger justifié l’appel à la journée de mobilisation du jeudi 19 mars.
À l’UMP, on est opposé à l’idée d’augmenter les impôts, ou l’impôt, sur les revenus supérieurs à 300 000 euros par an. Jean-François Copé estime qu’en temps de crise, on a besoin de gens fortunés. Une déclaration faite en réponse aux voix de plus en plus nombreuses au sein de la majorité qui souhaitent, au contraire, que par ces temps de crise, les plus fortunés participent à l’effort national et soient temporairement surimposés pendant une période qui pourrait être de deux ans.
La France participera au groupe d’observateurs que l’Union européenne enverra pour surveiller les élections libanaises au mois de juin. Annonce faite ce soir à l’Élysée au cours du dîner que Nicolas Sarkozy offrait à son homologue Michel Sleiman, en visite d’État. Au cours de ce dîner, le président français s’en est pris indirectement au Hezbollah, répétant que seul l’État libanais et son armée doivent être garants de la sécurité du pays.
Barack Obama sera lui l’invité jeudi de l’émission du comique Jay Leno, le Tonight Show. Ça sera la première fois qu’un talk-show nocturne accueillera un président des États-Unis en exercice. Barack Obama devrait entre autres évoquer son plan économique. Pendant ce temps, le nouveau directeur de la CIA a créé un groupe chargé de rassembler des informations sur les pratiques pas si vieilles de l’agence en matière de détention et d’interrogation, des pratiques que le nouveau président américain avait dénoncées pendant sa campagne. Enfin, les autorités américaines exigent qu’AIG fournisse les contrats de travail et les performances des salariés londoniens de la compagnie, ceux-là mêmes qui devraient empocher quelque 165 millions de dollars de primes alors qu’ils sont à l’origine des résultats calamiteux de l’entreprise.
Les émissaires israéliens qui négociaient ces derniers jours au Caire la libération de Gilad Shalit ont rendu compte ce soir à Ehud Olmert, lequel a convoqué un conseil des ministres exceptionnel demain matin. Ce soldat franco-israélien, détenu par le Hamas depuis près de trois ans, pourrait être échangé contre quelques centaines de prisonniers palestiniens.
Et puis quatre employés de l’ONU qui avaient été enlevés par des hommes armés en Somalie ont été ce soir libérés. Ils avaient été enlevés tôt ce matin à Wajid, c’est à 250 kilomètres au nord-ouest de Mogadiscio. Enfin pour terminer, Alain Bashung, à qui France Inter rend hommage ce soir, sera inhumé vendredi après-midi, on vient de l’apprendre. Cela se passera au cimetière du Père-Lachaise après une cérémonie religieuse en fin de matinée en l’église Saint-Germain-des-Prés.
Publicités et Promos
Voix 1 (Teaser) : Alors ce qu’on va voir, c’est cette guitare électrique, cette Fender, que je tire derrière un camion.
Voix 2 : C’est un peu ta troisième jambe quoi. Achète une corde à ton sac !
Voix 3 : Bon, met un tour à ton arc !
Voix 4 : Pedro, Medhi et Somi.
Voix 5 : On peut dire déjà qu’on peut, si on peut déchirer les 30 ou 40 premières pages, c’est pas plus mal.
Voix 6 : Mike jouait avec une grande résistance dans les deux festivals. Je crois qu’il y a eu pas mal de désillusions à Détroit.
Voix 7 : C’est quoi ce nouvel album de… de Joachim ? C’est un peu tout ça à la fois ?
Voix 8 : C’est surtout la question à ne pas me poser !
Annonceur : Toutes les musiques, tous les samedis, Alternatives à 22h sur France Inter et sur franceinter.com.
Annonceur : Afin de retrouver tous vos podcasts favoris et d’en découvrir de nouveaux, vous devez renouveler votre abonnement aux émissions de France Inter sur la page podcast de franceinter.com.
(01:03:45)
Antoine Perruchot : Retour à l’hommage que France Inter rend à Alain Bashung avec vous, Bernard Le Noir.
Bernard Le Noir : Merci Antoine Perruchot. Et on va vite reprendre le concert de Bashung là où on l’a laissé avant votre flash. C’est la suite de cette soirée spéciale en hommage au chanteur qu’on retrouve sur la scène des Francofolies à La Rochelle le 11 juillet dernier.
(01:04:02)
Musique : Alain Bashung – Je Tuerai La Pianiste
(01:09:33)
Musique : Alain Bashung – Légère Eclaircie
(01:13:35)
Bernard Le Noir : « Si je suis novice, pourras-tu m’enseigner ?“, c’est ce qu’on entend dans “Légère éclaircie”. C’était sur l’album Novice en 91, l’album avec en exergue un extrait des Lettres à un jeune poète de Rilke. Alain Bashung aux Francofolies de 2008.
(01:13:50)
Musique : Alain Bashung – Osez Joséphine
(01:17:50)
Musique : Alain Bashung – Fantaisie Militaire
(01:23:02)
Bernard Le Noir : Bashung aux Francofolies 2008 avec “Fantaisie Militaire”, le sommet, indépassable chef-d’œuvre absolu en 98. Dommage qu’il ait fallu attendre si longtemps, 5 ans jusqu’à la tournée des Grands Espaces pour l’entendre chanter tout ça sur scène : “La Nuit Je Mens”, “Aucun Express”, “Samuel Hall”, et la sublime “Angora” qu’on écoutera tout à l’heure.
(01 :23 :24)
Musique : Alain Bashung – Madame Rêve
(01 :29 :04)
Musique : Alain Bashung – Vertige de l’amour
(01 :32 :23)
Musique : Alain Bashung – Angora
(01 :34 :44)
Bernard Le Noir : Celle-là aussi elle était sur Fantaisie Militaire, “Angora”, sublime et terrible à la fois avec des paroles qui prirent une toute autre résonance dès qu’on sut sa maladie. Bashung aux Francofolies de La Rochelle l’été dernier.
(01 :34 :57)
Musique : Alain Bashung – Nights in White Satin (The Moody Blues cover)
(01:38:05)
Bernard Le Noir : “Nights in White Satin”, la reprise des Moody Blues à l’origine, sur “Osez Joséphine” où Bashung revisitait également les répertoires de Buddy Holly et de Bob Dylan. Et puis, va-t-il venir ? L’ultime conseil… “Faites de beaux rêves”. Le conseil du rêveur kamikaze, comme nous, mieux que nous, disait Bayon ce matin. Et en attendant un hommage un peu plus personnel peut-être d’ici quelque temps, même s’il sera difficile de faire mieux que Libé aujourd’hui, on va conclure cette soirée avec quelque chose qu’on n’aura entendu nulle part, je l’espère, dans cette avalanche de chansons diffusées depuis samedi. Et pour cause, puisque l’original dure 30 minutes et la version de ce soir un peu plus de la moitié : il s’agit du “Cantique des Cantiques”, traduit par Olivier Cadiot et mis en musique par Rodolphe Burger pour le mariage de Bashung avec Chloé Mons. Et lors d’une carte blanche offerte à Rodolphe en 2003, grand fut notre étonnement de voir les mariés s’attaquer à nouveau à ce merveilleux texte biblique.
(01 :39 :46)
Musique : Alain Bashung et Chloé Mons – Cantique des cantiques
(01:55:11)
Bernard Le Noir : Avec Chloé Mons, sa femme. Un rocker qui n’avait pas son pareil sur le mode récitatif. Le “Cantique des Cantiques” élaboré par la paire Olivier Cadiot – Rodolphe Burger. C’est la fin de cet hommage à Bashung sur France Inter ce soir. 14 mars 2009, désormais une de ces sinistres dates dont on se souviendra avec tristesse et révolte aussi, comme le 18 mai 80 ou le 29 mai 1997. On sent tous un vide maintenant, c’est vrai. Mais impossible de retrouver Johnny Kid dans ma discothèque.
(01:55:46)
Musique : Alain Bashung – L’apiculteur
(01:59:26)
Bernard Le Noir : Vous allez retrouver Éric Lange après les informations de 23h sur France Inter. Passez tous une bonne nuit. Caresse et bise à l’oeil.
(01:59:35)
Annonceur : France Inter partenaire du Forum Libération de Rennes du 20 au 22 mars. Mouvements sociaux, réforme sur l’éducation, avenir de l’Europe, faillite du capitalisme… Venez débattre autour du thème “Sortir de la crise” pendant 3 jours et retrouvez le 7/9 de Stéphane Paoli et Sandra Freeman en direct et en public du Théâtre National de Bretagne le samedi 21 et dimanche 22 mars. Renseignements sur franceinter.com.
(02 :00 :03)
Bernard Le Noir : France Inter, 23h, le journal présenté par Antoine Perruchot. Bonsoir.
Antoine Perruchot : Bonsoir ! Haro sur le crédit renouvelable : Christine Lagarde veut plus de clarté et de responsabilité dans ce secteur, principal responsable du surendettement des ménages.
Les salariés de Clairoix vent debout contre la fermeture de leur usine : ils ont empêché la tenue à Reims d’un comité d’entreprise de Continental.
Le bouclier fiscal, mesure emblématique de l’ère Sarkozy, critiqué par une partie de la majorité : l’UMP siffle ce soir la fin de la récréation, pas question de surimposer les plus fortunés affirme Jean-François Copé.
Le gouvernement engage par ailleurs cet après-midi sa responsabilité sur la question du retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, une décision qui divise là aussi.
Enfin en Autriche, ouverture du procès à huis clos de Josef Fritzl, le père incestueux qui avait séquestré sa fille pendant 24 ans.
Christine Lagarde s’attaque au surendettement des ménages, notamment à l’une de ses principales causes : le crédit renouvelable. Il faut savoir que ce type de contrat représente en France près d’un quart des crédits à la consommation. La ministre de l’Économie souhaite donc avant tout que les emprunteurs soient mieux renseignés par les établissements prêteurs. Emmanuelle Davier.
Emmanuelle Davier : Il ne s’agit pas d’étrangler le crédit à la consommation. 9 millions de Français y ont recours pour changer leur lave-vaisselle ou acheter une voiture. Mais pour la ministre de l’Économie, il faut responsabiliser le crédit et éviter les abus générés par le crédit permanent dont le taux peut atteindre 20 %. Christine Lagarde.
Christine Lagarde : Il faudra que sur ces crédits-là, une partie du capital soit remboursable tous les mois. Parce que sinon on a une situation où le consommateur ne rembourse que de l’intérêt et où le capital n’est jamais remboursé. Donc l’emprunteur pousse une grosse boule de capital devant et il ne la rembourse jamais. Deuxièmement, il faudra qu’à chaque relevé mensuel, il reçoive la durée restante à courir. Pour que celui qui a pris un crédit permanent pour s’acheter un écran plat s’aperçoive par exemple qu’il lui reste encore 10 ans pour rembourser son écran plat. Ce qui est quand même une aberration.
Emmanuelle Davier : Cette réforme truffée de belles ambitions présente des insuffisances selon Serge Maître, le président de l’AFUB. L’Association Française des Usagers des Banques milite depuis des années pour rendre le crédit revolving moins cher.
Serge Maître : On attendait la réforme sur l’argent cher. Tout le monde est d’accord pour dire que l’argent est trop cher pour certains crédits à la conso qui avoisinent les 20 %. Il n’y a rien, véritablement, directement. On s’attendait à quelque chose qui concerne l’argent facile. Vous savez, ces traites qui ont l’air tellement petites qu’on se dit “C’est accessible”. Mais cet argent facile, ben, il n’y a pas grand-chose dans le projet. Il y a du bon dans ce projet gouvernemental, mais il y a de l’insuffisant aussi et c’est là notre déception.
Emmanuelle Davier : Ce projet sera présenté en Conseil des ministres dans un mois pour une entrée en vigueur dès 2010.
Antoine Perruchot : Ils avaient fait le voyage depuis Clairoix ou encore depuis Sarreguemines pour donner de la voix lors du comité d’entreprise de Continental à Reims. Ils ont lancé des œufs sur la façade du siège de la société et pendu en effigie leurs dirigeants. Ceux-ci ont refusé tout net de mettre la fermeture de l’usine de Clairoix à l’ordre du jour de la réunion, une réunion qu’ils ont tout simplement annulée et reportée à la fin du mois. Les salariés ne comprennent pas les raisons de cette fermeture annoncée. La direction parle de baisse des commandes, mais les syndicats ne sont pas convaincus. Kamel Touih, délégué CFTC au sein de ce comité d’entreprise, dit sa déception au micro de Bruce de Galzain.
Kamel Touih : La direction recule encore. Elle fuit devant les questions, c’est tout. Bon effectivement il y a eu un petit peu de remue-ménage, mais bon, c’est si peu par rapport à ce qui peut malheureusement attendre dans ces prochains mois. Et c’est de la lâcheté, de la lâcheté par rapport à la direction. Ils auraient pu revenir, prouver leur bonne foi.
Bruce de Galzain : Et alors en plus, si j’ai bien compris, ils ont annoncé des chiffres assez ahurissants qui ont dû vous faire bondir. Expliquez-moi.
Kamel Touih : Ben oui, écoutez : le site de Clairoix a dégagé cette année 17 millions, et Sarreguemines 10 millions. Et le groupe, la division pneumatique, c’est 600 et quelques brouettes, je sais plus… Je ne vais pas vous annoncer… 600 et quelques… C’est énorme, c’est phénoménal ! Et c’est le seul groupe de pneumatique qui a explosé ses records, 13 % de plus par rapport à Michelin ou tous les autres concurrents. Donc il y a de quoi être écœuré et nous dire qu’on va fermer… donc c’est inadmissible.
Antoine Perruchot : Et puis en cette période de vaches maigres, on commence au sein de la majorité à se poser des questions sur le bouclier fiscal. Deux jours avant l’examen d’un collectif budgétaire qui doit acter la récession, on commence à s’interroger sur cette mesure phare de la campagne de Nicolas Sarkozy. Discrètement, certains députés comme Pierre Méhaignerie estiment que les plus hauts revenus devraient participer à l’effort national. Françoise Degois.
Françoise Degois : Une fissure, mais pas encore une brèche. Le bouclier fiscal, c’est tabou à l’UMP. Et pourtant depuis quelques jours, Pierre Méhaignerie tente, si ce n’est de briser, au moins de bousculer ce tabou. Vendredi dernier, le président de la commission des Affaires Sociales propose dans Les Échos une nouvelle tranche d’impôts pour ceux, je cite, “dont les revenus dépassent l’entendement”, selon lui de 300 à 400 000 euros par an. C’est ce qu’on appelle mettre les pieds dans le plat. Des propos qui trouvent un écho immédiat chez beaucoup d’élus, comme ceux du Nouveau Centre à l’instar de Charles Amédée de Courson, et de l’UMP, des élus qui ont de plus en plus de mal à expliquer sur le terrain la politique fiscale à des électeurs qui pataugent dans la crise. Ce n’est pas encore la fronde, mais le malaise est bien là sur ce bouclier fiscal, qualifié de péché originel par la gauche qui demande depuis le début sa suppression pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Pourtant, la voix officielle de l’UMP a fermé le ban ce matin via le porte-parole Frédéric Lefebvre : pas question de transiger sur le bouclier fiscal, autrement dit : pas touche au bouclier et plus largement au paquet fiscal, mesure oh combien emblématique, donc politique du quinquennat Sarkozy.
Antoine Perruchot : Et puis ce soir Jean-François Copé en rajoute une louche : il se dit opposé à l’idée d’augmenter l’impôt sur les revenus supérieurs à 300 000 euros par an. Il estime en effet qu’en temps de crise, on a besoin de gens fortunés. Voilà qui ne va pas arranger la cote de popularité du gouvernement. En effet, pour 62 % des Français, la politique économique menée face à la crise est mauvaise, c’est deux points de plus qu’il y a un mois. Ces chiffres résultent d’un sondage commandé à BVA par France Info. Les Français sont également 74 % à juger justifié l’appel à une journée de mobilisation jeudi prochain.
Les grandes surfaces s’engagent à répercuter les baisses de prix qu’elles ont négociées auprès de leurs fournisseurs et à baisser ceux des produits qu’elles vendent sous leur marque. Annonce faite ce soir par Luc Chatel après une réunion avec les principales enseignes.
Enfin, alors que le gouvernement compte engager demain sa responsabilité dans le dossier du retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, les clivages sont toujours aussi vifs. À gauche comme à droite, certains sont farouchement opposés à cette mesure, d’autres approuvent la décision de Nicolas Sarkozy. Mais les députés de la majorité devraient toutefois rentrer dans les rangs lors du vote. En revanche, les socialistes voteront la censure sans état d’âme. C’est Laurent Fabius qui parlera à la tribune au nom du groupe. Pour lui, cette décision est une erreur.
Laurent Fabius : Ça nous paraît une décision qui ne présente pas d’avantages et qui en revanche risque de banaliser la position de la France et de réduire notre influence. Parce que quand on réfléchit, qu’est-ce que c’est que l’influence de la France ? C’est parce que la France n’est alignée sur aucun bloc. Bien sûr nous sommes membres de l’Alliance Atlantique, nous sommes des alliés loyaux, mais enfin nous avons notre singularité lorsque nous parlons aux pays arabes, lorsque nous parlons aux pays du sud. Et là, sans aucune nécessité sauf le tropisme atlantiste de Monsieur Sarkozy, on va changer une position qui était tout à fait admise et qui nous convenait fort bien.
Antoine Perruchot : Des propos recueillis par Alexandra Ackoun.
La fusion entre les Caisses d’Épargne et les Banques Populaires s’accélère. Un protocole a été signé aujourd’hui. L’État va injecter 5 milliards d’euros dans la nouvelle structure et l’accord définitif devrait être conclu avant l’été.
Aux États-Unis, les autorités exigent que l’assureur AIG fournisse les contrats de travail ainsi que les performances des salariés qui devraient toucher des primes. L’assureur est depuis son renflouement contrôlé à 80 % par l’État américain. Et les Américains ont été extrêmement choqués d’apprendre que, par contrat, des primes d’un montant de 165 millions de dollars devraient être versées aux responsables de la branche britannique de la société, celle-là même qui est à l’origine de la débâcle financière du groupe. Mais ce n’est pas tout : une grande partie des sommes versées par le Trésor américain à AIG va servir à payer les primes dues aux banques, aux banques européennes entre autres, celles qui s’étaient assurées auprès d’elle. Parmi elles, la Société Générale devrait ainsi toucher un chèque de près de 12 milliards de dollars. Sans lui, elle ne pourrait plus exister aujourd’hui. Écoutez ce qu’en dit Philippe Dessertine, professeur de finance à Paris 10 Nanterre.
Philippe Dessertine : Nous voyons à quel point, rétrospectivement, les grandes banques françaises ont pu être exposées et en très grand danger du fait de la difficulté de l’assureur américain. En quelque sorte, nous ne pouvons pas espérer sortir de la crise financière tout seul. C’est le message, l’un des premiers grands messages forts que nous envoie cette publication d’AIG. Ce qu’il faut surtout retenir aussi, c’est que cette publication aujourd’hui n’est pas neutre. Le fait que les États-Unis aient décidé de publier l’importance des sommes consacrées, et là il faut bien avoir l’idée que ce sont des sommes consacrées par le contribuable américain, c’est-à-dire par les fonds publics américains pour sauver les banques européennes, en particulier les banques françaises, en particulier les banques allemandes, signifie que les Américains veulent mettre tout leur poids dans la balance dans la négociation qui pourra exister dans le futur, et en particulier d’ores et déjà sur le G20 qui aura lieu dans quelques jours à Londres.
Antoine Perruchot : Philippe Dessertine était interrogé par Alexandra Bensaid.
Israël devrait avoir prochainement un nouveau gouvernement, une équipe qui penchera fortement à droite. Le Likoud de Benjamin Netanyahou vient en effet de finaliser un accord avec Notre Maison, le parti d’extrême droite d’Avigdor Liberman. Ce dernier revendique le portefeuille des Affaires étrangères ainsi qu’un certain nombre d’autres, ce qui fait un peu tousser les chancelleries occidentales. Avigdor Liberman est par ailleurs sous le coup d’une enquête pour fraude et corruption.
Et puis les émissaires israéliens qui négociaient ces derniers jours au Caire la libération de Gilad Shalit ont rendu compte de leurs discussions ce soir à Ehud Olmert. Celui-ci vient tout juste d’annoncer qu’aucun accord n’a pu être trouvé car, affirme-t-il, …(coupure)
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